‹ Histoire populaire de la peintureChapitre 54 sur 119 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Michel-Ange. — Fra Bartolommeo. Raphai

Trouver le moindre fait inédit, le moindre aperçu nouveau sur la carrière et l'œuvre de Michel-Ange et «le Raphaël, quelle difficulté ! Ajouter de nouvelles louanges à l'énorme trophée que les temps leur ont dressé, quelque inutilité ! Au contraire, présenter des critiques, l'aire renoncer aux enthousiasmes consacrés, détruire des préjugés d'admiration aveugle, quelle impossihililé !

De quelque façon que l'on s'\ prenne, on tombe ou dans le banal et le convenu, ou l'on parait tomber dans le parti pris et le paradoxe. Et même, en adoptant la seconde voie, on s'y trouve encore en si nombreuse compagnie, que c'est encore une autre façon d'être banal. Dire que ce sont des colosses, qu'on a été écrasé la première fois qu'on a \ u leurs œu\ res, c'est s'exposer à ressembler au voyageur qui, sur le registre du site, écrit : ci Que l'homme se seul petit devant la .Mer de Glace I » ou qui devant l'inondation, s'exclame : >< Que d eau ! que d'eau ! » Prendre au contraire la plume pour l'aire savoir qu'on est resté froid, ou bien qu'on s'est révolté contre une célébrité qu'on trouve démesurée, c'est l'aire part d'idées, de sensations personnelles, dénuées de portée et qui n'ont d'intérêt pour personne. Faire œuvre de critique plus pénétrante, montrer par les rapprochements les plus ingénieux et les plus attendus, que leur grandeur leur vient en notable partie de tels devanciers que jadis on méprisai! ou que l'on ignorait, c'est simplement constater qu'ils sont venus les dernier-, et reconnaître qu'ils sont, en lin de compte, très grands. Enfin leur vie esl tellement connue, les reproductions de leur œuvre tellement multipliées, surtout de notre temps où les progrès de la photographie et de la photogravure les ont vulgarisées de façon si complète, -i universelle, qu'il n'\ a pour ainsi dire profit pour personne à en écrire liés longuement. Voilà quelques-unes des raisons pour lesquelles ce qui concerne ici ces maîtres sera relativement

bref. Tous les autres, si grands qu'ils fussent, nous laissaient quelque coin à essayer de découvrir ou d'éclairer, quelque émotion à avouer, quelque discussion à acccrocher; ceux-ci, rien.

Nous avons à nous occuper d'abord de Michel-Ange. Avec lui la tache est sinon plus aisée, du moins plus simple. Toute une partie, la plus vaste, de son œuvre, la sculpture, l'architecture, échappe à notre cadre. Le peintre, qui n'a travaillé que par intermittences, se présente tout d'une pièce, tout d'un aspect, mais c'est par la peinture que Michel-Ange a réalisé ses œuvres les | du s colossales.

Nous ne pouvons étudier ici ses œuvres de sculpture ; pour faire cette élude avec profit, il aurait fallu étudier auparavant celles de Donatello, de Verrocchio, de Mino, et, à Bologne, celles de Jacopo délia Quercia, qui ne sont pas, au pied de la lettre, ses madrés, mais dont les efforts aboutissent aux siens, aussi

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