CHAPITRE V
La l'eiiiliiii' iriii>lc>irc cl île i^fiirc. — IJo Wilkic àUosselli. Allusion au |irria|iliaL'li'-inf.
En dehors du portrait et du paysage où rancieiiue école anglaise a prouvé de rares qualités, une originalité tranchée, un charme exquis, des séductions sans analogues, on pourrait dire qu'il n'y a plus rien jusqu'à nos jours, où tout recommence à nouveaux frais. Les Anglais, saufHogarth, se sont montrés médiocres peintres de genre, et sauf Tnrner, de faibles peintres d'histoire ; encore avons-nous vu en quoi Hogarth ditîérail, par exemple, des Hollandais, et comment pour Turner, le prétexte historique ou mythologique était simplement matière à hallucination ou à illumination. Chez tous les autres, même les plus grands, ou bien la peinture est d'une qualité peu attrayante, comme chez WilUie ou comme chez William Blake, ou bien le sujet est d'un médiocre intérêt général. Et pourquoi particulièrement celle dernière forme de défaillance? Parce que la plupart du temps, le peintre a voulu justement mettre trop d'intérêt dans sa toile, faire rendre au sujet des choses que la peinture ne peut dire, ou dit mal. Et il se trouve que dans toute la première période de l'école, les seuls peintres d'histoire quelque peu attrayants, en dehors des grands portraitistes et paysagistes qui ont pour ainsi dire donné l'histoire en matière première, seraient quelques petits peintres de genre qui ont mis en scène des gens sans nom, tels que Mulready ou même ([ueMorland, le coureur de tavernes, avec ses postillons relayant, et ses charretiers.
La peinture d'histoire, et vraiment passionnante, qui est née en Angleterre au moment le plus imprévu, au moment même où Constable venait de prononcer cette prophétie si vraisemblable au moment où il parlait : « Dans trente ans l'art anglais aura vécu », cette peinture saisissante et neuve, date justement de l'époque où notre programme s'arrête : la plupart des artistes qui ont pris part à cette renaissance, qui ont déterminé ce mouvement, vivent encore. Mais, tandis que dans une histoire qui comprendrait également la période
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contemporaine, il serait facile de consacrer plus de cent pages à ces maîtres, la proportion é(iuilal>lc serait d'en attribuer une dizaine aux peintres qui avant eux remplissent un siècle et demi.
Peut-être l'ère dont nous parlons est-elle à la veille de se clore ; car une fois partis les brillants artistes qui se sontgroupés autour de Ford Maddox Brown et de Rossetti, ou (jui les ont suivis, ou qui procèdent d'eux, il est possible que tout