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faïence grossière, y valent presqne iiu luurceuu de \'('la/,i|iie/.. La Suiiile Famille, VliHinacidée Conception en largeur avec son beau groupe de personnages contom-
ilURlLLÛ. — CONCEPTION DE LA VIERGE.
porains dans un coin du tableau, sont encore de belles œuvres, quoique tournant déjà dans leur ensemble au genre le plus vaporeux et à l'imagination la plus innocente, la plus courante du bon Murillo. Quant à la célèbre Assomption ou
Immaculée Conception du salon Carré, c'est une de ces pages célèbres dans le monde entier, au moins autant par le prix qu'elles coûtèrent que parleur qualité propre ; il est inutile de les critiquer, puisqu'on ne pourra changer l'opinion de la foule à leur égard, mais malgré sa grâce et son caractère langoureux, on ne saurait non plus la considérer, loin de là, comme une des meilleures œuvres de l'artiste.
On s'en convaincrait vite lorsque l'on rencontrerait, pendant une tournée en Espagne, un grand nombre de pages de cette inspiration et de cette qualité, parmi lesquelles prennent une grandeur exceptionnelle les œuvres sévères ou ardentes telles que le Songe du Patricien, ou YElisabelli de Hongrie à San Fernando ; ou au musée du Prado, la Sainte Famille dite del Pajarito, la Rencontre de Rébecca et d'Eliéz-er, le Saint Ildefome recevant la chasuble, V Adora /Ion des Bergers; ou enfin et surtout le Saint François d'Assise au musée Provincial de Séville.
Les deux tableaux du Songe d'un Patricien, à l'Académie de San Fernando, sont de très belles compositions relatives à la légende de la fondation, à Rome, de Sainte-Marie-Majeure : dans l'une l'on voit le patricien et sa femme agenouillés devant le pape Libère auprès duquel se tient un cardinal qui dans un geste familier ajuste ses besicles ; pape et patricien ont le même mouvement d'étonnement quand ils ont découvert que le même rêve est venu les visiter tous deux; dans le fond se voit une charmante procession, joliment indiquée dans sa couleur et dans son animation ; elle se rend sans doute à la recherche de la place où se trouve la neige fraîchement tombée, et qui est le signe, indiqué par la Vierge, de l'emplacement sur lequel doit être érigée la basilique. L'autre tableau, qui dans l'action précède celui qui vient d'être décrit, est plus simple et plus sévère : c'est le songe même du patricien Jean; il est accoudé sur une table couverte de riches tapis, et supportant un gros livre ; il dort la tête dans sa main; près de lui, sur le sol, sa femme étendue à demi sur des coussins et des étoffes, est également plongée dans le sommeil, avec un fidèle chien couché contre ses pieds. Au-dessus d'elle, dans une arrivée de nuages, apparaît la Vierge tenant l'Enfant sur ses genoux, et montrant d'un geste, au dormeur, la campagne déserte, nocturne, dont on aperçoit une échappée, au delà du mur interrompu de la chambre. Ce tableau est toute gravité de couleur, toute simplicité de sentiment; le peintre, par la bonté de son âme, a donné une dignité émouvante, à ces deux figures toutes abandonnées dans le profond repos.
La Sainte Elisabeth de Hongrie est plus saisissante encore, car il n'y a là point de place pour l'agréable et le flatteur; la couleur s'est faite sobre, austère, presque neutre tout en demeurant soutenue et robuste; le dessin s'est simplifié, virilisé, pour ainsi dire; plus de contours vagues et serpentins; plus de grâces mondaines dans les figures. La Sainte, en costume de nonne qui serait une reine, car sur sa coiffe blanche est posée une couronne auréolée, est accompagnée de trois suivantes : une vieille religieuse à lunettes, et deux
MUKILLO. — SAINTK FAMILLE.
IISTOIRE POPLLAIHlL DE LA i'ElNTUHI'.
jeunes filles, de l.cauté sévère ; rune porte sur un plaleau des pots d'onguents, et l'autre verse l'eau d'une aiguière sur la tête teigneuse d'un petit mendiant que lave la bonne sainte. Elisabeth en même temps dirige son regard compatissant et sérieux vers d'autres malheureux : une vieille femme qui la regarde avec admiration, un stropiat, un autre teigneux qui gratte douloureusement sa tête;