HERREHA LE V I E U -X . — SAINT DASILE DICTANT SA DOCTRINE
que ses élèves n'eurent pas toujours à se louer de son bumeur. Dans sa vie domestique, il y eut aussi des secousses et des cbagrins; sa femme et lui se séparèrent, sa fille prit le voile, son fils s'enfuit après l'avoir volé. Il eut aussi, il est vrai, maille à partir avec les esprits tracassiers de son temps et l'on alla jusqu'à l'accuser de faux monnayage et le menacer des galères alors qu'il s'était
ÉCOLE ESPAGNOLE
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simplement, à un nionuMil, |iiis>ii»iin(' pour |;i gr.n me Cii UK'diiillcs. Miis do là aux exercices de fou (pic hi lci;cn(lc nicl sur sou coniplc, il \ a Inin : luilaillcs en règle contre ses loilos sur Icscpu'lles il se piécipitait avec ruric le liaiai à la main, après (pw sa servanic y avait jcl('' au hasard des bacpu'ls de ((lulcuis.
Il faudrait ne point avoir regardé une peinture d'IIerrera pour ajouter foi à ces absurdités. Il y a au contraire une grande science dans cette puissante accentuation de types, dans cette éloquence des mouvements ; une haute raison, un goût magnifique et une ampleur de premier ordre dans ces
harnioiiios sévri-cs, dans cette belle et large coniposilinii. Pour le comprendre, il suffit de comparer à un tal»leau d'Herrcra el ^'iejo une peinture de son fils, telle le Trimii/ilie de saint Hernieiiffiilile (\n\ est au musée du Prado, et qui est bien ditVérent de celui qu'avait peint le M(ii\ i()rs(iu'il se réfugia dans le couvent placé sous le patronage de ce saint, après ses aventures de médailles mal interprétées. Le tableau d'Herrera el Mozo (I622-I08oi ne présente que de lalTéterie dans le violent, et le saint y fait parmi des amours roses d'insupportables grâces (|ui auraient à bon droit mis en fincur le grave et rude peintre de Saint Basile.
Les œuvres les plus importantes qui restent de ce grand liomme sont le Juge- DieiU (Icrnier de San Bernardo à Séville ; notre tableau du Louvre: le Miracle des pains et des poissons, et le Repentir de saint l'ierre à l'académie de San Fernando ; des portraits de saints au musée de Séville ; et des épisodes de la \ie de saint Bonarentarc dans la collection du comte de Clarendon.
Herrera le \ ieu\ a joué un grand rùlc dans l'école espagnole, et cette fois ce n'est pas le nom de son élève Velasquez qui le sauve de l'oubli, il fait noble et utile ligure dans l'école. Ce que d'autres avaient encore timidement entrevu et tenté, il en a eu le courage et la fierté : l'introduction absolue de l'élément populaire, de l'élément de race dans la peinture désormais dégagée de tout préjugé académique, de tout idéal étranger. Huand on y regarde bien, ses saints sont plus A (■nérables encore que terribles, et ils ont la majesté même des vieux monts arides et sourcilleux qui s'élèvent si liaul dans le ciel de l'Espagne.