‹ Histoire populaire de la peinture (volume 2)Chapitre 33 sur 90 · V I C E N T E J 0 A N' !■: S . — ENSEVELISSEMENT DE SAINT ETIENNE · texte numérisé non relu

V I C E N T E J 0 A N' !■: S . — ENSEVELISSEMENT DE SAINT ETIENNE

marquahles, une scène à'AiilD-da-fé, et une Apparition de la Vierge à un couvent de moines bernardius pendant un exorcisme, la première, composition curieuse et mouvementée, l'autre saisissante avec ses moines sur deux rangées, et le caractère d'austérité qui se fait j(jiir à travers l'influence des Vénitiens.

Quant à Antonio del Rincon, c'est vraiment un maître remarquable. Il avait

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étiidir on Italie auprès de Domenico Ghirlandajo et ses figures alleignent presque la tenue de celles de son maître. 11 subsiste de lui un superbe retable de dix-sept compositions sur la Vie de la Vier(/e, à l'église de l{ol)ledo de Cliavela, et on lui attribue une belle peinture, au musée du Prado : Les Rois Cathnliques à genoux devant la Vierge.

A côté de ces deux maîtres incontestablement formés par ritalic, en voici un qui rappelle d'une façon encore plus saisissante le style et le métier même d'un des plus grands tlamands, de Tbierry Bouts, c'est Fernando Gallegos né à Salamanque au milieu du xv' siècle. Parmi les tableaux de lui que conserve le Prado et relatifs à la Vie de saint Jian-Bapliste, il en est qui sembleraient en partie de la main ou de l'atelier du maître de Louvain. Mais la Mise au foi/tt/cau(\i\ musée de Cadix est d'une analogie encore plus saisissante : types et attitudes des personnages, paysage même.

Les artistes flamands d'origine ne sont pas rares non plus. Francisco de Amheres, sous lequel on n'a pas de peine à voir un peintre à' Anvers, est le collaborateur d'un maître qui a occupé une situation considérable à la fin du xv° siècle et au commencement du xvi", Juan de Borgona. Mais ce Jean de Bourgogne n'est-il pas lui-même un peintre fiamaiid, de l'école de Bourgogne, malgré d'ailleurs le style italien de certaines de ses figures? Cela d'ailleurs ne serait pas invraisemblaltle, étant donné que l'exode que nous avons analysé dans le précédent volume était alors commencé.

Enfin, il faudra citer, comme maître et comme œuvres authentiques de la dernière partie (hi \v° siècle, Pedro de Cordoba, de qui il reste à la cathédrale de Cordoue un l)eau tableau votif, représentant V Annonciation, puis des saints et des donateurs. Ici, il y a à uolei- un curieux phénomène; l'on assiste à une sorte de compromis entre l'art italien et l'art du Nord. L'assimilation se serait donc produite à peu près de la même façon (jue dans les autres pays.

Mais de tout cehi il est bien difficile de tirer des conclusions un peu précises et présentant quel([ue anqdeur, relativement aux caractères généraux de la peinture espagnole au xv" siècle. 11 ne suffit pas en elïet de constater les deux influences j)rédominantes pour savoir de quelle façon elles se sont exercées, et quels étaient vraiment les artistes les plus remaripiables du temps, enfin si vraiment l'école espagnole était déjà, dans son enseml)le, un peu consciente d'elle-même; si elle était si peu que ce soit sur la voie de son originalité. Les monuments ont trop peu de rapports les uns avec les autres, lro]> de noms sont cités et trop peu d'œuvres ont ét('' gardées, ce qui fait que toute affirmation sur riMq)ortance relative de celles-ci par rapport aux disparues, serait tout à fait hasardeuse.

Ce n'est qu'à partir du xvi° siècle que nous allons assister au travail de formation et le suivre avec netteté. Pour le moment, il a suffi de constater ([ue l'école espagnole n'est pas autochtone, quelle est à l'origine le produit des deux

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grands couranis (|iii' iimis avons vns réjincr ('gak'incnl dans lus antres écoles, l'en à pen ce sera celui dn Midi ([ni l'emportera, <d an moment où l'on s'y attendra le moins, an moment où les méthodes purement ilalicnnes auront prévain, au moment en un mot où on la croirait con(inise, l'Espajine se révélera dans son étdat somlire et sa poignante éloquence.

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