LOBENZO LOTTO. — SAINT JEROME
il répond pour nous à nos propres objections, comme nous-mêmes le pourrions faire, — il oppose au bon sens le plaisir, et la réponse, en matière artistique, est d'une bien grande force. Dans sa défense il règne un singulier mélange de naïveté et d'ironie. Il est certain qu'il y a naïveté en l'occasion, à avouer qu'il ne se rappelle plus trop bien comment il a traité le sujet, depuis le temps... Mais ce n'est pas un homme complètement ingénu qui invoque « les licences que prennent les peintres, les poètes cl les fous », et de plus il y a vraiment de la malice dans celte façon de prendre l'affaire.
« Quand il me reste un peu de place, je remplis avec quelques ligures d'invention. — Comment! se récrie l'inquisiteur, mais c'est plein de bouffons, de reîtres, de valets importuns ! — Ali I mais c'est que je vais vous dire : il me
ECOLE ITALIENNE
restait beaucoup de place. » C'est de la meilleure el de la plus discrète comédie.
Toutefois le Véronèse n'étail en aucune façon un lettré; bien différent en
cela de Ions les maîtres du \\' siècle, il appartient aux nouvelles générations
qui se soucient de peindre sans méditer et sans aller au fond des choses. C'est
de la meilleure et de la pins ignorante foi du i ide qu'il a bien pu mettre un
écuyer tranchant et des valets allemands chez Simon, puisqu' « on lui a dit que ce Simon était un homme riche ... Enfin, le fait vraiment important an point de vue