‹ Histoire populaire de la Pologne Carte de PologneChapitre 19 sur 41 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Election de lean-Kasimir. — Guerre contre les Kosaks et les Tatars. ^ Emploi du Ubertm veto pour rompre les diètes. — Invasion des Suédois sous Charles-Gustave. — Invasion des Moskovites. — Invasion des Transylvains. — Victoires de Gzarnieçki, en Pologne et en Danemark. — Discours du roi Jean«Kasimir sur les faturs partages de la Pologne.

Aussitôt que le primat apprit la nouvelle du décès de Wladislas^lV, il iixa au 46 juillet 464S la diète de convocation, et celle*

HISTOIRE DB POLOGNE

Cl indiqua le 6 octobre pour rouvorture dv la dicte (J'olection. Cette fois il n'y avait que trois candidats, maiiila mnjoritc^ jH)rla voix sur Jean-Ka^imir, frère de Wladisbis, qui fut proclamé le ii novembre. Après cela, le nouveau roi quitta Warsovie, se fendit à Krakovie où il fut couronné le 47 janvier 1649. Enfin, au mois de juin, il épousa Mafie-Louise, veuve de son frère.

Dix ans avant cette ëpocpie, Jean-Kasîmir avait été persécuté en France. Au mois de janvier 1638, il quitta Warsovio, alla à Gènes, avec l'intention d'aller en Es[)aij;ne pour rendre visite àPhilij»[)(> IV et revendiquer les sommes napolitann s. (jneNaplcs 'fixait par droit de succession a Caltierine-Jai^eiioûue, aïeuie de K.isimir.

En passant par Marseille, il examinait son port, par un motif desimpie curiosité, lorsqu'il fut arrêté (le 9 mai 1B38,) emprisonné au chîiteau de Sisteron, et puis transporté à Vincennes. Sa captivité dura deux ans. Le roi Louis XIII avait voulu se venger sur le prince polonais de Talliance intime de Wladislas IV avec TAutriche ; à ce grief se joignirent d'injjustes accusations d'espionnai^e [)0ur le compte de l'Espagne, qui était aloi^ , en inierre avec la France.

Ajuvs de longues négociations, Jean-Kasiinir fut rendu à la ihorté (Ml t6i0. En 1()43 il partit pour ritalie, où il entra dans là compagnie (\v< jésuites; puis il (pntta cette compagnie et fut fait canlinal. Eniin il abandonna cette dernière dignité pour prendre la couronne de Pologne.

Les révoltes des Kosaks agitèrent les premières années du règne de .h^an-Kasimir. Malgré les concessions que WladisI a s IV leur avait faites, dans l'intérêt de la paix publique, elles déplument à Taristocratie polonaise. Bogdan Chmielnickl, chef des Kosaks, ne pouvant pas trouver justice au{)rès de quelques seigneurs polonais* et profitant de Tinterrègne, conduisit, dès le mois d'août 1648, les Kosaks au cœur de la Pologne; il y fit main basse sur la noblesse, mais ë|)argna les paysans. Le seplombre il battit les Polonais à Pilawcé, non loin d Olesko. ^'iiis il assiégea Léopol et Zamosg, qui se rachetèrent à prix d or, H enfin il rentra dans l'Ukraine.

Au mois de février 4649, la Pologne ouvrit des négociations avec Bogdan, qui se trouvait alors à Peréaslaw, au delà du f^iéper : mais on ne put rien conclure, car le tzar de iMoskovie intriguait déjà, et poussait Bogdan à une nouvelle révolte contre ies Polonais.

La noblesse sollicitait iean*Kasimir de se mettre à la tète

UiâTOiEE DE POLOGNE

d'une armëe; ce roi voulait ramener par la douceur les Kosaks,

ja<lis si dévoués et si utiles à la Pologne ; mais la noblesse voulut se >t*i \ir <le la force; elle prit les armos, et se (U battre dans la basse WKluiie et sur les bords du BoIk Aj>rès ces défaites, Boiidari cerna I'mI w\ai> a Zbara/, au nord de Tarnopol : il les tint assié,ir(^s durant tout le mois de juillel. Les Rosaks lentereul vingt assauUf et ie^ Polonais liront soiianto-quinzo sorties heureuses.

Il était temps que le roi 6 emparât du commandeinent de Parmëe. Bogdan apprenant la marche du roi v^ au^levant de lui, le trouve à Zborow (entre ^loczovir et Tarnopol}. Le çomhat dura plusieurs jours : mais la victoire abandonna Bogdan, qui s'humilia devant le roi, et signa le 49 août 4649 un traité favorable à la Poloi^ne. D'un autre cùté, ^auus Radziwill batlil les Kusaks à LoVow. sur le Hniéper.

Le traité de paix de Zhorow lit uuirmurer la noblesse, parce (ju il coulenait (]uel<jues conditions équitables aux KosaWs; mais le rui Noulait les ménager, et leur prouver que tôt ou tard ils deviendraient virtiines de là perfidie des tz^de Mos)covie, s'ils avaient le malheur de s'attacher à eux.

Bogdan crut enfin à la sincérité de Jean-|Casimir, mais le clergé ultramontain et Paristocratie, qui avaient de vastes terres en Ukraine, s'opposèrent à Pexécution du traité de Zborow, en disant que ce traité était contraire à leurs intérêts et privilèges particuliers, et d'ailleurs que les Kosaks cachaient des intentions pedides contre la Uépublique.

En conséquence, Bogdan raprii les hostilités; le roi lui-nirino fut oblii!:é de se mettre à la tète d une année. On se rencontra à BfM-rsleczko, sur le Styr (entre Olesko et Luçk); on se battit peiuiant trois jours, les :28, i'ù et 30 juin 4654. Les Kosaks et leurs alliés les ïatars furent complètement défaits. Le roi Jean Kasimir, ainsi que ses lieutenants principaux Etienfie Czaraieçki et Jean Sobiesld s'y couvrirent de gloire. Bogdan se sauva tout honteux.

U ne restait plus qu'à poursuivre l'ennemi, mais les mésintelligences de quelques seigneurs empêchèrent le roi de profiter ultérieurement de ses succès.

Sur d'autres points .lanus Radziwill remporta de nou\eau\ avantages sur les Ko>aks, etles expulsa de Kiiow; puis, àlatèUî de s('>; l)raves cohortes litvano-ruLiiéniennes, il s'unit à Nicolas Poiorki, qui confliiisait les légion« victorieuses de la Pologne. Bçgdan, assiégé àBialaçerkievv, 4ut capituler etdigna, le i^se^

HISTOIRE Dfi POtOGNB

lembre IGol. nne paix désavaritasieuse. iMallioureusement collo paix ne pouvait être de loni^in* cluréo, car la Mnskovie, la Turquie et jusqu'à la Suède, s'unirent pour exciter incessauimeût les Kosaks contre la Pologne.

Ce fut sous de tels auspices que commença l'année 4652, fatale à jamais dans les destinées de la Pologne. Avec cette année arriva Tëpoque désastreuse de la décadence qui amena néces* sdremeiit U chute de ce pays. Alors les moyens gouvemementailx, Tautorité royale, Texécution des lois devinrent impuissants à réprimer les abus de la haute noblesse. Le liherum veto (nie jwzwdhtiii fut mis en viu^ueur. Cette initiative audacieuse avait été employée a la diète de Warsovie. en Kio*?, par Siciuski, nonce dXpitti. ([ui pai sa seule volv empêcha la diète de voter les impôts pour continuer la guerre. Le Liberum veto^ c'est-àdire la filculté de braver la majorité et d'annihiler le bon vouloir de tous par la volonté d'un seul, ouvrit la porte à toutes les calamités, aux malheurs particuliers et généraux, aux guerres civiles, aux conMértttions turbulentes et libertieides. Comme dans tant d'autres choses, dans celle-cî c'est encore la Russie qui suscita, sous main d'abord, l'usage de ce fatal privilège de la prétendue liberté polonaise, et plus tard elle le maintint tout haut, en s'opixi-ant constamment à son al)olition. Lorsque après cent quatante ans de malheurs, la Polu.^ue par\int à abolii* à jauiajs ce libemm veto par la constitution du 3 mai 4791, c'est encore la Russie, furieuse de cette abolition^ qui déchaîna ses

: hordes et anéantit la Pologne!...

Profitant de l'anarchie de 46ëâ, Thimothée Ghmielniçki, hls de fiogdan, envahit la Pologne, et remporta, les ^«■'et 2 juin 465S, une sanglante victoire sur le Boh, à Batog, non loin de Hubnik. Bans le courant de Tannée 4653, le roi lui-même marcha contre les Kosaks et les Tatars; mais en 4654, Bogdan s'alhe imprudemment avec le tzar Alexis Mikaïlovitsch, qui enN ahit

i avec sa soldates(|ue l arbai e le i^raïui-duché de Litvanie, et il

I s'empara de Smoieusk, de Witebsk, de Poiotsk et de Mohiiew

I sur le Dniéjver.

tn attendant, le roi convoquait des diètes qui suei eilaiciit à d'autres diètes sans obtenir de résultat. Voyant que tout lui échappe, il se rend à Grodno; mais tandis qu'il se trouve privé des moyens de repousser les envahissements des Moskovites, il

i voit surgir un nouvel orage qui arrivait dn côté de la Baltique! Le roi de Suède Charles-Gustave, en succédant à la reine Christine, et brûlant d'envîe d'exécuter les plans que la mort

Page 1