LA MÙRT DE LA VIERGE
préfère Técriture précise, dure même, à la séduction de l'enveloppe, et le brillant même criard de la couleur, à l'harmonie par trop modulée. On ne sera pas surpris d'apprendre (juc les grands artistes de cette école ont été aptes à la gravure et même à la sculpture; leur peinture l'indiquerait. NN'olgemut était sculpteur sur bois en même temps que peintre, et la sculpture entrait pour part égale dans les grands retables qu'il fabriquait avec ses élèves.
ECOLE ALLEMANDE. ^9
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MARTIN SCHAFF.N'En. — DIPTYQUE DE LA CATHEDRALE D C L M .
lui dans un âge avancé un portrait captivant qui est une des plus belles choses
du musco de Miiiiich, et ce n esl pas peu dire. Satigure décharnée, parcheminée, trahit hi volonté, le labeur acharné ; l'œil encore clair et vif est d'un pénétrant observateur; en même temps une dignité règne dans cette énergie implacable, et l'on sent un de ces hommes qui auraient puissamment marqué leur trace si leur destinée les avait poussés dans une autre voie ([ue celle de l'art. En contemplant le portrait de \\'oIgeiiiiil par Diircr, on fréinit en pensant à ce que pourrait être un pareil homme réformateur, ou chef d'armée. 11 est saisissant, dans sa vieillesse rude et desséchée, avec son petit bonnet de soie noire et son costume noir. La peinture de Durer est un clief-d'œuvre; mais le modèle y prétait.
Wolgemut esl un maiti-e profondément germaniciue, et s'il eut quelque éducation ou préoccupation flamande, cela ne se voit guère ou ne domine pas dans son œuvre. 11 tient avant tout au caractère exactement buriné des physionomies et à la richesse de la couleur; ces deux soins dominants laissent parfois les attitudes un peu gauches et les compositions un peu surchargées de personnages et de détails, à la façon des retables sculptés où les foules s'entassent, où il n'y a jamais trop de choses pour satisfaire la curiosité, exciter la piété émerveillée des bonnes gens. Parla AVolgemut se rattache encore à l'arl du moyen âge beaucoup plus qu'à celui de la Renaissance. Mais si l'on examine avec quelle fermeté, avec quelle conscience chaque morceau est gravé, l'honnête métier et la belle matière qui rendent ces choses durablement éclatantes, on n'est plus surpris qu'à pareille école Albrecht Diircr soit devenu un parfait ouvrier.
Les œuvres de Wolgemut ont été conservées assez nombreuses. Les plus importantes sont l'autel de Nofre-Danie de Zwickau, représentant la Vie et la Passion du Clirist^ les tableaux de l'église de Schwabach et de Heilbronn près Nuremberg et les grandes figures de saints, grandeur nature, peintesjadis pour l'autel de Saint-Maurice, dans l'église des xVuguslins, à Nuremberg. Ces figures sont remarquables de tenue et d'une exécution raffinée, et l'on voit que dans les figures de saintes, telles celles de sainte Catherine, de sainte Marguerite, etc., que ce rude et ce vigoureux savait à l'occasion être un tendre et avait un sentiment excellent de la grâce digne et sans fadeur.
Ce magnifique retable a été transporté au musée Germani(juede Nuremberg ; le sujet principal est la vie de saint Vitus, et les saints dont nous avons parlé sont les revers des panneaux; ils se détachent sur un fond bleu. Deux scènes du retable sont exquises : l'une montre saint Luc faisant le portrait de la Sainte Vierge, dans une belle cuisine, comme une bonne ménagère ; l'autre représente saint Vitus dans la fosse aux lions; ces féroces animaux ont bien un peu l'anatomie et l'aspect de gros caniches, couchés à côté de terrifiants os rongés, mais le saint est admirable, dans sa robe rouge, assis, les mains levées vers le ciel.
Le musée de Nuremberg possède encore d'autres beaux tableaux de Wolge-
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mul : 1111 Chrisl (III junlin des Olirier.s', uuv Cniri/i iinn ruer de Irt's nombreuses figures, el divers porlrails, parmi lesijuels celui du chanoine Sclionl)orn. Au musée de Miinicli se li'ouvciil aussi qnei(|ues importants tabloaux du mailic,
MATTB.EUS GRUNEWALD.