‹ Histoire populaire de la Pologne Carte de PologneChapitre 14 sur 41 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Deux nouvelMs campagnes conln^ le i7ar dp Mi>^kovie. — Intervention du pape Grégoire XIll; le père jrsuile AhIkiih' P<Hsevin. — ^^gùeiîitions diplomalico-religieuses. — La paix de Khiverova-Gork.i. — Prr[iaratiis du roi pouT U ^uulrième campagne eantre Mu^kou. Mor( du roi Ëtioime.

À k lettre d« Bumifeate de Batory, la Pologne et sa brave armée furent électriséea ; de son eftté, toute l'Europe eîvitiiiée

attendait avec im[>atience les résultats de cette expédition. On coiiiiiienra par le siéi?e de Polotsk, qui fut reprise le 19 août 4579. Sokol. Tuioula, Susza, châteaux fortifiés, eurent le même aort, et rentrèrent dans la possession légitime des Polonais.

A la suite de tant de \ i('l()ire>, le roi donna à Dziâna, à Go- Ihard, riavestlture du ductié de Kourlande, envoya so& troupes en quartiers 4'bivor, revint à Wiioo, ou il fut reçu aa trlompbe; làf il convoqua, pour le 23 novembre» une diète pour aviser aux moyens de prolonger la guerre.

La seconde campagne commença par la réunion des troupes polono-Ktvaniennes à Gzaszniki sur l'Ula en juin 4580. Partout où le roi apparut il fut victorieux, les Moskovites furent battus, et les villes de Wieliz, l'swiaia, Newel, Zawolocz, Jezierzyszcze, Porchow, Opuka, Staroduijow , furent reconquises. Lorsque le roi se trouva au sièije de Wielkie-Luki, le grand-dur Yvan expédia en toute haie deux plénipotentiaires d'un haut rani:, ^tzkoï et PiroÛ, pour obtenir des négociations^ L'historiographe moskovite Karamiine dit à c^ sujet : « Les envoyés d'Yvaa, en se rendant au camp des Polonais, furent obligés d'entamer (fbamiliantes négociations. Le roi Ëtienne les reçut dans sa tente d^n air plein de hauteur. H resta assis et couvert lorsqu'ils le saluèrent au non du tzar, et ne daigna pas leur adresser une seule parole de bienveillance. Ils exigeaient d'abord que le rm levât le siè£;e de Wielkie-Luki, lorsqu'ils furent interrompus tout à coup par une salve d'artillerie polonaise; ils montrèrent alors plus de coudcsceudance. C'était, disaient-ih», pour k pre-

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luère fois leur maître entamait des négociations a^ec la Pologne hors de Ifoekou. Us consentaient^ en son nom, k concéder le titre de frère à Êtîense si eelui-«i voulait rendre Polotsk à

la Russie. Ces propositions ayant été rejetées, ils allèrent même jusqu'à renoncer à cette ville et à offrir la cession de la Kouriandeavec vingt-tiiicUre places de la Livonie; Élienne exitreait, outre la Livonie < ntière, l'abaiidon de Wielkie-Luki, Sniolcnsk, Pskowet Novogro<l. Sitzkoï et Piroffdëclarèrent alors qu'il leur était impossible de faire d'aussi grands sacrifices, et sollicitèrent leur congé ou la permission d'écrire au tzar. On expédia aussitèt an courrier à Moskou, et le^méme jour, ô septembre, le fén ayant pris dans une tour remplie de poudre, Texploeion fit sauter ane partie de la forteresse; la flamme acheva la destruction des nmraiHes, et les Russes tombèrent sous le fer des Po-

Cette nouvelle victoire termina la seconde cainfui.i:iie. Le roi RHiffrant re{)artU pour WarsQvie, et distribua son armée dans li^ quartiers d in ver.

A la diote de Warsovie (février-mars 4581), le roi dit aux représentants delà république : « Hëjouissez-vous du triomphe (le nos armes, mais sachons en profiter. Le destin semble nous livrer tout le tzarat de Moekovie : le courage et respéranee nrènent à la gloire. Youlez-vous suivre un Système de modéntion^ suivez-le, mais sachea qu'avec les Hoskovites la modé» lion et les négociations ne servent à rien 1 Faites au moins la wcenquéte de la Livonie, principal but de cette guerre; réunie à jamais au royaume de Pologne, elle sera [)Our la postérité un glorieux luuiuiiuent de votre \aieur. Jusque-la nous ne devons pas songer à la paix... »

Vvan apprit la chute de Wielkie-Luki dans son repaire fl Alexandrovskaïa, que nos lecteurs connaissent déjà si bien. Tout aussitôt il expédia de nouvelles instructions à ses envoyés Sitzkoï et Piroff". qui suivaient'Élienne d'un lieu à l'autre jus(}tt'à Wanovie. Là ils lui offrirent d'ajouter encore à leurs concessions quelques districts de la Livootai 1^ conjurant d0 suspen- <lre las hostilités et 4'Qnvoyep ses ambafisa<|6urs à Moskou pour ^ter de la paix. Hais le roi leur répondit : « Retournez chez yw : vos négociations n'ont pour but que de gagner du temps; je n'accorderai ni ambassade ni paix, ni trêve jusqu'à ce que 1 armée mosko vite ait évacué toute la Livonie. »

Le tzar, courat'eux avec les esclaves et les désarmés, mais lâche av^ leg homi^es iibreà et leâ glorieux soldais de la Polor-

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gne, adroi^sa une lettre amicale à Étienne : « Il rappelait eeUe ibis son {rèn et le suppliait de ne pas rassembler se» troupes pour rëtë suivant. » Il fit partir sur-Je^amp deux bolirg^ Pouschkine et Pîssenskoff membres de son conseil tagarien, pour trouver le roi de Polopme, avec des Instructions qui leur prescrivaient « la douceur et riiumiliti^ dans les nëg^ociations ; de f^upporter non-soulomont des injures, niais jns(|u'à des voies de fait, des coups de poing et de bàtou, pourvu qu ils obtieoneoi la paix. M

Avec cela Yvan cnnî^entait à conliriner encore à Étienne, la possession perpétuelle de toutes les forteresses coucpiises par les Polonais, ne se réservant que la partie orientale de TEsthonie et de laLivoniOt c'est-à-dire Narva, Bialy-Kamien (Weissenstein) et Dorpet. A ces conditions, il proposait une trêve de sept ans.

Mais le roi des Polonais cennaissait parfaitement la duplicité de la politique des tzars, pour qui rien n'est sacré. La trëponsedu roi aux propositions d'Vvan fut une troisième campagne. 11 congédia les envoyés moskcn ites, il méprisa d'employer les coups de poincf et de hdton, niais il leur remit pour le tzar des livres latin>> allemands el [HiloiiHis. publiés en Allemairne et en Pologne, et ou on prouvait historiqucuient (juc les anciens souverains de Moskovie étaient des vassaux des khans de Tauride (Krtmëe), et non pas "les descendants de César-Auguste 1 Avec oeil Étienne écrivit à Yvan une lett re où on remarquait ces passages: t ... Mais où ètes-vous donc, Dieu du pays des Russes, ainsi que vous vous faites appeler par vos malheureux esclaves? Noos n'avons aperçu encore ni votre personne ni la bannière de la croix dont vous parliez sans cesse, effrayant seulement les Moskovites avec vos crucifix et non i)as les Polonais. S'il est vrai que vous a\ez pitié du sang des chrétiens, je vous offre un combat singulier : dé-^iimez vous-même le temps el le lieu; paraissez-y à cheval, et nous combattrons seuls, aûn que Dieu accorde la victoire au plus juste I... »

On devine que les crimes et la lâcheté reculèrent devant les vertus et la vaillance de Batory.

La troisième campagne s'ouvrit au mois d'août 1584 par la siège de Pskow. Malgré la longueur du siège la ville aurait fiai par succomber, si les inîrigim diplomatiques^ toujours si fatales aux Polonais, n'étaient venues en aide au tzar. Celui-cî, effrayé des succès de ses adversaires, envo^a une aml>assade et del'argent au pape Gré<roire XTIT, pour lui demaïuier sa médiation entre la Moskovie et la Pologne, et dans une note secrète il fit

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entendre qu'il embrasserait le calliolicu^me avec son pays^ si le î>af>p arxsédait à sa demande. Q^^oique ce même papo n'ait obtenu aucun succès à ce sujet en 4î>7o, comme on l'a vu; il saisît cette nouvelle occasion, et expédia le père Antoine Possevin, jésuite, qui était connu par son habileté transcendante.

Lorsque Possevin se piésenla (le\a?if H iioi y, celui-ci lui dit : « Le tTand-fluc de Mosko\ie veut en ini|)Oser au saint-père : à l'aspect de l'orage qui le menace, il estliomme à tout promettre, et la réunion des cultes, et la guerre contre les Turks : quant à moi, il ne me trompera pas. Cependant allez, agissez; seulement je suis convaincu que pour obtenir une paix, honorable et avaiH tageuse, la guerre est indispensable. »

Le roi revint en Litvanie qui réclamait sa présence, et Jean Zamoyski commandait Parmëe victorieuse, lorsque les eonférences diplomatiques , présidées par Possevin et ouvertes le 4 3 décembre 1581, aboutirent le 15 janvier 1582 à une paix signée à Khiverova-Gorka. Si le roi rendit les villes prises dans la province de Pskow, il garda à Jamais Polotsk, Wieliz et Witebsk, ainsi que toute la Livonie, qu'il divisa en trois patatinats de Wenda, Dorpat et Pernau.

Certes, cette paix était bonne, mais elle aurait pu être beaucoup plus avantageuse sans Pintervention étrangère. Quant aux résultats qui en revinrent au Vatican, et lorsque Poseevin voulut rappeler au tzar sa promesse soknneUej de conversion , celui-ci se mit à rire, lui tourna le dos sans rien répondre. Possevin demanda aIor»i au moins Pautorisation d'établir les jésuites en Russie, mais le tzar lui répondit : « Cette demande me paraît inopportune et inutile pour votre com|)ai;nie : d'abord parce que vous ne parviendrez jamais à con\ ertir les Husses à votre reliîïion, et puis, parce qu'il faudrait vini^t jésuites pour tromper ou \ enir à bout d'un seul Russe; ainsi toutes vos peines seraient perdues. »

Cette réponse, qui confirmait malheureusement les prévisions du roi, ne se borna pas à tromper seulement le pape, mais la mauvaise foi moskovite recommença de nouvelles intrigues contre la Pologne, ne voulant pas exécuter fidèlement les clauses du traité; aussi en 4586, pendant que le roi était à Grodno, il envoya une ambassade à Rome, composée d'André Batory, son ïieveu, et de Soiikowski, archevêque de Léopol, pour communiquer au pape Sixte V le projet de faire la ejuerre aux Mo^kovites. L(» pape promit de l'assister. Etienne pour obtenir encore l'assiiutiment des États, tixa pour le mois de décembre l'ouverture

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de la dièto de Vargovio. En attondant, il commença d'un côtëà fiùre des pr^paratife de guerre, et comme de Taulre côté Fariatocratie abusait tous les jours davantage de ses privilèges et tendait à aflUblir l'autorité royale, le roi résohit d'introduire la question de Fhérëdité du tr5ne. La masse de la noMesse, qui avait une grande confiance en Batory, qui trouvait en lui un citoyen roi, un hommo tolérant dans les questions religieuses et un héros de premier (ndre, secondait ses projet?^ 'lans les diëtines réunies déjci dans tous les palatinats^ loi-S(iii'il niDUjMit subitement à (Tro(ino, le ii (lécenil)i 1586, à la suite d un |>oison administré {>ar les influences ()ui partaient de Moskou et de quelques mécontents de 1 intérieur.

Ainsi finit ce grand roi dans sa cinq[uante-quatridsi6 aoBée, après un règne de dix ans, et à l'époque où sa tète et son bras étaient m nécessaires an honbeur de la Fologne I

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