CHAPITRE III
Le xvi= siècle. — L'abdication de l'oiiginalité. — L'iiilluence élrangère. — Les portraitisles. Les Clouet. — La question des italianisants. — Jean Cousin.
Dès la lin du w" siècle, avons-nous dil, l'art italien avait, par importation, exercé sou influence en France, et non point seulement par les idées et les j^oùts que nos propres artistes rapportaient de leurs voyages, mais encore par les œuvres que les artistes italiens venaient exécuter pour le compte de {grands personnages et les leçons qu'ils pouvaient donner.
Les princes de la maison de Bourbon, entre autres, avaient fait venir à leur cour divers artistes italiens, et le plus célèbre d'entre ceux-ci Benedetto Gliirlandajo. De même, ce furent des artistes italiens qui exécutèrent la décoration très importante de la cathédrale d'.Vlbi, sous l'arcliiépiscopat de Louis d'.\mboisc, ainsi que les décorations du chœur de Saint-Sernin de Toulouse, etc. Enlin, on pourrait mentionner, dans les premières années du xvi" siècle la présence de maîtres ultramontains, Andréa Solario, par exemple, appelé par Charles d'Amboise ])Our décorer la chapelle de Gaillon (1307). Mais les étrangers ne sont pas assez nombreux encore pour constituer vraiment une école et créer dans le pays un mouvement subitement révolutionnaire. Ce n'est que sous le règne de François P' que commence vraiment dans toute son ampleur, la Uenaissance italienne en France; ce n'est qu'alors que l'italianisme envahit tout et fascine jusqu'aux plus grands artistes. Sans doute ils n'abdiquent pas complètement leur personnalité. Chez certains d'entre eux elle est trop élégante, trop fière pour disparaître absolument. De plus, les qualités propres d'une race ne peuvent, quelles que soient les modes, et si puissants que soient les engouements, et les procédés même d'éducation, être complètement annihilées. On peut dire que si les plus grands artistes de la Benaissance s'appliquèrent à parler italien, l'accent français ne put jamais les abandonner tout à fait.
Il nous sera d'ailleurs permis de réserver nos prédilections pour ceux qui, par
don do nature ou par parti pris, drmeurèrent complètement à l'écart de cet impérieux courant. Us sont dailleurs bien rares.
C'estdans le portrait que le tempérament françaispersista dans toute sa pureté ;