CHAPITRE III
Suite des grands portraitistes. — Gainsborough. — Romney. — ilaebuiii. — Opie. — Iloppner.
Lawrence.
L'isolement absolu, de par la nature et de par une volontt' admirablement orgueilleuse, a été le grand bienfait physique et moral pour l'Angleterre. L'art et la race en ont profité dans une égale mesure, et s'en sont réciproquement communiqué les plus précieux avantages.
Si nous considérons en effet, d'abord l'influence de la nalure, nous voyons qu'elle a toujours été très puissante sur l'art anglais, du moins à partir du temps qui nous occupe, soit à partir d'Hogartb, moment oîi cet art a commencé d'exister par lui-même. Cette influence, il est vrai, s'est exercée sur les artistes à des degrés très divers, tantôt constituant le fond même de leur œuvre, comme chez les paysagistes et dans beaucoup de portraits, tantôt s'afiirmant encore vivement à travers les systèmes, comme aux épotjues très rapprochées de la nôtre, tantôt enfin persistant comme un souvenir très affaibli, mais tenace encore, chez les peintres les plus académiques et lespluspasticheurs. Lasituation géographique de l'Angleterre a préservé le pays et les villes de lamoindre ressemblance avec quelque autre pays que ce soit. Alors que la plupart des très grandes villes de l'Europe centrale présentent plus ou moins la même physionomie, depuis Paris jusqu'à Bruxelles, à Berlin, à Milan, à Vienne, Londres a conservé une sorte de caractère de sauvagerie et de grandeur. Les horizons, les monuments, prennent aisément dans le brouillard, une apparence fantastique; dans cette prodigieuse activité, l'orgueil de l'individu se développe aisément ; il se sent à la fois scid et partie de l'immense mécanisme, discipliné et indépendant; s'il est artiste, il peut trouver dans cet isolement des ressources d'une énergie extrême dont son œuvre conserve l'accent. Les choses tranchées, caractérisées, ne seront pas moins nécessaires à l'œil et à l'esprit que les copieuses nourritures et les fortes boissons au corps, pendant les moments rigoureux. L'architecture exprimera cette parti-
cipnlion à la grandeur de l'cnsomblo, ot aussi ce repliement de l'indivitlu sur liii-niênic. La peinlure traduira les [dus grandes iulensilés de seulimeut, deseeiulra jusqu'aux profondeurs d(! l'angoisse, du tourment, ne reculera pas de\aut le drame iiuuiain dans ses élans les plus lirus(|ucs et les plus sauvages et dans son expression la plus réaliste, mais d'un réalisme tout spécial, plus moral i[ue physique. Ou bien encore elle se complaira dans l'étude de l'admirable