MARTIN SCHONGAUER. — LE CHRIST AU TOUDEAU
buisson de roses qui sert de fond, supportent la couronne céleste. Les Vierges de Martin Schoen, celle qui vient dèlrc citée, une aulre petite à Munich, une autre des deux tteaux panneaux de VAnnoiiclation de Colniar, ont cette gravité et cette grâce germano-llamandes qui ne se peuvent décrire ; le peintre en a pieusement dessiné les expressives mains, aussi belles et pures que les tètes. La couleur enfin chez Martin Schoen est brillante et généreuse, encore qu'elle n'atteigne pas la magie privilégiée des grands Flamands, Yan Eyck, Memling ou Matsys.
Tels sont, très résumés, les vénérables restes de l'œuvre d'un artiste qui mériterait d'être cité parmi les plus grands.
L'école de Souabe montre encore à cette époque, et en avançant un peu vers le xvi° siècle, de nobles et touchants artistes. Au premier rang est le grave et ingénu Bartholomaeus Zeitiilom. Intiniment moins Imaginatif que Martin Schoen, Zeitblom est plus simple aussi ; il a plus de candeur et moins de nerfs. Il procède par grandes figures, sans ces draperies à plis cassés qui chez Martin précèdent ces mêmes anguleuses tempêtes que l'on croit spéciales à Diirer ; ses harmonies sont aussi plus simples et plus atténuées ; Zeitblom ne craint pas dans sa peinture d'cmjtloyer largement le gris avec les autres tons, non pas pour les exalter, mais pris lui-même comme une couleur. Son dessin est moins fouillé, plus sommaire, mais cependant très ari-èlé. Zeitblom est une nature à part : iirrivant à une épo(|ue où les exagérations de la sincérité vont succéder aux gaucheries de l'ingénuité, il fait assez lion marché de l'oJjservalion et il compose plutôt un tableau comme les enlumineurs du siècle précédent, préférant la nuance générale du sentiment à la particularité physionomique; élève de Martin Schongauer et ayant gravé avec succès sous sa direction, il est encore i)lus peintre que graveur à rencontre de son maître, et il n'a avec lui presque aucun point de ressembliince quant à la facture et à la conception.
Moins ingénieux que Martin Schoen, il est aussi moins savant, semble-l-il, mais il a un sentiment vrai, une largeur, qui l'ont compensation. Zeitblom est un homme d'un autre temps. Venu au moment où I aichitccture gothique avait fort restreint le domaine du peintre, il se sent à l'étroit dans le cadre du tableau ou dans les limites du retal)le; il voit grand, et en d'autres moments, ce sont des murailles et non des panneaux (|u'il aurait aimé couvrir.
Ses principales œuvres sont les suivantes : Un Erce Homo, à l'église de Noerdlingen ; au musée de Stnttgard, quel(|ues-unes des plus importantes : Saln/e 3Ia/i///erl/e el SahU Jeun, tirés de l'église de I\ilchl)erg; Suint Geort/cs-, Saint V(ilm//n, provenant du cloître d'I'rspring ; les volets d'un autel représentant VAnn'ni'/d/imi, la PrésrnhUion au leiiijde. Saint .leun-BojitixIc, Saint Jean. Au musée de Berlin la Sainte Face, provenant du même autel. In maitre-aulel im[)orlant à Itlaubeuren. Au musée d'Augshonrg, une de ses onn res les plus nobles et les plus larges de style : la Vie de saint Valentin, en quatre panneaux
ÉCOLE ALLEMANDE
représentant cliacmi des siriics diverses ou les (linV'i-ciits iiioiiicnl-- il'iin inriiio épisode. Uicii n'esl caliiic, lier et pieux comme la xic de ce bon évéqiie, ses