UAPUAEL. — CREATION DU SOLEIL ET DE LA LUNE
de ces madones, ce que ces peintures doivent aux modèles eux-mêmes, que l'artiste a su choisir el rendre avec cette netteté et celle vigueur d'affirmation : les modèles revendiquent une part de la sensation que les Madones nous causent, et cela sans diminuer en rien la gloire de Raphaël. L'expérience esl possible : dans les rues de Florence on aperçoil plus d'une fois la >• \ ierge au chardonneret » ou la » Belle Jardinière », dans celles de Rome, la puissante Transtévérine qui ligure dans tel tableau ou telle fresque de la période romaine : leur race s'esl conservée pure, et l'on rencontre des Raphaël vivants. Mais nulle part, en Lombardié, à Florence ou à Rome, l'on ne rencontre et n'a rencontré la Vierge ou la Sainte Anne de Léonard, ni le Génie a la tête fière et au large torse de Michel-Ange.
De même, dans la conception même de ces Madones en tant que tableaux, l'invincible et le très admirable prosaïsme de Raphaël s'est affirmé et a conquis
la foule non par une sublimité de sentiment, mais par une grâce de familiarité. Sauf la Madone de saint Sixte et aussi celle de Foligno, toutes sont montrées dans quelque altitude de maternité pratique et amusent par quelque accessoire, par quelque fable enjouée, mais sans autre portée que celle du calme, du sourire et de la tendresse, ce qui est déjà certainement un bienfait.
Mais la Vierge, dans la pensée religieuse, comme dans l'interprétation ([iules grands artistes ont faites de cette pensée, ne représente pas seulement la douceur et la joie tranquille d'une bonne mère qui veille sur le sommeil de son bébé, le dorlote avec un amour un peu animal, lui tend quelque raisin ou quelque objet d'amusement. Elle représente aussi d'autres grandes choses : le principe