NICOLAS SI A E S
que leur maître. 11 eut pour camarade à l'atelier de Rembrandt, Jacob Backer. he (ieiluandt Van den Keckliuut (1 020-1 <>7 i il u'\ a pas grand'chose à dire, malgré ses qualités, sinon qu'il lui un <lr> plus dociles élèves el imitateurs île suu maître. Il lui emprunta respectueusement sa défroque, ses procédés de compositions habituels, ses types préférés, en un mot toul ce qui constitue le côté extérieur d'un artiste; niais il est vraiment impossible de s'} méprendre, pour peu qu'on ait vraiment senli Rembrandt el que l'on soit arrivé a dégager son œuvre de tous les morceaux parasites que lui nul ajoutés la cupidité et l'ignorance. Il est établi que du vivant même de Rembrandt, des œuvres de ses élèves ou imitateurs, Flinck, \V. de Poorter, etc., étaient vendus par les marchands pour des œuvres authentiques du maître. Quand on regarde, entre autres, au
musée de La Haye, une certaine petite Adoration des Mages, on est frappé d'y trouver toul Rembrandt, — moins Rembrandt. D'ailleurs le Bon Samaritain, les Pèlerins d'Emmaùs et le Ménage du Menuisier nous ont permis de mesurer combien les « mascarades » proprement dites sont secondaires dans son œuvre, combien il est simple et fort et combien il faut se garder de lui attribuer toutes les œuvres bizarres dont s'enorgueillissent les catalogues, sauf peut-être, en ce (]iii concerne certains tableaux de jeunesse. Il est donc vraiment difficile pour peu que l'on ait un peu cultivé son goût, de confondre une peinture des ('•levés et des pasticheurs de Rembrandt avec autre chose qu'un autre Rembrandt faux.
Arentde Gelder (1645-1727) fut un des derniers élèves de Van Rijn, et il a pour nous ce titre à l'estime qu'il vint à lui au moment où le vieux peintre était le plus délaissé et méprisé. Arent de Gelder étant arrivé tard auprès de Rembrandt, fut poiie par son respect et son admiration à imiter surtout sa dernière manière; il en a pris le côté vigoureux, heurté, l'emploi du couteau à palette étalant et mêlanl d'épaisses pâles. Un tableau qui lit beaucoup de bruit il y a quelques années sous le nom du Rembrandt duPecq et qui représentait un sujet traité par Rembrandt -.Abraham recevant les Anges à sa table (musée de l'Ermitage), est attribué par M. Emile Michel à Arent de Gelder; après avoir naguère incliné tout d'abord pour Rembrandt, nous nous rangeons à l'opinion de M. E. Michel, après une étude plus approfondie de certaines œuvres de Gelder, notamment un fort beau David et Dethsabée d'une collection particulière anglaise, auquel seule la probité de ses successifs propriétaires a conservé le nom de son véritable auteur. Le musée de la Haye possède une œuvre de Gelder, des plus originales et des plus riches de couleur, Juda et Thamar; au musée de Dresde, on devra voir avec beaucoup d'intérêt la transcription peinte d'une eau-forte de Rembrandl Jésus montré aupeuple, mais peinture bien supérieure à celle de Flinck que nous signalions toul à l'heure comme également imitée d'une estampe.
Il non- faul abréger autant que possible celle revue fastidieuse de- élèves de Rembrandt, qui, en somme, malgré leurs qualités diverses, le continuèrent mal lorsqu'ils l'imitèrent, ou ne surent pas conquérir une personnalité lorsqu'ils cessèrenl de l'imiter... pour en imiter d'autres. Aussi mentionnons-nous brièvement Jan Victoors qui fut un peintre asse/. lourd cl assez mou ; Carel Fabritus lui-même (1624-1654) qui se montre bien supérieur et peintre vraiment énergique dans une célèbre Tête d'homme du musée «le Rotterdam : Salomon Koninck 1620-1656 qui fui plutôt influencé par Rembrandt que son élève direct et qui a laissé quelques bonnes ligures dans des intérieurs; Pieter de Grebber, etc. etc.
Enfin nous rencontrerions plus loin un élève île Rembrandt dont nous pouvons dire ici quelques mois. Nicolas Maes 1632-1693) serait rang»' aussi bien dans les peintres de mœurs que nous aurons à étudier. Mais peintre de mœurs, I est-il
ÉCOLES FLAMANDE ET HOLLANDAISE
véritablement? On a fait en ces dernières années à Macs la réputation presque d'un grand peintre. Sans doute il a pris à l'atelier de Rembrandt un goût de couleur riche et de matière généreuse. 11 profita également des leçons en ce qui concerne l'éclairage vif des objets; il sail faire vibrer des ronges et des noirs par l'habile juxtaposition de gris. Bref, des élèves immédiats de Rembrandt,