‹ Histoire populaire de la peinture (volume 3)Chapitre 101 sur 126 · A. VAN DE VELDE. — LE MARAIS · texte numérisé non relu

A. VAN DE VELDE. — LE MARAIS

de vérité que l'homme lui-même. Si l'on veut avoir une idée de l'espril el du savoir qu'il \ déploie, il suffirait, à défaut de toul autre morceau, de regarder le beau petit Toit à porcs de la salle LaCaze; c'esl une petite chose parfaite, supérieure, à notre gré, a plus d'un tableau important d'Isack, où les qualités très grandes nous sont gâtées par une couleur souvent un peu italianisante que le peintre n'a certainement pas empruntée a son frère el maître.

Ad ri a an Nantie Velde est le second peintre dont nous voulions parler. Certes ce n'est pas la nim plu- un simple spécialiste animalier. Au contraire, il a l'ail maintes choses différentes, si d'autre pari il a traité le bétail avec quelque prédilection. Élève de son père Willem Van de Velde le Vieux, puis de Jan Wynanls

et enfin axant snlii certainement l'influence de Philippe Wouwerman qui avait passé avanl lui par l'atelier de Wynants, Adriaan van de Velde (1635-1672 . se ressent un |>eu de celle éducation composite. Willem Van de Velde lui a donné un goût de largeur el de simplicité qui persiste dans ses bons tableaux ; Wynants lui a appris à bien peindre le paysage, avec un accent parfois un peu mouvementé; enfin il a comme Wouwerman l'art dé très justement poser et de finement peindre les personnages et les animaux, mais en même temps, et plutôt pour son moindre avantage, sou contemporain lui a transmis celle tendance à l'ita-

A . VAN DE VELDK. — PAYSAGE AVEC BETAIL.

lianisine qu'il avait contractée à vouloir faire concurrence à Pieter Van Laer. le Bamboche, el qui nous gâte ses fines qualités. Cela suffit à expliquer les variations assez surprenantes que l'on peu! constater chez Adriaan Van de Velde, el comment, par exemple, à côté de la délicieuse petite Plage île Scheveningue on peu! voir au Louvre tel tableau de bergerie, avec du bétail bien fondu el des ciels jolis, que contresignerai! volontiers Karel du Jardin.

Celle Plage de Scheoeningtte esl un de nos bijoux hollandais; elle est vraiment quelquechose de plus que le tableau d'un ordinaire spécialiste; c'est une de ces (luises In h reuses oui conservent à travers le temps ton le la \ ivacité et la

ÉC()I.I-;S FLAMANDE ET HOLLANDAISE

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fraîcheur delà vie. Les six petits chevaux blancs qui Iraînenl un carrosse : les gens en habit lileu qui se promènent avec leurs chiens, leur femme, leurs amis, sur

cette petite plage grise, si bien Mie, si pleine d'air, ri enfui de cette justesse parfaite qui fait plus que pardonner à l'art hollandais de s être sagemenl tenu dans h 's régions moyennes! Une telle justesse esl la gloire el I'1 précieux de la prose. On peul appliquer la môme remarque à un autre petit tableau du même

artiste, au Louvre, un Canal gelé avec des patineurs. Cotte minuscule peinture grise avec ses personnages bruns ou noirs, admirablement silhouettés et lancés dans l'air, est encore une preuve de raison, de perspicacité et de tact chez le peintre, et l'on s'arrête longtemps devant cet hiver bien froid, bien coupant, où les paroles résonnent nettes, à de grandes distances, à travers l'air sec, dans la nature engourdie

Adriaan Van de Veldequi eut divers imitateurs, entre autres DirckvanBergen, lui aimé et recherché des gens de son temps, et en bonnes relations avec ses confrères, dont il peupla souvent les tableaux de ses personnages vifs, spirituel*. bien à leur affaire et n'accaparant point l'attention au détriment du paysagiste ou du peintre de villes : Wynants, Ruysdael, Hobbema et Van ^v Heyden furent ceux qui eurent le plus souvent recours à ses bons offices. Nous savons que nos petits peintres, bons ouvriers en un genre, n'étaient point vaniteux [jour le reste, et que ces collaborations, inspirées d'ailleurs parla mode et par la clientèle, furent chose courante et leur paraissant assez naturelle.

(l'est encore un des témoignages de la complexité de l'art hollandais et de la multiplicité des réciproques influences. Cela nous fera excuser aussi d'avoir dans ce chapitre, qui était surtout destiné à faire comprendre la verve, la liberté la variété de l'école de Haarlem, présenté des artistes et des genres assez différents.Les deux chapitres qui vont suivre, et terminer, nous feront connaître <]('<• personnalités plus tranchées.

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