CHAPITRE VII
La lin <lo l'éi'oli!. — ValJès Loal. — Clainlio Coi'llo. — L'invasion ôliangr'io. — Goya.
Muiillo niorl, rEs]iagnc n'allait pas lardi;!' à perdre coinplèlement le sens de la peinture. De mènie que des palais admirables comment;aient à devenir des ruines; des villes prospères, des bourgades endormies; des campagnes jadis défrichées et entretenues en Icililes cultures par ces Morisques dont on avait pompeusement célébré l'expulsion, des solitudes arides ; de même l'art passait à l'état de souvenir, et de soTivenir que l'on ne comprenait même plus, ce qui est plus triste.
Le mouvement ne se ralentit point a\ec une absolue soudainelé, mais Murillo étant mort en 1G82, les bons peintres qui s'étaient groupés autour de lui ou qui avaient encorepoussi' de place en place, ne dépassèrentpasiesiècle. Et ce n'est point parce qu'un siècle plus tard se manifesta une fougueuse et étrange nature d'artiste, (jue l'on en peut conclure que la morte un instant se réveilla. Parmi les élèves directs de Murillo, il n'en est point (|ui l'aient égalé, et pomt surloul, dont le nom ait conservé la plus petite célébrité. Son fils, Gaspar, qui entra dans les ordres, l'imita chétivement. Son meilleur élève, Francisco Menedès Osorio, fut son collaborateur et termina le Mariage de xabite Cal/terme que le maître n'avait pu achever à Cadix, b'aulres collaborateurs ou élèves ayant demeuré [)lus ou moins longtemps à son atelier, l'assistant dans sa surabondante |)roduction ou ne faisant que passer par son enseignement, furent Juan (iaz/.on, .Inan Simon (iutlierez, lemulàli-e Séi)astien Gomez, qui fut le Juan l'areja de Murillo, Pedro Nnncz de la \ ilhiv icen/.io, Alonso de Escobar. José Lopez, Francisco Perez de Pineda, Fi-ancisco Anioiine de Sarabia. lin collaborateur à pari fui Iriarte, (|ui ])endanl longtemps exécuta pour lui les toiuls de paysagfî de ses tableaux.
Puis ceux qui jx'UM'ut être rattachés à son éc(jle par l'inllnence subie, et «pii
KCULK ESI'.\(i.NOLi:.
coiilimicnt, en rall'aiblissiml, sa inaiiirre jiis([u'au milieu du \\\]\' siècle, ol dont le m(>ill('ur, pour ne |)(iint citer ti-o]) de iimus iusi^nilianls, csl Meuando Cierniau de Llorenle, mais riaueiiemeut dt''cadeul .
Kuliu ses ii\au\, car cel homme si doux suscita des jalousies \ioleules : les
JUAN DE V A L U li S L E A L . — LES D E i: X CADAVRES.
deux plus célèbres sont Herrera le jeune et Juan de \ aidés Leul. Du premier (1022-1685) il n'y a pas grand'chose à dire : c'est un peintre à la fois fougueux et afl'ecté, qui a trouvé le secret de tourner en exagérations ridicules les puissants emportements de son père. Le Trionijihc de saint ^ HcnneneijiliJe au
musée (le .M;i(lritl csl/malgi'é raiidacc ([ue lo peintre avait eue de reprendre ce sujet après, le vieux Herreia, une page assez grotesque avec son saint qui s'élèv(> au ciel dans un geste de danseur. Ses meilleures œuvres sont deux grandes compositions poui- la cathédrale de Séville.
Quant à Valdès Leal (1630-1691), il est malheureusement égaré dans son temps et né trop tard. Il avait la force du tempérament, la grandeur de la conception, l'originalilé de la couleur, mais né plus de trente ans après Velazquez, il venait à une époque où la technique commençait à se gâter pour tomber dans