CHAPITRE VI
L'école d'Anvers et Quentin Metsys. — Le rôle de Metsys. — Sa situation particulière. — Ridicules légendes et explications simples. — L'italianisme commençant. — Jean Mabuse. — Ilemessen. — Herry met de Blés el Patenier. — Les italianisants puis: Van Orley, Frans Floris, Coxcye. — Commencement du phénomène d'assimilation: Martin de Vos. — lu ras exceptionnel : Brueghel le Vieux.
Quentin Metsys ouvre magnifiquement l'école d'Anvers. Il en est l'aurore, comme Rubens en scia le splendide couchant. Mais il ue s'agit pas ici d'une simple opposition littéraire : deux grands artistes à chaque extrémité d'une école. 11 y a un lien réel entre ces deux artistes ; Metsys ne fait pas que précéder Rubens : il l'annonce.
Aussi ne peut-on pas dire, comme on le fait trop souvent, d'une manière un peu exclusive, qu'il est le dernier des gothiques flamands. Il est cela si l'on veut, mais il est aussi attire chose que cela. Nous reconnaîtrons volontiers qu'il est le dernier des grands gothiques, si l'on veul bien nous accorder qu'il esl en même temps le premier des grands modernes.
Que l'art de Mets\s ait conservé encore un lien étroil avec celui de Bouts, son compatriote, ou avec celui de Memling, cela ne saurait se contester tien qu'à jeter un coup d'œil sur ses œuvres; mais le lien entre Rubens el lui sera encore sinon plus visible, du moins plus fort. A ceux-là il tient encore par la technique, par ht matière; celui-ci tiendra à lui parles tendances.
Il y a donc quelque chose d'absolument nouveau en Mets\>, qui vient s'ajouter à ses qualités traditionnelles, quelque chose qui peul venir de son propre tempérament, mais qui a ient aussi, certainement, du milieu nouveau dans lequel se produit l'œuvre d'art, en un mol des caractères propres à l'école d'Anvers. Ce sont, si on les définit à grands traits, par leur seule extériorité, un goût de magnificence dans le spectacle et d'emphase dans l'expression.
Ces tendances ne sauraient être confondues avec celles de l'école de Bruges r
ÉCOLES FLAMANDE ET HOLLANDAISE. 75
dans laquelle il nous a été donné de constater, en plus d'une œuvre, des raffinements de lu\e et de fortes accentuations de physionomie et de geste. Mais la richesse des artistes de Bruges sera une richesse, pour ainsi dire, d'orfè-