‹ Histoire populaire de la peinture (volume 2)Chapitre 31 sur 90 · IULIOS SCHNORR DE KAROLSFELD. — CAIN TUANT ABEL · texte numérisé non relu

IULIOS SCHNORR DE KAROLSFELD. — CAIN TUANT ABEL

celui du retour à l'art des primitifs italiens et du réveil de l'art national. Ces deux façons déparier indiquent plutôt des tendances que des faits réels. Il n'y a en effet rien de commun entre la peinture des primitifs florentins et celle d'Overbeck et de ses élèves qui représentent la première tendance, pas plus qu'entre les fresques de Cornélius qui représentent la seconde, et l'art des vieux peintres allemands. Les deux maîtres crurent que le choix des sujets avait une importance suffisante pour déterminer une révolution. Ce ne fut qu'une apparence de révolution, car il n'en est rien resté, et l'on ne fait pas de

révolution avec des âmes rétrospectives, si tant est qu'il y ait des révolutions en art.

Overbeck (Lubcck 1 789-1 8G9j a produit de grandes compositions murales, d'intentions infiniment pures, mais de résultat infiniment ennuyeux. De son temps déjà l'on disait qu'il ne savait peindre que des Ames; mais ce sont des âmes bien froides et bien systématiques. Parmi ses plus grandes œuvres, l'on

ALFRED RETHEL. — LA MORT C U E V A U C U A .N ï.

cite V Entrée de Jésus à ,lérnmleiii, la Mise au tombeau, à Notre-Dame de Liibeck, le Triomphe de la reViffion à Francfort, etc., etc.

A sa suite l'on nomme Weit, Steinle, Fuericb, etc., etc.

Cornélius (1783-1867) montre beaucoup plus de puissance, et son œuvre, même encore à l'heure actuelle, n'a pas perdu tout son intérêt. Cornélius essaya de créer une peinture vraiment nationale en peignant largement les thèmes des vieilles légendes germaniques, Faust, les Niehelungenf etc., et il y déploya une belle fougue d'imagination, une grande vigueur de dessin, et de la richesse de couleur.

C'est à Rome également qu'il avait commencé ces tentatives si hardies pour l'époque, il fut ensuite appelé à Dusseldorfen 1820, puis à Munich pour diriger l'Académie des beaux-arts. Là furent accomplies ses plus belles œuvres, si l'on excepte les peintures qu'il exécuta plus tard à Berlin, et qui complètent

ÉCUl.K AI.LKMANDE.

iiuMcnicnt celles do Miiiiicli. I^cs drcoralioiis inylliol()gi([ii('s de la (Hyiilollièque de Miiiiicli soiil vraimeiil belles d'allure el de coniposilidii ; à Téglise Sainl-Louis

IIASENCLEVER. — SON PORTRAIT PAR LU I-M l!: M E.

il a retracé Thistoire du cln-istianismc ; enfin au Cunijio Sanlo de Berlin toute une série de compositions célèbres d'un tour iiliilosophique.

Or c'est précisément lu pliilosopliie qui gale la iiciiiliirL' de Cornélius tout comme celle d'Overbeck ; c'est par là (|ue cet art nallVonte pas les temps, et montre que le beau métier est encore la chose la plus durable. Les peintures de Cornélius relalives aux vieilles légendes, n'offrent pas un caractère aussi tranché, il s'en faut, que celles des vieuxmaîtres, et c'est encore dans la banalité et dans l'indifférence du métier qu'il en iaul Iruuver la raison.

A la suite de Cornélius, dans l'école de .Munich, il faut compter Julius

HASE.NCLEVER. — JOUS HEVENANT DE l'l'NIVERSITÉ (sUJET TIRÉ DE LA JOBSIADE)

Schnorr (1791-1872) (jui fit de grandes compositions légendaires et une illustration de la Bible ; Alfred Rethel (1816-1830) dont la moderne Danse Macabre a conservé une célébrité; et Feucrbach l'1 829-1 880).

Le plus grand des peintres de cette école, après Cornélius ipii la fonda, demeure son élève Kaulbach. Celui-là était vraiment un grand homme, et le temps (lira peut-être que ce fut un grand artiste. On ne le peut encore alTirmer. Il avait autant d'imagination, de dons, de force qu'un DiU-er, mais tandis que celui-ci était maintenu dans la vérité et travaillait pour la durée en s'eniprisonnant dans son beau métier patient et soigneux, Kaulbach a fait besogne de géant,

I';COM': AIJJ'MANDE.

ce (jiii lie M'ul [)as loujours dire licsoi^iic di- itcinlrc. Les iiiiiiiciisi'S décurulions du musée de Berlin, sa Ihihùlle de Sdhtni'ine à .Miinicli, doniuMit riinpression (|ii(' procureraient de forniidaldes clifilcaiiv loris construils en luilc pciiilc, et q\ie le premier coup de yenl iiiiportcra.

Après ces importants, sinon i;i'an(ls artistes, il y a loiilc nue série de

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lORlTZ YON SCIIWIND. — LA RENCONTRE.

peintres et une production considérable, dont on serait pour le moment bien embarrassé de faire une sélection équitable, si l'on avait le scrupule de ne pas la sacrifier en bloc, sauf à démenti de la part des temps à venir. Il faut citer Bonaventurc Genelli (mort en 1808); Moritz von Scliwind (1804-1871) surtout un illustrateur; Karl Piloty, peintre d'histoire à qui plus

134 HISTOIRE POPULAHiE DE LA PEIMLRE.

qu'aucun autre s'applique le mot de « Paul Delaroche fougueux », doul nous nous sommes servi.

Quant à l'école de Dusseldorf si elle compte niainlenaut de bons peintres encore vivants, ce fut, dans toute la première partie du siècle, un véritable fourmillement de peintres et un foyer de médiocre et sèche peinture. On ne trouve guère à citer parmi les morts, que lluebner, Schrœder, Hasenclever, de qui l'auto-portrait est plus joyeux de composition que de peinture, Lessing, Leutze, etc., etc, et dans l'école de Berlin, le peintre de genre Meyerbeim, le paysagiste IJottman, etc., etc.

Il y eut pourtant de remarquables peintres en Allemagne, qui surgirent vers le milieu de ce siècle, et à l'iieure actuelle, il est d'excellents artistes qui savent observer et qui savent peindre. Mais bien que de très belles carrières soient maintenant à peu près accomplies, nous nous trouvons en présence déjà de notre propre temps, et le moment où ils vivent n'apporte jamais aux hommes que sujets de discussion, incertitude. Avec Dïu'cr, llolbein, Cranach, nous n'avons pas eu de ces doutes. L'avenir seul pourra dire si, après deux siècles de silence, la prodigieuse aclivilé de ce temps-ci a enrichi l'hunianité, ou si ce ne furent que bruyants prestiges.

ÉCOLE ESPAGNOLE

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