‹ Histoire populaire de la peintureChapitre 98 sur 119 · LÙRENZO LOTTO. — SAINTE VIERGE KT JESUS, SAINTE CATHERINE II JACOU · texte numérisé non relu

LÙRENZO LOTTO. — SAINTE VIERGE KT JESUS, SAINTE CATHERINE II JACOU

purement pictural, c'est celle nette déclaration que le peintre, du moment qu'il peint bien, peu! mettre ce qui lui plaît, pourvu qu'il satisfasse sa passion de belles lignes et de belles couleurs, s'organisanl à merveille pour le plaisir des yeux.

Nous ne vomirions pas l'aire porter sur cet interrogatoire toute notre rapide étude du Véronèse. .Mais le moyen de ne pas retourner ces idées sous leuis divers aspect-, puisque c'est là le fond même de la question? Tenter une description des Noces de Cana serait-il plus utile? Pour nous, au temps présent, où des millions el des millions d'êtres ont passé devant ce tableau el } ont pris

plaisir, une telle lâche serai! aussi futile que présomptueuse. Dire que c'est admirablement peint, qui ne le voit ? Les Noces de ('ami sonl le plus beau tableau du Véronèse et par conséquent un des plus beaux tableaux du inonde; et le Louvre est certainement un des mieux partagés de tous 1rs nausées, puisqù'à côté de cet immense poème, de cette immense folie si l'on veut, puisque le Véronèse se comparait lui-même à un poêle et à un fou, nous possédons certains petits tableaux précieux, comme on en rencontre peu dans le» galeries : par exemple la Finie de Loth, d'une incomparable couleur et d'un dessin si merveilleusement fort et souple avec ces trois anges admirables, ou bien encore la petite Sainte Famille d'un luxe extraordinaire, enfin le Calvaire qui est un des rares tableaux où le peintre ait eu véritablement l'émotion du grand drame dans sa plus poignante simplicité et un des seuls où il émeuve profondément le spectateur. Ce Calcaire, c'est un joyau sans pareil, avec ses étoffes au ton strident sur le ciel si triste, avec cet étonnant paysage de ville au loin, et toute la coupe même du tableau, jeté sur le côté. Dans ce petit tableau si sobre et d'un si ferme et si grand dessin, l'exécution est d'une finesse incomparable. Aussi un tel tableau racbèterait-il, devant des inquisiteurs même plus rigoureux que ceux de Venise, bien des torts, à supposer que ce soit un tort d'être né un des peintres les plus merveilleusement organises que la terre ait jamais portés et d'avoir obéi à cette organisation en toute franchise, en tout entrain, en toute joie. I u peintre de la joie, et des plus riches, des plus spirituels, des plus éblouissants, voilà ce qu'est le Véronèse, et on peut l'excuser de n'être que cela ! .Nous n'entreprendrons pas plus de description de ses autres plus belles œuvres que nous ne l'avons fait des Noces. Quel que soit le thème, nous verrions toujours de magnifiques costumeries, des palais, Ar< allées et venues de personnages admirablement à leur action s'ils ne sont pas à celle du sujet, e| puis des étoiles et quelles étoffes! et des chairs, et des chevelures, et des instruments, des chiens, des enfants, des bouffons, des « niaiseries „ peintes à faire en tout temps se prosterner tout peintre et tout homme qui aime la belle peinture. Au Palais ducal et à l'Académie des Beaux-Arts, le Véronèse vous accable, pour ne pas dire étourdit : on demande grâce. Au musée Brera, où déjà il est plus loin de son milieu, il apparaît tout à l'ait splendi'de, dans des tableaux tels que le Repas chez le Pharisien et que les quatre glands tableaux de saints d'une puissance et d'une grandeur de tournure peu fréquentes «liez lui-même. El plus on s'éloigne de Venise, plu- le Véronèse vous semble extraordinaire : plus on monte vers le Nord, plus il brille, chatoie, plus il semble rare, plus la l'été qu'il donne est appréciée. Nous ne chercherons pas à expliquer le phénomène, mais nous tenons à le signaler : il n'en faut pour preuve que l'impression produite sur ceux même qui l'ont vu à Venise, à Milan, à Florence, à Vérone, et dans les villas des environs de la Vénétie, par des toiles telles que le Darius aux pieds d'Alexandre

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à la National Gallery, l'Adoration des Mages au musée de Dresde, el

POBDENOK K.

AINT LAURENT GIUST1NIANI, SAINT I E A N-B A PT1 ST E, -VINT IUGUSTIN E T SAINT FRANÇOIS.

tant d'autres tableaux à .Munich, à Berlin, ù Vienne, à Saint-Pétersbourfî.

L'œuvre du Veronèse fût-elle réduite aux Noces de Cana et à notre petit Calvaire, le peintre demeurerait tout entier pour la plus grande joie du monde. Mais n'est-ce pas un fort surprenant et beau spectacle que cette diffusion de sa richesse à travers toute l'Europe? Velazquez avait acheté pour Philippe IV de beaux tableaux du Yéronèse. Mais ce n'esl pas à Madrid qu'il éblouit le plus,

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