‹ Histoire populaire de la peinture (volume 3)Chapitre 36 sur 126 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Les contemporains de Rubens. — Pourquoi le xvnc siècle flamand esl une décadence.— Jordaens. - Van Dyck. — Caractères de leur œuvre. — Gaspard de Craj er. — Philippe de Champaigne el Suttermans. —Tous les autres contemporains.

La virtuosité succédant ;ï de rigoureuses disciplines, l'habileté mise en honneur au détriment de l'attention profonde, le théâtral et le pittoresque débordants succédant au simple et au serré, le désir de faire vaste en croyant faire grand, la tendance à vouloir briller coule que coule, enfin le (aient devenant une chose si répandue qu'il n'y a pour ainsi dire pins de talent, voilà quelques-uns des signes les plus évidents de décadence d'une école, et voilà ce que nous montre l'école flamande au (emps de Rubens.

Nous ne l'avons pas dissimulé: l'art de Rubens lui-même, tout magnifique qu'il soit, esl à noire gré un art de décadence par l'apport à celui des maîtres du w" siècle et de certains du x\i" siècle commençant. Mais ce que nous avons admiré en Rubens, cenesontpas les défaulsdeson temps ; cesontles qualités deson extraordinaire nature. Il nous reste à parler d'une importante période de l'art flamand, de celle qui est en réalité la plus célèbre quoique peut-être n'étant pas la plus digne de l'être ; et pourtant il est possible que nous la passions plus brièvement en revue. C'est que nous rencontrerons une foule de talents brillants et secondaires, unequantité de gens remplis de qualités et de mérites, pouvant procurer des sensations agréables, mais ne laissant aucune trace profonde dans la pensée. Tous se ressemblent entre eux et tous ressemblent à Rubens ; mais ce n'est qu'un air de familleetsans aucune des fortes qualités de cet individu. Ilest bien entendu que la ressembla née dont nous parlons n'est qu'approximative, et que l'on peut,si l'on veut s'en donner la peine, différencier entre eux tons ces peintres par les nuances et l'accent que chaque homme apporte avec lui, même dans une besogne uniforme. Mais ce< nuances ont-elles assez d'importance et d'intérêt pour que nous nous

donnions la tâche de les étudier ici? Ce serai I un devoir si nous faisions des monographies détaillées, une étude d'intérêt local, mais dans une œuvre d'ensemble, où doivent dominer les idées générales, et où seuls les types originaux et les exerceurs d'influences doivent être fortement accentués, une attention égale donnée aux meilleurs comparses n'apporterait que confusion.

De ces figures prépondérantes, de ces natures exceptionnelles, il nous en reste quelques-unes à étudier ; mais elles sont en assez petit nombre. Il est certain que lorsqu'on a fait la connaissance aussi complète que possible de maîtres tels que Jordaens, Van Dyck, Téniers et Brouwer, accordé toute l'attention qu'ils méri-

JliailAENS.

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