FKA ANGELICO. — COURONNEMENT DE LA VIERGE
ordre dans les bâtiments nouvellement construits du couvent de Saint-Marc, et il les décora de sa main d'une sublime manière, lài 1 il.'j le pape Eugène l\ l'appelait à Rome pour } décorer, au Vatican, la chapelle du Saint-Sacrement el il ne quittait plus Rome jusqu'à sa mort, survenue en 1455, que pour commencer à Orvieto une décoration grandiose, et pour entreprendre en 1451 un dernier voyage en Toscane.
Quanta la vie elle-même, elle est exemple de toute aventure, de tout trait
saillant. Elle est calme, douce, lumineuse comme l'œuvre. Fra Angelico, nous apprend-on, se refusait toujours à tirer un profit personnel de ses travaux, n'ayant aucun besoin de richesses. 11 travaillait sans relâche, avec sûreté, ne revenant pas péniblement sur son travail, mais ressentant une vive émotion pendant tout le temps qu'il durait. Enfin, dans la dernière partie de sa vie, il formait des élèves, dont aucun ne devait, ne pouvait être, à proprement parler, son continuateur, et dont le plus illustre était Benozzo Gozzoli. Voilà tout. Il n'est rien de plus uni, il n'est rien de plus admirable, et il n'est besoin de rien autre.
Ces sommaires indications seront, avant l'examen plus approfondi des œuvres, suivies d'une chronologie des principaux travaux. Pendant son séjour à Cortone, Fra Angelico, exécuta entre autres peintures un retable comprenant la Vierge entre des saints, la Crucifixion, l'Annonciation, des scènes de la vie de saint Dominique, et des scènes de la vie de la Vierge. Ce retable est maintenant dh isé entre deux églises de la ville : San Domenico et Gesù.
Après le retour à Fiesole : une Annonciation (1432); le grand triptyque du musée des Offices, à Florence, dont le panneau principal représente la Vierge tenant l'Enfant Jésus sur ses genoux, et est orné d'une splendide bordure d'anges musiciens (1433) ; les Scènes de la Vie de Jésus, qui sont maintenant à l'Académie des Beaux-Arts de Florence, et qui primitivement décoraient l'armoire destinée à contenir le trésor de l'Annunziata; le Couronnement de la Vierge qui est une des gloires du Louvre, la fresque de la Cruci/i.rion également acquise par notre musée ; enfin maints autres tableaux que l'on peut encore voir à Florence, à Fiesole et en d'autres lieux, entre autres ces deux chefs-d'œuvre de l'Académie des Beaux-Arts, la Descente de Croix et le Jugement dernier.
De 1436 à son voyage à Home, c'est, sans compter quantité de précieux petits tableaux, quelques-uns contenant des centaines de figures, la décoration du couvent de Saint-Mare, et cela dit tout !
A Rome c'est d'abord la chapelle du Saint-Sacrement aujourd'hui détruite, puis l'admirable Chapelle de Xicolas V, avec la Vie de Suint Etienne et la Vie de Saint Laurent, qui subsistent comme une de ses œuvres les plus grandioses, quelles que soient les autres, quelles que soient les figures de Prophètes qu'il avait exécutées à Orvieto dans l'intervalle, quelle que suit même l'admirable décoration du couvent de San Marco.
Celle simple énumération est loin de contenir môme les principaux ouvrages du Frère, mais quoi, leur catalogue complet, qui a été dressé, remplirait une grande partie de ce volume. Ce ne sont que des points de repère, destinés à comprendre la grandeur de l'acheminement d'un tel génie, depuis les timides et charmantes miniatures du début, jusqu'aux œuvres de sévère tenue et de sublime dessin de l'Age mur et de la vieillesse.
Ecole itm.ienm:.
Par laquelle de ces œuvres donner une idée du génie si grand el si particulier de l'Angelico ? L'on peut méditer toute une vie parmi les peintures du couvent de San Marco ; celles que l'Académie des Beaux-Arts a recueillies abondent en inexprimables beautés; la chapelle de Nicolas \ au Vatican réserve îles émotions inoubliables, même après la commotion que peuvent avoir causée la chapelle