‹ Histoire populaire de la peintureChapitre 71 sur 119 · S A L V I AT 1 . — H A !' T Ê M E DE · texte numérisé non relu

S A L V I AT 1 . — H A !' T Ê M E DE

intéressants, ceux de Raphaël présentent un spectacle encore bien plus lamentable : il u'v a pas, parmi eux, un Pontormo ou un Bronzino, el le nom du plus productif d'entre eux, Jules Romain, représente uniquement des forces dépensées dans le vide, et un ensemble d'œuvres considérable non moins que rebutant ri oiseux. Raphaël dans ses dernières œuvres, sauf les païennes, semblait s'en gager dans une voie stérile, c'est la seule qu'ait suivie Jules Romain apr< - mort, sauf dans la Farnésine, et ce n'est qu'à ce point de vue qu'il peut être

considéré comme son héritier, l'oses théâtrales, expressions conventionnelles, dessin pséudo'-grandiosé et réellement mort, couleur non moins morte avec sou aspect noirâtre, tout contribue à donner à cet art un air de certitude, de coin-

GIORGIO VASAIU. — LA SALUTATION AMUKLIyUB.

mande et d'ennui. Giulio Pippi de' Gianuzzi, il il Giulio Romano I i!»2-l.'> ii> étail entré de bonne heure à l'atelier de Raphaël. Quelques services qu'il ait pu rendre au maître et quelque active qu'ait été sa collaboration, nous avons vu qu'on pouvait le rendre responsable de ce que certaines œuvres de Raphaël qu'il

DANIELE DA VOLTERHA. — I. \ DESCI iTl DE CROIX.

avait préparées présentent de faux et de forci'' (figures dans la Transfiguration, partie dans VHéliodore, etc.). Il acheva avec un autre élève, Francesco Penni, les fresques de la salle de Constantin, au Vatican; puis il partit pour Mantoue où l'appelait la protection du duc Frédéric de Gonzague. La décoration du palais du Té, à Mantoue, fut sa plus importante œuvre personnelle, importante et théâtrale. Nous avons de ses cartons au Louvre, on peut voir sans aller jusqu'à .Mantoue combien cela est fastidieux, exagéré et » fort ». Giulio Homano fit de nombreux élèves, parmi lesquels Benedetto Pagni, Hinaldo de Mantoue, et le Primatice, qui importa en France l'art académique italien, fut le chef de l'école de Fontainebleau et ainsi joua un rôle important dans le mouvement de la Renaissance en France.

Francesco Penni, que nous venons de nommer, dit il Fattore (1496-1536), n'amêmepas de personnalité distincte. Son Couronnement de la Vierge (Vatican) est un pastiche de Raphaël dans sa manière intermédiaire. Il alla transmettre à Naples la doctrine du groupe, comme (iiulio Homano avait été faire école à Mantoue. Un autre artiste qui collabora aux Loges, Polidoro da Caravaggio, alla également à Naples ; apprécié de son temps, nous ne pouvons guère trouver d'intérêt aux œuvres de lui qui ont subsisté.

On remarque, au contraire, avec un talent facile et superficiel, particulièrement appliqué à des ouvrages de décoration et d'ornementation, plus de réelle invention et d'art, chez Perino del Vaga (1499-1547), collaborateur des Loges, et décorateur du palais Doria, à Gènes, puis de nouveau employé à Rome par Paul III; ainsi que chez son élève Luca Cambasiô ; et. surtout chez Giovanni da Idine (1487-1564). Giovanni da Udine a même été l'exécutant principal de toute la partie ornementale des œuvres de Raphaël, bordures, grotesques, accessoires. Giovanni da Udine, qui a également produit de jolis cartons de tapisserie, eut. après lamorl de Raphaël une existence voyageuse. (In trouve de ses œuvres à Florence, à Idine, à Venise, et elles sont généralement d'invention spirituelle, légère et variée. Enfin nous citerons encore dans le mouvement raphaëlesque Bartolommeo Ramenghi da Bagnacavallo I 184-1542 , d'abord élève de Francià à Bologne, puis collaborateur de Raphaël, et auteur du curieux et animé tableau de la C irconcision, du Louvre; Girolamo Genga (d'Urbino, 1476-1551), plus distingué comme architecte que comme peintre.

Mais, comme nous l'avons dit, c'était tout à faiten dehors de l'orbitede Michel- \n-e el de Raphaël, qu'il fallait désormais, en Italie, chercher les artistes vraiment importants qui retardèrent la décadence, ou tout au moins semblèrent la relarder, à force de talent personnel, île dons particuliers, de charme ne devant pour ainsi dire rien à quelque école, nu tributaires seulement de Léonard et de ses enseignements en matière de modelé, enseignements fructueux et auxquels d'ailleurs personne ne pouvait se soustraire.

ÉCOLE ITALIENNE

Les deux hommes les plus importants dans cet ordre d'idées, en dehors de Venise, sont Andréa del Sarlo à Florence, et lé Corrège à Parme. Ce sont des artistes séduisants entre tous, et c'est grâce à eux que toute une partie

considérable de l'école italienne ne finit pas brusquement dans la plus lrist< déchéance.

Andréa del Sarto nous charme parce qu'il n'a aucun des défauts des peintres

de son temps et qu'il possède, au contraire, le meilleur de leurs qualités. Au moment où tous sont fascinés par l'exemple de Michel-Ange et de Raphaël et pour faire grand forcent leur talent et tombent dans l'enflure, il ne cherche qu'à peindre comme il sent, d'une manière souple et élégante. Tout en mettant un grand soin dans ses œuvres, il y met aussi un grand abandon, et tout en brisant avec une très naturelle désinvolture, les cadres, les dispositions adoptées par les maîtres du \\ siècle, il demeure très rapproché d'eux par l'esprit. C'est, en un mot, uu peintre très moderne, ayant toute la fraîcheur, toute la vivacité d'un Primitif.

On aimerait à savoir absolument authentiqué le trait que raconte de lui

LE ROSSO. — MISE AU TûlIllEAl'.

Vasari, relativement à ses débuts. Andréa d'Agnolo di Francesco di Luca (et non Vanucchi, comme on l'a appelé longtemps) était né en i486. 11 avait encore, comme les artistes du xve siècle, fait un premier apprentissage chez un orfèvre, puis ('lait entré à l'atelier de Piero di Cosimo. On n'estpas surpris de savoir qu'il ii eu pour[maître cet artiste ingénieux, spirituel et parfois négligé, qui a des côtés m modernes. Mais son véritable maître est évidemment le maître volontaire ou non. conscient ou non, de tous les peintres d'alors, Léonard. Andréa del Sarto s'appropria, sans l'imiter littéralement, tout ce qu'il était possible de s'assimiler de -mi modelé sans forcer son propre tempérament vif et facile. Ainsi avaient fait plus d'un peintre avec plus ou moins de bonheur, et notamment Fra Bartolommeo, qui n'est pas non plus sans avoir exercé une influence mit Andréa del Sarto, mais plutôt comme intermédiaire entre Léonard et lui. Mais voici le trait dont nous voulions parler : Andréa del Sarto aurait fait dans sa jeunesse un court voyagea Rome, et là. abasourdi par l'immense étalage de l'antiquité, et aussi par

ÉCOLE ITALIENNE

l'aplomb, L'infatualion encombrante <lcs élèves île Raphaël qui littéralement l'ébouriffèrent (le mot est moderne, mais il rend bien la situation , il sérail vite

rentré à Florence, sentant nue jamais il ne pourrait rivaliser avec des gens aussi forts. On s'imagine en effet difficilement une sympathie possible entre deux hommes comme Andréa del Sarto et Jules Romain, par exemple.

Le fait est du moins infiniment vraisemblable cl répond à l'idée que nous pouvons nous faire de l'homme et de l'artiste, un impressionnable, ne pouvant s'élever au-dessus de son tempérament, ni par calcul, ni par émulation, et n'obéissant qu'aux impulsions de sa nature.

C'est pour cela aussi que, quel que soit le cadre qui lui soit fourni, il demeure toujours identique à lui-même, et ne force le ton, ni ne le baisse, qu'il s'agisse de toute une série degrandes fresques, d'un tableau de chevalet, d'un portrait, ou même d'un simple croquis. Ce sont là, n'est-il pas vrai, des qualités particulièrement rares et précieuses, quand le tempérament est distingué. Avec cetle vivacité cl cette bonne grâce, Andréa del Sarto s'attaque pour ses débuts à une

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