SON PORTRAIT
et de velours rouge écarterait les bruyants badauds, mais où cinquante personnes chaque année > viendraient évoquer le silence des ascétismes qui ne son! plus.
Par les portraits d'une fillette en salin blanc sur un fond rouge, du Prévôt des marchands et des Échevins de Paris, de Mansart et Perrault, enfin de Jean- Antoine de M es me (salle La Caze), Champaigne nous ramène plus prochede la tradition flamande, tout en demeurant dans un goût de présentation très français.
Tour le voir vraiment et richement flamand, il faul sortir de France. Le musée de Bruxelles possède un Saint Ambroise et une suite de Y Histoire de saint Hennit : le musée de Rotterdam, un portrait en gris, de Jean-Baptiste de
ÉCOLES FLAMANDE ET HOLLANDAISE. 245
Champaigne et Nicolas de Plattenburg, qui sont d'une toute autre façon, et dont la facture étonne par sa relative opulence
\? Histoire de saint Benoît est surtout inattendue; le paysage généreux, les beaux noirs des frocs, la verve (un peu contenue pourtant) qui règne dans le traitement des accessoires. Imites ces choses sont d'un Champaigne don! nous n'avons point l'idée ici. C'est ainsi que l'on trouve dans l'œuvre même de cegrave maître, soit de quoi se consoler de ses renoncements terribles, soil de quoi les regretter un peu.
11 nous faut finir avec la grande peinture des Flamands du xvnc siècle.
D'autres bons peintres son! contemporains de Rubens, qui sans avoir passé directement par son atelier, ont avec lui plus d'un point de contact, ou méritenl d'être mentionnés pour diverses œuvres ou qualités. Les principaux sonl Abraham Janssens 1575-1632 et ses deux élèves Gérard Zegers 1591-1651, une Adoration de saint François au Louvre et Théodore Rombouts (1597-1637 : Sallaerts 1585-1647 François Franck le jeune 1581-1642), Adrien Van Nieulandti 1590-1 652), Gilles Backereell 1572-1662) et maints autres, qui ne ressortent plus guère que de l'érudition pure.
Enfin il se trouve après les élèves immédiats de Rubens, une deuxième génération qui n'est point sans mérite et parmi laquelle on noie les noms de Van Lint, Bœckhorst, Willeboirts, Pierre Thys, Théodore Boyermans à Anvers : Jacques Van Oosl à Bruges, liés imitateur des Bolonais, et dont nous avons un tableau important au Louvre, saint Charles Borromée; et surtout, à Bruxelles, Pierre Meert 1619-1669), dont le musée Royal possède une parfaite portraiture fie Quatre syndics delà corporation des Poissonniers, et Pierre Franchoys 1606-1 65 i) de qui le portrait du Prieur de Tongerloo, au musée de Lille, défend aussi lu mémoire.
Mais tout cela en somme va s'affaiblissant ou devenant stationnaire, car le moment est venu où la peinture, en Flandre, n'est plus qu'une formule, une habileté spéciale. Et lorsque le vieux Jordaens aura disparu, depuis longtemps déjà l'épuisement, l'énervement et l'anémie, auront commencé leur œuvre. Il n'a donc pas étéinexael de présenter après les temps de Van Eyck, de Memling et de Metsys, l'éblouissant \\ne siècle flamand comme l'âge d'or de la décadence.