‹ Histoire populaire de la peinture: école françaiseChapitre 2 sur 51 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

(réncrgii', de souplesse, ou les dél'uuts, mollesse, raideur, etc. .Même aux époques où des canons immuables réglaient l'exécution des œuvres de peinture ou de sculpture, l'homme ne pouvait complètement faire abstraction de sa personnalité, de son tempérament propre. Si cela n'est pas tout à fait aisé en pratique, il n'est aucunement paradoxal de soutenir qu'en théorie, on pourrait, même dans un art anonyme et codifié, avec une élude spéciale, arriver à reconnaître la inarque de tel ou lel maître que l'on désignerait arbitrairement, ou tout au moins de (el ou tel atelier.

Or, c'est cette connaissance, et des époques et des maîtres, qui permet de jouir beaucoup plus vivement des œuvres d'art. L'anonymat aux âges reculés n'est pas une objcclion, puisqu'il arrive, par exemple, que certains artistes, très caractérisés, mais dont le nom demeurera vraisemblablement inconnu à jamais, sont dans les histoires et les catalogues désignés par leur monogramme, ou à défaut même de ce signe énigmatique, par leur œuvre la plus marquée. (On dit par exemple, dans l'école allemande : le Maître de la Mort de Marie.)

Sans doute, il est des artistes, en très petit nombre d'ailleurs, qui semblent échapper à leur propre siècle : on dit de leurs onivres qu'elles « paraissent faites d'hier « ou encore qu'elles sont « absolument modernes », exprimant par là que, bien qu'elles dalent de plusieurs centaines d'années, elles se rapprochent de notre propre conception et vraisemblablement produiront le même effet encore à ceux qui viendront après nous.

Rembrandt est de ce nombre; Léonard de Vinci, lîaphaël, ont produit des œuvres, des portraits entre autres, qui en effet sontet seront toujours « parlants », c'est-à-dire conformes à notre sensation d'aujourd'hui. Dans un domaine moins ambitieux, mais qui a son prix, certaines œuvres modestes peuvent également paraître douées de cet avantage de ne point vieillir; tels certains petits tableaux hollandais ou les toiles exquises de notre grand Chardin.

Mais qu'on y regarde de près : pour être plus larges, en pareil cas, les limites de temps, de race et de personnalité n'en subsistent pas moins. Tout moderne qu'il est, Rembrandt ne l'est pas à la façon de Vinci, ni ces deux maîtres à la façon de Chardin ; et si leurs signatures n'avaient jamais été connues, leurs œuvres n'auraient pas été moins fortement signées pour cela, et se différencieraient entre elles par d'évidents signes de nationalité et d'esprit.

Donc pour biengoùter des œuvres d'art, c'est-à-dire pour bien les connaître, il ne suffit pas de s'en rapporter à sa sensation de regardeur d'images ; le plaisir et le profit sont bien plus grands quand on a les points de repère nécessaires pour suivre leur enfantement. Ce sont ces points de repère, ces lignes générales que nous voudrions mettre à la portée du plus humble lecteur, pourvu qu'il fût doué de bonne volonté et que son goût le portât à aimer l'art. Mais que l'on ne croie pas qu'il suffise d'avoir des yeux pour bien voir, en pareille matière. Tout le

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