SIMON VOLET. — LA VIERGE AC BAMEAC
Italie, Virginia da Yezzo, qui pratique elle-même la peinture, il fait à Paris grande figure.
Louis XIII se pique de peinture, et il commet quelques royaux pastels
SOUS la dirccliou de Nniicl (jui n'a garde de le détourner de sa vocation. Les commandes abondent, et Yoiiet n'en refuse aucune, secondé qu'il est par les élèves qu'il a rameiu's d'iLilie, Jacques Lhomme de Troyes, et Jean-Bapliste Mola. Bien (|U(' heaucouji dr vastes machines qu'il exécuta ou fit exécuter aient été détruites il eu rcslr encore assez dans nos églises et nos musées, à Saint-Eusiache, Saint-.Meri-i, Saint-Nicolas-des-Clinmps, etc., et au Louvre, pour pouvoir juger de sa manière large, lisse et froide, de sa couleur éclatante et sans vérilalile dislinclion. La C/iarité, un portrait de Louis Xlll avec des ligures allégoriciues, et mw Suzanne (W la C(dlecli(iH Lacaze, sont parmi les meilleures pages de ^'(>ueL On ne peut poini dire (pu? ce soit un grand artiste, ni même peut-être un verilalde artiste, car sou invention est banale, et sa couleur est plus brutale (pu' forte, mais ses œuvres ne font encore pas trop mauvaise ligure au Louvre : elles se sauvent par la tenue.
Quoi qu'il en soit il faut lenir compte d'un ])eiutre qui eul pour élèves Le Brun, Mignard et Le Sueur; puis parmi ses autres et nombreux disciples, Aubin et Claude Vouel, ses deux frères; Tortebat et Michel Dorigny, ses deux gendres, François Perrier, Michel Corneille, Louis Testelin, et bien d'autres encore, dont le nom pent êlre passé sous silence, pour ne point surcharger notre précis de nomenclatures peu instructives. Mais comment ne pas rappeler en passant qu'un des élèves de Vouet fut Le .\(Mre, le célèbre archiiecle es jardins, et que ce b(d ai'lisie puisa à l'école de ^'ouet la science du dessin aisé et précis, des ordonnances larges et claires.
Nous reviendrons, s'il le faut, sur divers peintres qui gravitent plus ou moins autour de Vouel, mais nous avons hâte d'arriver au plus grand artiste du xvif siècle, et à un des plus gi'ands non seulement de l'art français, mais de toutes les écoles.
Nicolas Poussin est un des nobles génies de l'humanité.
Les peintres ne sont pas toujours excellents juges en peinture, mais, en ce (pii concerne Poussin, ceux (pii ont le (aient d'écrire ont généralement parlé de lui en termes remarquables. Eugène Delacroix, outre l'étude qu'il a spécialement consacrée à Poussin, parle fréquemment de lui dans son Journal, et, à côté de reslriclions inlu'rentes à ses propres (héories sur l'ai'l, li'oiive pour le louer des considéralions fort élevées.
Après avoir dit, par exemple, qu'au xv' et au xvi' siècle la peinture est surtout un métier (il aurait été bon pourtant de remarciuer que cette pratique parfaite s'était malheureusement perdue), Delacroix ajoute : « C'est une gloire pour les deux grands peinires français. Poussin et Le Sueur, d'avoir cherché, avec succès, à sortir de celle banalilé. Sous ce rapport, non seulement ils rappellent la naïveté des écoles priniilives de Flandre et d'ilalie, chez lesquelles la franchise ■de l'expression n'est gàléc par aucune habitude d'exécution, mais encore ils ont
ouvert dans l'avenir une carrière toute nouvelle. Bien qu'ils aient été suivis imniédialemcnt par des écoles de décadence, chez lesquelles l'empire de l'habitude, celle surtout d'aller étudier en Italie les maîtres contemporains, ne tarda pas à arrêter cet élan vers l'étude du vrai, ces deux grands maîtres préparent les voies aux écoles modernes, qui ont rompu avec la convention, et cherché, à la
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