‹ Histoire populaire de la peinture (volume 3)Chapitre 11 sur 126 · L ENSEVELISSEMENT 1) U C U II I - I · texte numérisé non relu

L ENSEVELISSEMENT 1) U C U II I - I

vrerie, de bijouterie, tandis que celle des Anversois sera une richesse de peinture ; la première induit les artistes à serrer de plus en plus minutieusement, à ciseler, à fouiller de plus en plus à fond leur besogne, tandis que la seconde mène à la [dus grande \ irtuosité de facture, aux jeux du pinceau le plus libre et le [»lu> emporté. On voit combien sont différentes de- qualités qui sembleraient avoir un

point de départ commun et qui divergent si profondément à leur aboutissement.

De même pour ce qui concerne l'expression. Dans les derniers gothiques purs, lels que ceux qui procèdent des Van Eyck ou de Memling — et nous disons ceux qui procèdent d'eux, et non pus eux-mêmes, car c'est dans les œuvres secondaires, anonymes, que l'on peut le mieux décomposer les tendances, — les accentuations même exagérées qui se remarqueront, sont des accentuations naturalistes. Chez Metsys déjà, mais bien plus encore dans ceux qui le suivirent, ce sont des accentuations théâtrales. Et si, accusant cette définition de subtilité, on nous demandait de préciser davantage ce que nous entendons par une telle différence, nous prouverions qu'elle n'est en aucune façon subtile : lesactentuations naturalistes dont nous parlons proviennent de l'observation, les accentuations théâtrales proviennent de l'imagination. On ne saurait, vous le voyez, concevoir encore des tendances plus analogues au premier aspect, plus éloignées à l'analyse.

Or Metsys contient déjà toutes ces qualités, ou tous ces défauts comme on voudra. C'est donc un homme de commencement d'école plus encore qu'un homme de transition. Seulement, pas plus que la nature, l'art ne procède par bonds. Metsys ne va donc pas nous apparaître comme un artiste brusquement et entièrement différent de ses devanciers. Dans son œuvre les différences seront encore beaucoup moins violentes, bien plus harmonieusement fondues que chez les principaux anversois et bruxellois du xvi° siècle. Ses admirables qualités appartiennent au passé de l'école flamande, ses défauts, ses superbes défauts sont ceux de l'avenir de celle même école, ('.lie/ les autres peintres on peut dire que si les défauts allèrent en s'accentuant, presque chez tous les qualités subsistèrent soit de façon latente, soit de façon éclatante, mais par intermittences. Nous verrons bientôt, par exemple, des peintres flamands subissant une influence italienne qui leur fait commettre les plus détestables compositions, perdre toutes les vertus de leur race, sans gagner celles de la race qui les liante, mais qui redeviennent souvent, lorsqu'ils l'ont un portrait, un morceau isolé, un coin de tableau, tel ou tel accessoire, les plus parfaits flamands qui soient, à tel point ([ne l'on pourrail croire que l'école de l'.ruges n'est pas morte ou revit dans de tels oublis. Or, l'écart entre les tableaux issus de ces deux tendances, est, chez ces peintres, tellement prononcé qu'il est souvent déconcertant el choquant. Dans l'œuvre de Metsys, le conflit entre les habitudes anciennes et les tendances nouvelles, est infiniment moins sensible, si tant est qu'il y ait même encore un conflit : il y a coexistence mais non antagonisme. Aussi, bien que le Peseurd'or du musée du Louvre el la Descente de Croix du musée d'Anvers ne soient pas du tout conçus et exécutés dans le même esprit et soient au contraire de parfaits spécimens des deux aspects opposés, sous lesquels on doit considérer Metsys, ces œuvres sont-elles mille fois plus rapprochées entre elles que nesontle

ÉCOLES FLAMANDE ET HOLLANDAISE

Portrait de Jean Carondelet par Gossaert, dit Mabuse, et telle autre œuvre du même Mabuse après smi ardente conversion à l'italianisme. Nous prenons cel exemple comme le premier qui nous vient à l'esprit. Il y en aurait, plus tard, d'autres encore plus décisifs.

Nous traverserons bientôt une longue période où l'école d'Anvers, tout en étant d'une activité et d'un renom extraordinaires, semblera conduire tout l'art

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