VERT MUT
BLEU BLI i BLEU
et rouge el i o\ et jaune
D'une manière générale, comme conclusion de ces relevés el de La comparaison avec ceuxque
nousavonsfail des maîtres flamands, il résulte, expérimentalemenl , que la grande il inante centrale,
chez les Flamands, esl presque toujours rouge, el chez les Italiens presque toujours bleue. Il y a une délicate et intéressante loi à décow rir relative nu tempérament el ;'i In vision des deux races.
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exquises créations. Telle autre esl une statue de marbre comme la Vénus inspirée de Donatello ou de l'antique, qui s;mr;iil le dire? ou bien encore les
F1L1PPINO 1. Il'l'l. — L APPARITION DE LA VIERGE A SAINT BERNARD.
acteurs de cette étrange maisvraimenl émouvante allégorie de la Calomnie, on telle autre prise au hasard dans l'allégorie du Printemps.
Revenir sur ces deux compositions si connues, si reproduites, m discutées de la Naissancede Vénus el du Printemps n'esl pas de mise ici. Beaucoup de gens
diront non sans raison que ces compositions aux figures si osées, si impossibles à oublier, folles que les Zéphirset Vénus elle-même dans la première, le Mercure ou Le trio de Nymphes dansantes dans la seconde, ne sont pas, une lois qu'on esl arrivé à Florence, ce qui étonne le plus, qu'elles ne donnent même pas tout ce qu'on attendait d'elles. Mais demandez à ces mêmes personnes si ces peintures étant détruites, il ne manquerait pas quelque ebose d'infiniment caractéristique, quelque chose d'indispensable dans l'évolution de l'art italien, et elles seront forcées de convenir que malgré tout ce que l'on peut dire. ressentir, objecter, discuter, on peut ne plus se passionner pour Botticelli, niais on ne penl pas se passer de lui.
D'ailleurs quelques œuvres demeurent de magnifiques spectacles. Dans ses dimensions modérées, V Adoration des Mages, du musée des Offices, avec ses (donnants portraits de Cosme de Médieis et dosions de sa famille et de sa suite, ses personnages fièrement campés, la grâce de la Vierge, la variété du paysage, n'est pas moins originale, moins riche de conception et d'exécution, moins diverse, moins séduisante, que le splendide cortège de BenozzoGozzoli au palais Riccardi(l). Le tableau de chevalet vaut la grande fresque et demeure aussi profondément gravé dans la mémoire. Les fresques de la Chapelle Sixline sont également indispensables à ce formidable ensemble, et elles y tiennent une place si particulière, elles y font entendre une mélodie si finement stridente, avec leurs groupes brillants et chevaleresques, leurs créations de blanches silhouettes féminines, leur allure plus l'estivale et romanesque que religieuse, que là encore l'idée de nécessite prime toute discussion. Que dire de mieux d'un artiste que de le constater nécessaire avec ses défauts comme avec ses qualités ? Les qualités de Botticelli enchanteront toujours les nerveux et les raffinés. Quant à ses défauts, si on lient à les appeler ainsi, qui ne sont pas des insuffisances, mais des façons d'être, il les a du premier coup poussés si loin, qu'il a coupé la roule aux imitateurs!
Si Botticelli est assez complexe, insaisissable, indéfinissable, au poinl de rendre absolument insuffisantes et vagues toutes les esquisses du genre decellequi précède, en revanche avec Ghirlandajo, l'on n'esl poinl embarrassé, pour préciser ses sensations. Elles sont toutes de simplicité, de netteté, de force, de gravité. Ghirlandajo, comme nous l'avons dit, est l'aboutissement direct de Masaccio, tandis que Botticelli, ou tels autres chercheurs uniques, échappent absolument à ce mouvement et se réclament tout au moins d'Andréa de! Castagno et de Paolo Ucelb». Ghirlandajo esl un équilibré; il attire certainement moins que Botticelli, mais il rassure davantage. La part est-elle moins belle ? Faut-il
i Nous ne décrirons ni n'énumérerons tes autres œuvres de Botticelli qui sont dans les divers
musées d'Euroj ntre autres à Munich el à Berlin. Elles sont des plus remarquables, mais elles ne
sauraient trouver leur' place que dans une étude c plète sur le maître, et ici elles ne nous apprendraient rien de plus.
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établir des concurrences entre les grands observateurs de la réalité, et les grands désireurs d'expressions neuves et de sensations épurées? A quoi bon créer de ces catégories, el pourquoi ne pas prendre 1rs tempéraments comme on doit prendre les fruits, tels que la nature vous les présente?
r~ Avant de paiIer de Ghirlandajo, on ne peul pas ne poinl dire un mol de son maître, Alessio Baldovinetti 1427-1499 très épris des recherches de matière,
mai- comme plii'- d'un chercheur de ce genre, compn îttanl son œuvre par ses
recherches mêmes. Nous en verrons un exemple encore plus grand et encore
plus regrettable avec Léonard. Il excella dans la mosaïque, et dans sa peinture, il se montrait portraitiste savant et paysagiste très varié.
Le mai Ire survécut longtemps à l'élève, caria viede Ghîrlandajo fut brève ; mais l'œuvre de l'élève survécut à celle du maître. Domenico di Tomaso Bigordi, Domenico Ghirlandajo (1449-1494) avait passé comme les autres par l'atelier de l'orfèvre, mais juste assez pour devenir un modeleur habile, et se passionner bientôt davantage pour le dessin toul pur, pour l'art tout spécial de saisir le caractère d'un visage, agencer une composition où se pressent quantité de personnages tous observés dans leur vie propre dans leur maintien le plus ressemblant à lui-même. Entraîné prodigieusement à ce métier spécial, il devait naturellement devenir le décorateur par excellence d'une république comme Florence, où les individualités avaient tan) d'importance. Bien qu'ils soient admirablement agencés et groupés de la façon la plus aisée, ce sont toujours des poitrails contemporains qui jouent leur rôle dans ses compositions ; en les admirant, un citoyen florentin n'avait pas besoin d'être très distrait pour oublier la Vierge et ne plus penser qu'à sa commère. Cet art est évidemment surprenant de savoir et de tenue, mais il ne saurait être considéré comme profond. De bonne heure connu et apprécié à Florence, Ghirlandajo est également mandé jeune à Home, où il peignità la Chapelle Sixtine deux compositions : la Résurrection du Christ et la Vocationde saint Pierre et saint Paul. La seconde seule subsiste. Elle esl fort belle et fort noblement ordonnée. Parmi les œuvres de sa jeunesse, il faut également mettre hors de pair les deux délicieuses scènes delà Vie de SantaFhia, dans une chapelle de la collégiale de San Gemignano ; c'est une de ses œuvres les plus émues et les plus émouvantes, dans sa tinesse un peu sèche et un peu timide, mais si profondément apitoyée cl tendre, justement en dehors des grande groupements de portraits à effet.
Lorsqu'il fui de retour à Florence. Ghirlandajo devint un des peintres les plus accaparés de son temps, et son frère David ainsi que ses élèves et collaborateurs ne chômaient pas une minute ; lui-même se donnait juste le temps de boire et de manger. Ses deux œm res capilales furent la Vie de saint François à l'église Sanla Trinila, et surtout, à Santa .Marin Novella, la Vie de la Vierge el la Vie de saint Jean Baptiste, derrière le maître-autel. Dire que c'est de l'art sublime esl difficile, de l'ail religieux, impossible. Mais c'est de la magnifique peinture, el la plus surprenante réunion de portraits qui ait jamais été tentée dans l'art moderne, même si l'on met en ligne les prestigieux Frans liais. On ne peut mieux caractériser ces peintures de Sanla Maria Novella que ne l'ont fait les Goncourl que nous citerons une dernière fois, puisqu'aussi bien ils ont si tineinenl compris avant tanl d'autres1 ce qu ils ont appelé l'Italie d'hier : « Ces!
i II faut bien entendu excepter le livre vraimenl précurseur de lii".
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l'entrée dans la peinture dos beautés matérielles de la femme el de ses humaines coquetteries; l'entrée des gravités de vieillards, montranl les préoccupations mondaines d'intérêts terrestres : l'entrée des tenues hautaines de jeunes éphèbes, au solide appuiement des torses sur les jambes. Ce sonl les patriciens au bonnet violet en forme de cor/w, au chaperon noir retombant sur l'épaule au