‹ Histoire populaire de la peintureChapitre 105 sur 119 · LUICI C \RUI II A CIGOLI · texte numérisé non relu

LUICI C \RUI II A CIGOLI

LA F UITE EN Ml II.

œuvre elle-même ; pour le temps où ils vécurent : pour l'amusement des jolies choses que l'on pourrait trouver à dire soi même à leur propos. Mais tel ne peut être ici noire but : ce n'est pas en eux-mêmes que nous pouvons étudier les bolonais et les romains du xvn8 siècle, mais par rapport aux toscans, aux romains, aux lombards et aux vénitiens des siècles précédents, comme nous avons examiné ces artistes par rapport les uns aux autres. Ne serait-ce doue pas, matériellement, présenter imprécis faux et déséquilibré que de consacrer le

même nombre de pages à Bologne qu'à Florence ou à Rome, aux Garrache ou au Domeneccbino qu'à Raphaël ou ^Michel-Ange, au Caràvage qu'à Titien, au

LOUOVICO CARRACCI. — VOCATION DE SAINT MATHIEU.

Guide ou à Sassoferrato qu'à Fra Augelico, au Guercino qu'à Siguorelli? Il suffit de poser ainsi la question pour montrer toute l'absurdité qu'il \ aurait à adopter, même sous couleur de nouveauté, une pareille méthode, et pour faire com-

ÉCOLE ITALIENNE

prendre pourquoi tous ces peintres seront passés en revue aussi sommairement. D'ailleurs, ce n'est point par mépris que nous serons aussi brefs. Après avoir été, chez eux et chez nous, l'objet des admirations les plus hyperboliques, après avoir été pris exclusivement pour modèles el avoir exercé sur notre art la plus grande, et aussi la plus détestable influence, les bolonais furenl tout d un coup traités de la plus dédaigneuse façon. <m ne voulut plus voir en eux le moindre mérite ; ils furent niés aussi complètement qu'ils avaienl été inconsidé-

AMMIBALE CARRAI ' I .

l'A Y S AL I .

rément exaltés. Au moment où ils brillaient el régnaienl chez nous, on ignorai! tout ee qui avait précédé, et sauf les quelques grands maîtres que les bolonais avaient en la bonté de prendre sous leur protection en se réclamanl d'eux, tout le reste était jugé barbarie. Aujourd'hui, nu commence à revenir de celle opinion, et peut-être demain les bolonais de\ iendront-ils îles ■ gens à la mode »

comme l'ont été récemment les quattrocentistes. C'est peut-être déjà, a

époque où les motifs les plus frivoles et les plus vaniteux décident des

engouements, se montrer retardataire q le ne pas se déclarer enthousiaste

de ces peintres élégants, aimables et passionnés; au Louvre on leur a beaucoup rogné la place juste au momentoù ils commençaient à '"'lie très réclames. et poui' ainsi dire redécouverts.

Les Carrache sont les promoteurs de tout le mouvement d'art du xvir siècle et ils en portent maintenant la responsabilité. Dans un certain sens, ils jouèrent un rôle aussi utile qu'important. A Florence et à Home, il n'y avait plus que des imitateurs aussi plats qu'e\tra\ ayants de Raphaël et de Michel- Ange. Daniele da Yolterra (1509-156:6;) était le plus magistral des successeurs de celui dont il avait été chargé d'habiller les sublimes et austères nudités; les Florentins Luigi Cardi da Gigoli (1559-1013) et Carlo Dolci (I6IG-H>80i continuèrent la pureté de Raphaël à peu près aussi bien que Daniele continuait la majesté de Michel-Ange; c'est assez dire combien, au temps du fade et doucereux Carlo Dolci, Florence devait être considérée comme une morte.

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