CARRE. \0 DE MIRANDA
S A I iN T SEBASTIEN.
Castillo, puis auprès de Pacheco; à la suite d'un duel il vient à Madrid où il retrouve Velazquezquile recommande vivement et lui procure des travaux. Alonso C.ano devient rapidement célèbre et exécute d'importants ouvrages pour les catliédrales cl les couvents des plus grandes villes. On croit qu'il a eu dans sa vie privée un dranic violent; plus tard il oJjtint une prébende à la catliédrale de Grenade, non sans (juelques procès et dif'ficullés. Parmi les peintures de Cano, parti-
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JCA.\ RIZI. — SAl.NT BE^•OIr CÉLÉURANT LA UESSE.
d'un très beau modelé, et la Vierge avec r Enfant Jésm qu'elle lienl sur ses ognouxet contemple tendrement, peinlure d'une très caressante couleur, puis^c
Clii'ist à 1(1 Colonne, diverses figures de saints, etc. Mais pour parler plus dignciiieiit d'Alonso Cano, il faudrait étudier son œuvre de sculpture, qui est considérable. Il y a lieu d'ajouter que Alonso Cano a par son enseignement créé à Grenade une sorte decole qui, durant toute la deuxième moitié du xvf siècle, manifesta de l'activité, mais ne présente pas de caractères différents de ceux de l'école de Séville.
Nous arrivons à Murillo par un élève du maître même de Cano et de Murillo, et qui joua dans la carrière de Murillo un rôle décisif; c'est Pedro de Moya (1610- 1000;, qui après avoir étudié à Séville auprès de Juan de Castillo, avait voyagé en Flandre et en .Angleterre où il avait été demander à V'an Dyck de l'admettre parmi ses élèves. Pedro de Moya, dont l'œuvre est assez difficile à caractériser aujourd'hui, ou plutôt apparaît un jicu inégale», tenta (Fintroduire à Séville, puis à Grenade, l'influence flamande dont il était lui-même imbu ; son élève Juan de Sevilla Romero y Escalante fut celui qui se pénétra le plus de cette doctrine. Mais il n'y avait pas lieu d'espérer que maintenant l'influence flamande pût comme jadis s'opposer à l'influence italienne et produire des fruits différents. I»'ailleurs en quoi eùt-elle différé à cette époque? Van Dyck n'était-il pas aussi italien d'éducation et d'assimilation qu'il demeurait flamand de race?
Murillo allait représenter dans l'école espagnole, avec le maximum du talent approprié à cette inspiration nouvelle, la transformation de l'esprit religieux en l'esprit dévot. Si ardente que fût la dévotion, c'était un état d'esprit inférieur à la religion profonde des temps précédents, et si aimable, si doux, si insinuant que fût le talent de Murillo, c'était déjà la décadence par rapport à l'admirable souffle des Morales, des Herreca, des Greco, à la saine candeur de Zurharan. Ceux-là étaient des maîtres religieux par excellence, virils, héroïques, ne se préoccupant point de séduire, mais au contraire de subjuguer, d'émouvoir tragiquement, farouchement, de ramener souvent la méditation de l'homme vers ses souffrances et son néant plutôt que vers ses récompenses. Ils ne montraient la béatitude que comme une conséquence et un accompagnement des plus terribles uiortifications, des deuils les plus cuisants, des plus austères disciplines. Aussi leurs moyens d'expression étaient-ils purs et abrupts. Murillo fut au contraire im corrupteur exquis, ou plutôt, il incarna cette cori-iiption de la piété en Espagne, ce besoin d'une religion aimable et flatteuse, une religion jamais trop souriante, jamais trop parfumée, jamais trop rose. La plupart du temps le Christ, le Crucifié, le Supplicié pour l'amour des liommes,se trouvait suffisamment rappelé à leur souvenir par la persoiuiificalion de l'enfant souriant et potelé, porteur d'une croix légère comme un roseau, jouet plutôt que symbole de torture, et accompagné, dans des pâturages de nuées, par un petit agneau hélant. La Vierge, cette veuve amaigrie et douloureuse du Divino Morales, ou bien encore cette extatique, portée en exaltation par de grands anges au \o\
ÉCOLK espa(;n(»m:.
l'oiidioyaul dans les lahlcaiix d'aulcl du (Iroco, devenait une élégante et suave abslraclion de grâce, une bunale^^ljieulicureuse à la conveiiliou de henulé (nufo
ALOiNSO CA.Ni). — LE CURIST MORT.
mondaine, levantdes yeux blancs, et entourée de chérubins joufflus et rieurs qu'un rien eût sufli à transformer en Amours. C'est pourquoi la facture et la palette de Murillo se ressentirent de cet idéal nouveau. L'exécution se fit vaporeuse, visiblement soucieuse de ne jamais choquer, de ne pas émouvoir trop vivement des nerfs qui n'étaient plus faits pour les austérités implacables. Sa couleur, dans
HISTOIRE rOPULAIRE DE LA PEINTURE.
maintes circonstances, se volatilisa en nuances tendres, en harmonies par trop dépourvues de dissonances.
Et pourtant Murillo fut encore en de nombreuses œuvres un artiste sobre, ému, émouvant; ses qualités sortaient de sa nature, qui était charmante; ses défauts étaient en commun à lui et à son temps. Son réalisme même, tendance qui exista