C.IIAItl.ES CDYPEL. — ADRIKNNK L ECO II V R F. U P
celli^ (|ui f.iil qu'un peintre vous retient et vous passionne. Il fait de son mieux pour ciiercher le mouvement, mais le plus souvent il ne trouve à l'exprimer que par des lignes tlottantes, contournées, qu'auraient été bien venus à lui reprocher les élèves de David, s'ils n'avaient pas remplacé celte ondoyance, ce vanlootage, comme on a appelé cela, par une i-oideui- tout aussi peu naturelle,
et sans doute moi
ég
ins gracieuse. De nombreuses peintures de Carie Van Loo
sont dans des églises de Paris, à INotre-Dame, à Saint-Sulpice, aux Petits- Pères, etc. La Ha/ te de chasse qu'on voit au Louvre est une composition célèbre et (jui ne manque point d'esprit, de gaieté et de vie. Mais imaginez ce tableau, retouché par Watteau, ou simplement par Pater!... Diderot n'a point tort vraiineul de dire qu'il mau([ue d'esprit. 11 y ii une belle tenue et de l'éclat dans le
grand portrait de Marie Leckzinska, au Louvre ; mais ou est moins disposé à le goûter quand on sait que la tète en fut faite « d'après le pastel de La Tour. pour éviter à la reine la peine de poser ». Marie Leckzinska n'était donc pas dans cette belle robe très bien peinte? Alors ce portrait est une nature morte?
Louis-Micliel Van Loo, neveu de (?.arle, fut surtout portraitiste. Quant à C.harles-Amédée-I'iiilippe, second fils de Jean-Baptiste, ce ne sont point les modèles de tapisserie qui sont au Louvre, deux compositions de la Vie des Sullanes, (jui lui vaudront une grande admiration, car il est [xmi de jx^intures plus flasques.
Autre nom de dynastie célèbre : à Cliarles-Antoine C.ovpcl. lils d'Antoine
J.-K. DE TliOi.
Lt CO.NLLlil.
(1684-1752] nous sommes redevables de bien détestables toiles d'histoire telles que ce Persée délivrant Andromède^ du Louvre, détestables non point tant par la qualité de la peinture que par l'affectation extraordinaire de l'expression. Mais on lui doit aussi de bons portraits tels que celui de l'acteur Jélyotte et celui de l'artiste lui-même ; et enfin une suite de compositions pour les Gobelins, retraçant l'histoire de Don Quichotte avec une verve et une ingéniosité décorative des plus brillantes. Comme on voit, il y a d'avantageuses compensations.
11 n'y en a guère, en revanche, avec de froids et pâles peintres de machines, historiques ou mythologicjues, peu importe, tels que Halle père et
lils (1651-1736 cl ITII-ITSIi ou |,i..n ce Hugues Taravnl (1728-1785) eiieure bien plus insupportable imitateur de Bouclier (|ue Pierre, ce qui nesl pas peu dire. De Durameau, de Vernansal, et d'autres dignes oubliés, il n'y a pas grand'cliose à dire, sinon rjn'ils méritent assez l'oubli.
.lean-François de Troy (1679-1752) est le lils du bon portraitiste dont nous avons parlé. Une grande toile du Louvre, le Premier chapitre de l'ordre du Sainl- Espril, tenu par Henri lY, le montre peintre d'histoire dans le sens strict du mot. On trouvait jadis (pic ce tableau était remarquable de couleur, de dessin, d'exactitude historique; on trouvait aussi, avec une bien grande complaisance que de Troy avait beaucoup étudié Véronèsc et Rubens. h'Évanoumemeul d'Estlier, du nièine peintre, le révèle aussi ampoulé (pi'Antoine Coypel, mais avec une coulcui' luuins brillante. J.-F. de Troy fut directeur de l'Académie de France à Home.
En résunu^, l'on voil rpi'à tous ces beaux noms d'académiciens correspond un ensemble d'u'uvrcs assez peu passionnantes. A mesure que le siècle avance, une évolution se fait qu'il faut au moins constater. Le maniérisme, l'atTectation dans le genre hislori(iue et mythologique vont en croissant jusqu'à Charles Coypel et à \iiii boo : ici c'est le point culminant. Les élèves de Van Loo, tels (|ue LagreiK'c laîiié et Doyen, (rouveni pourlant moyen de le dépasser encore en absence de naturel. Il suffit de voir b- très intolérable Enlèvement d'Eurnpe de Lagrenée (1725-1805) pour voir en quelles guimauves et sucreries s'en va l'école fran(;aisc. Quant à Doyen (1726-1806), il n'est pas moins maniéré que son maître, mais il est |)lus énergique. [Le Miracle des Ardents, église Siiint-ltoch.'l
Mais cela va changer. Aulant on a été loin dans le contouriu', \v fadcniciil gracieux, aulaiil on \a Aouloir réagir dans le simple et dans l'austère. C'est le jeu de bascule. Seub^nent comme cela se passe entre gens sans aucun génie, sans vraie personnaliU'', en somme ce qu'on appelle l'École ne fait (pie changer de froideur; c'esl (h' bi froideur unie au lieu d'èlrc de la froideur compliquée. On se réclame de l'anliipiilé grecque et romaine, l'oniaine surtout, au lieu de se réclamer de la (b'cadcnce italienne, ou mk^'uic s'il vous plaît, des grands Vénitiens; mais, à loul prendre, ou ressemble aulanl à l'une qu'aux autres. Et les grands arlisles, les vrais, les inventifs, les forts, Watteau, Boucher, Chardin lui-même, (|ni èlaient demeurés à cent pieds au-dessus de toutes ces équi^alentes fadeurs, n'en seront pas moins victimes de la réaction. Avec un manque de discernement absolu, mais bien dans la nature d'un pays qui, dans ses changements, nesaitpas faire la part des choses, ne conserve jamais ce qu'il faudrait conserver quand il est en train de démolir, on conbimlil ces grands artistes avec leur queue.
Le peintre ([ui donnait le signal de cette révolution était Marie-Joseph Vien (1716-1809). Peut-être fut-elle due tout simplement à ce que Vien avait le
toiupéi'uinoiit IVoiil, peu criinaginulioii, (juc li- hasard voulu! qu'un jeune homme impétueux, ambitieux et avide de faire du nouveau, entrât dans son atelier et que ce jeune homme fut David. Lorsqu'on pense que V Ermite endormi, si ridicule de pose avec son violon, son archet, sa hotte de carottes, son ani-
J.-K. DE Tnoy. — PREMIER CHlPITr.E BE l'ORURE DU S.VINT ESPRIT, TE\U PAR HENRI IV.
phore et sa tète de mort, passa pour un chef-d'œuvre, on se sent quel([ue peu porté à ne pas prodiguer cette appellation aux œuvres que l'on voit triompher aussitôt sorties de l'atelier. On prend pour guide ce judicieux aphorisme qu'un beau tableau naît rarement chef-d'œuvre, mais qu'il le devient, tandis que
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Iteaueoup de << clicfs-d a'uvrc » se dépouillent. Quoi qu'il en soit, c'est à Vien ({u'est reconnu l'honneur, ouïe mérite, ou la responsabilité, comme on voudra, d'avoir ranieuc' dans les ateliers l'étude de l'antiquité, comprise de certaine façon. Il arrive alors que des artistes comme les Lagrenée se convertissent aux nouvelles doctrines et leurs œuvres valent alors tout juste autant qu'avant la conversion, peut-être même moins.
Mais nous n'en sommes pas encore à étudier celle résurrection de ranticjue qui sera peut-être jugée par nous comme un embaumement. Nous avons