‹ Histoire populaire de la peintureChapitre 2 sur 119 · DÉCORATION INTÉRIEURE D'UNE MAISON DE POMPÉI · texte numérisé non relu

DÉCORATION INTÉRIEURE D'UNE MAISON DE POMPÉI

laisserons à des écrivains mieux instruits ou de plus de loisir, le soin de rétablir complètement l'équilibre.

Les peintures antiques el les peintures chrétiennes nous retiendront peu. D'abord elles ressortent plutôt de l'archéologie; mais surtout, il semble qu'on doive les considérer moins comme le germe de la peinture italienne moderne que comme la fin, l'aboutissement, ou, pour mieux dire toute notre pensée, la décadence d'un autre art. dont il ne reste que des ruines, ou des fragments trop incertains, ou même encore la pure supposition. En effet, il est puéril de croire

k HISTOIRE POPULAIRE DE LA PEINTURE.

que l'art Lie peindre a daté d'une époque plutôt que d'une autre, si éloignée qu'elle soit. Peindre a été un instinct de l'homme en tous temps, comme parler ou chanter. De ce qu'il ne reste aucun vestige, il serait naïf de conclure que rien n'a existé. Les peintures de Pompéi sont visiblement l'aboutissement et la dégénérescence de la peinture grecque, dont il ne nous reste rien en tant que peinture proprement dite.

D'autre part, les peintures de Pompéi ressemblent beaucoup plus aux œuvres des décadents italiens, comme facture et comme inspiration, qu'à celle des maîtres du xme etdu xiv° siècle qui, eux, ont une origine visiblement byzantine.

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T 1U U M PU AT EUH (l'EINTUHE DE POMPÉl).

■THÉSÉE (PE4iNTURE tl'u ERC U L AN U 11).

Avec l'influence byzantine la peinture italienne a donc recommencé entièrement sur de nouveaux frais.

Toutefois ce serait une grosse lacune pour celui qui désire comprendre la peinture italienne, que de ne pas visiter le musée de Naples et Pompéi, où se trouvent en plus grand nombre les peintures de cette fin d'époque. L'on verra là sous mille formes ingénieuses et vivantes, que les peintres d'alors étaient préoccupés absolument des mêmes idées, des mêmes visions et de la même exécution que ceux de la lin de la grande époque italienne, et l'on retrouvera mainte analogie a\ec les formes mêmes et les préoccupations de l'art de noire propre temps. Volontiers nous nous attarderions à énumérer et à décrire les nombreux tableaux que le caprice des artistes a retracés sur les murs des maisons. C'est tout au plus si nous pouvons signaler les principales peintures du musée de Naples: celle Médée qui médite la mort de ses enfants pendant qu'ils sont en train de jouer aux osselets; ces Narcisses ; ces enfantillages exquis ; ces paysages

Ecole italienne.

de Watteau; ces Grâces-; ces natures mortes: ces oiseaux admirables; ces innombrables fantaisies de décoration, toujours si modestes, si sobres d'apparence mais très calculées et exécutées comme en se jouant. Dans telles de ces peintures. le n" 9008, par exemple, importante composition où se voient Hercule

l'KIJiTURE DE LA VILLA D ADRIEN.

et Télèphe allaités par la biche, une figure, celle d'un jeune faune, est un véritable Corrège, comme exécution, comme modelé, comme type même. On citera encore A' Triomphe de Bacchus, Bacchus et Ariadne, Jupiter et Junon, les Trois Grâces n" 9236 . la Marchande d'amours n 9180 . ];i délicieuse guirlande aux satyres dansants, n° 9163, et quantité de paysages, notamment les n°s 9508, 9513,

9510, 9189, 9493, 9476, 9475, etc., où se retrouvent, on ne saurait trop le dire, toutes les qualités, toutes les préoccupations, toute la verve, toute l'exécution même de Watteau, de Laneret, de Boucher, suivant les différences de tempérament. Quant à la célèbre mosaïque de la bataille d'Arbelles, on n'aurait que l'embarras du choix dans les galeries de Versailles, pour les termes de comparaison. Mais nous ne pouvons insister là-dessus ; c'est encore une fois, malgré toutes les séductions, un déclin, et force nous est de prendre l'école italienne plutôt comme un phénix qui renaît de ses cendres. Or le nouveau germe, l'œuf prodigieusement fécond d'où il va sortir, ce n'est ni cet art gréco-romain, par trop

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