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Alexandre III sur Frédéric Barberousse : enfin au Campo Santo de Pise, l'Histoire de saint Éphèse et dp saint Potin. La Vie de saint Benoit est une œuvre très importante dans l'art du \iv" siècle. Ce sont des peintures très pures, très ascétiques, très monacales; la variété des paysages, la vivacité et le naturel des compositions qui s'y déroulent en sont les principales qualités, el si dans les gestes, ainsi que dans le type et l'expression des visages, il se trouve une incontestable préoccupation de Giotto, il s'y rencontre aussi souvent une grandeur digne du maître. D'aileurs Spinello était au point de vue de la conception un fougueux et passionné' tempérament et cette fougue s'est donné' carrière il an s les fresques du Campo Santo de Pise, entre autres dans la grande Bataille.
Le fils de Spinello, et certains de ses collaborateurs, comme Niccolo di Pietro Gerini, el le fils de celui-ci. Lorenzo di Niccolo, sont parmi les peintres qui, ainsi ipie nous venons de le dire, prolongèrenl la formule en l'affaiblissant. Enfin,
-l't HISTOIRE POPULAIRE DE LA PEINTURE.
une place à part doit être assignée à d'autres « retardataires», mais vraiment intéressants et séduisants, la famille des Bicci : Lorenzo di Bicci, Bicci di Lorenzo (1373-1452) et Neri di Bicci (1491). En plein xv" siècle, ce dernier encore demeure attaché aux formules giottcsques, pour ne pas dire même cimabuesques, mais cet archaïsanl convaincu a produit parfois de charmantes pages, telle la délicieuse Annonciation de l'Académie des Beaux-Arts à Florence. Mais avec lesderniers maîtres que nous venons de nommer nous avons dépassé la grande époque du xiv° siècle ; nous n'avons pas pourtant atteinl le renouveau qui va briller au suivant. Avant toutefois d'en finir avec les grands peintres du xive siècle à Florence et à Pise, nous devons parler de l'école de Sienne, car celle-ci à un certain moment a de telles ramifications avec celle de Florence, que l'on ne saurait les séparer, et que, sans étudier les Siennois, on ne pourrait comprendre dans leur nature et dans leur origine certains grands florentins, Orcagna tout le premier, et plus lard Fra Angelico.
Sienne ne devait pas aller aussi loin dans l'éclat et dans la puissance qu'alla sa rivale, mais l'ayant sinon devancée, du moins accompagnée lors de la renaissance de la peinture au xnT siècle, elle garda toujours une note à part, qui fut de charme et de rêve. En face de Florence portée au réalisme, à la netteté, à la précision absolue, elle demeure au contraire, plus mystique et plus flottante. Mais ce carac.Lère de douceur souriante, qui n'est pas non plus exempte de grandeur, lui constitue une originalité véritable; et comme corollaire de ces qualités toutes spéciales, viennent l'éclat, le chatoiement de la couleur, sensiblement plus fleurie et plus claire, ("les dons brillèrent surtout chez certains madrés tels que Simone di Martino, Lippo Memmi, les Lorenzetli, Taddeo di Bartolo, etc., et ces maîtres ne furent pas sans communiquer avec leurs rivaux de Florence et sans exercer une action sur eux. Allie/ la douce majesté des créations de Lippo Memmi avec la sévère composition florentine et vous avez Orcagna. De même que plus lard, Fra Angelico offrira la parfaite harmonie entre la sua-\ilé siennoise et la grandeur du dessin de Florence.
Simone di Martino (1285-1344) n'a pas seulement illustré sa ville natale, mais encore Orvieto où il a exécuté une Vierge et des Saints dans la cathédrale, Naples, Assise (Vie de saint Martin), Florence (salle capitulaire de San Spirito) Avignon enfin, où il alla retrouver son ami Pétrarque et mourir, après avoir décoré la chapelle du palais des Papes. 11 ne reste plus que des fragments de cette dernière œuvre, d'un grand style. Il faut encore citer à Sienne, dans le Palais public, une Vierge très belle, et le Portrait équestre de Guidoriccio de Fogliani, et au musée des Offices à Florence, une toute délicate Annonciation, bien dignement célèbre pour la fraîcheur du coloris, la grâce jeune el pudique du geste, vrai chef-d'œuvre, qui donne à la fois toute l'expression de la beauté siennoise et celle du talent riche et ému de Simone.
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Son beau-frère Lippo Memmi fut son collaborateur assidu h signa un grand nombre d'œuvres avec lui. Peu d'œuvres exclusivement de sa main nous sonl parvenues, mais il en est une \ raimenl extraordinaire, c'est la fresque qui décore la grande salle du Palais public à San Gemignano, et représentant, sous forme d'une rangée de saints personnages auréolés el d'anges admirables, une Allégorie de la Majesté. Rien ne peut donner à ceux qui n'ont pas vu cette page, l'idée de sa beauté et de sa « majesté » que l'artiste a si bien su rendre inhérente au sujet même. Ces figures notablement plus grandes que nature et relevées d'or, s'enlèvent sur un fond bleu; les anges ont cette douceur siennoise que l'école a su mettredans les yeux si bien fendus, si purs, et dans les bouches si fermes, el dans l'ovale si noble des visages ; les saints ont également cette gravité, cette austérité grisonnante, ridée, et pourtant si pleine de force, que les Siennois également ont donnée en propre à ces personnages grandioses. Pourquoi l'œuvre de Lippo Memmi n'est-elle pas célèbre entre toutes, pourquoi ne s'impose-t-on pas comme un devoir d'aller la visiter quand on va en Italie, et pourquoi au contraire si peu de voyageurs la voient-ils. si peu d'écrivains en ont-ils parlé avec enthousiasme même parmi ceux, nombreux pourtant aujourd'hui, qui commencent à célébrer San Gemignano? .Mais qui saurait dire la raison d'être de la célébrité de telles œuvres et du peu de renom de telles autres?
Après ces deux maîtres, les frères Lorenzetti n'accomplirent pas une carrière moins glorieuse pour Sienne. Pietro Lorenzetti (morl en 1350 est l'auteur de la fresque du Campo Santo de Pise,qui demeure originale et saisissante entre tant de grandes et saisissantes pages : les Pères du Désert, et l'artiste a retracé avec la plus savante variété, mais la plus grande ingénuité de sentiment, les ermites se livrant à maint exercice de prière, de mortification, de vie rustique parmi les accidents admirablement groupés, admirablement observés d'un vaste paysage. En présence d'une telle composition on voit combien c'est folie de croire que notre temps a rien inventé dans l'observation et la peinture delà nature, du paysage pur. Au contraire, en sacrifiant au paysage pur, inhabité pour ainsi dire, notre temps en a fait une abstraction, tout en prêtant au soupçon d'impuissance à le peupler comme la vie et le rêve l'exigent. Mais ce -nul là des discussions que l'on trouvera peut-être étrangères à notre sujet, quoiqu'il soif bien difficile de n'avoir pas cette idée lorsqu'on regarde la fresque de Lorenzetti.
Son frère Ambrogio a montré un tempérament non moins ingénieux, non moins puissant, et encore plus imaginatif. 11 se complaît dans l'allégorie, mais
une allégorie où la fantaisie parfois étrange et compliquée est touj 'S présentée
avec une belle fermeté de dessin: ce qui reste des allégories dont il décora la salle du conseil au Palais public de Sienne montre celle alliance de subtilité dans la conception, d'apparent manque d'équilibre dans la composition, mais d'observation et de séduction extrêmes dans les figures prises isolément.
Le génie siennois a ses côtés magistraux et systématiques en même temps avec- îles maîtres tels que Simone di Martino et les Lorenzetti ; il a aussi sescôtés vraiment ingénus et naïfs avec des peintres instinctifs tels que Barna, qui couvrit les murailles de la collégiale de San Gemignano de scènes de la Passion qui paraissent une œuvrepresque rustique, mais qui abonde en inspirations sublimes comme celles des êtres vraiment simples et vraiment inspirés.
En passant nous pourrons encore mentionner les peintres siennois Andréa Vanni, Bartolo di .Maestro Freddi (1330-1410) et surtout Taddeo <li Bartolo qui est une des plus importantes et une des dernières grandes figures de l'école siennoise déjà trahissant des signes d'épuisement. Taddeo di Bartolo (1363-1 Ï22) a le sens de la grandeur non moins prononcé que les maîtres précédemment cités. 11 a surtout laissé à Sienne des œuvres importantes, mais il a cependant beaucoup voyagé et travaillé à Gènes, à Pise, à San Gemignano. à Volterra, à Pérouse. Les épisodesde la Vie de la Vierge dans la chapelle du conseil, au Palais public de Sienne montrent le mieux l'ampleur et la spontanéité de son talent.
Taddeo di Bartolo était un des derniers grands siennois du xn" siècle. Il ne reste plus à citer, avant de passer aux grandioses poèmes de TOrcagna et des peintres du Campo Santo, que quelques noms do peintres qui de près ou de loin ont subi l'influence de Giotto dans les diverses autres régions de l'Italie, et nous en aurons fini avec celte admirable époque que l'on voudrait étudier avec bien plus de détails. Mans l'Ombrie, ce sont Guido Palmerucci, de Gubbio, Algretto Nuzi, de Fabriano. A Borne, l'on sait qu'il y eut une certaine activité déployée par Stefanone, Colantonio del Fiore, Francesco di Simone, etc. A Bologne, ce sont Franco Bolognese, puis plus lard Simone de Crocefissi, Jacopo degli Âvanzi, Lippo Dalmasio. A Modène enfin, Tommaso da Mutina, et Barnaba • la Mutina. Jacopo degli Avanzi est l'auteur d'admirables fresques, à la bus savantes et naïves, décorant la chapelle de San Giorgio, à Padoue, et représentant la Légende de sainte Lucie, et des Scènes du Nouveau Testament. A Padoue ei à Vérone l'influence de Giotto se fit particulièrement sentir, et l'on comprend qu'à Padoue particulièrement l'exemple permanent de la Madonna dell'Arena ait stimulé les maîtres fixés dans cette ville; les deux principaux sont Altichiero da Zevio et Jacopo d'Avanzo, qui ont laissé en collaboration dans la chapelle San Felice à la cathédrale, el dans l'oratoire San Giorgio, de très belles fresques. Nous laissons de côté dans ces rapides énuniérations quantité d'oeuvres du plus lin u I intérêt, quantité de noms d'artistes qui auraient droil à un examen, à des méditations, à des questions posées cl qui peut-être donneraienl de bien intéressantes réponses; mais celle seule époque est tellement touffue, el pourtant il nous reste encore I an I de grandes choses à voir, que nous devons nous résoudre aux plus coûteux sacrifices.
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avons pu, nous insisterons aussi énergiquemenl que possible sur l'importance capitale, non seulement dans l'histoire de la peinture italienne, mais encore