‹ Histoire populaire de la Pologne Carte de PologneChapitre 20 sur 41 · IIISTOIHK llh IMH.IKf.NE · texte numérisé non relu

IIISTOIHK llh IMH.IKf.NE

de Guâtave-Adolpiie avait ajournes, conçut le projet d'envahir la Polojjne. II débar«iua au mois de juillet 1655; le 30 août il entra à Warsovie, et le M octobre, maliiré la glorieuse défense (ffirionne Czarniecki, Kanik ishmIuI capitii l(»r.

Siimîltanément les Muskuvàles s einpai t'iit tU' W ilno et do Grodno. A Wilno, ils dressent sous leurs baionuelU^s et leur knout lacté d'élection du tzar au royaume de Pologne et au grand-duché de Litvanie, qu'ils font signer par quelques noble» de cette dernière province. Ët cet acte fut placé dans les archives de Hoskou, comme titre wilable, autkm$iquê et légUme des droits des tzars à ia glorieuse couronne de Pologne

De son côté, (^harles-Ciustave, après avoir quitté Krakovie, alla dans la Prusse-polonai>;e; étant à Kœnigsberi:, il conclut le 17 janvier Ki'Wi, avec le duc de Prusse vassal de la Pologne, un traité contre cet État. Puis il s'entend avec (icori^e Rakoczy, duc de Transylvanie, lui promet la possession d'une partie de la Pologne et des terres nithéniennes, et ce nouvel ennemi pénètre dians le pays à la tête de 50,000 envahisseurs.

Dans ces fatales circonstances, le palatin Étienne Czamleçkî

faisait des prodiges, et tenait en respect tous les ennemis à la fois. Hak(u'/.N bit vaincu par lui, et les Suédois et les Moskosiie» ne purent ti ioniptier de la conâtance, des talents et du courage du héros polonais.

Sur ces entrefaites, le roi de Danemark déclara la guerre à Charles-Gustave, qui dut marcher vers ce pays. Au nord, les Moskovites, profitant de ses embarras, envahirent la Livonie, l'Ingrie, la Karëlie et la Finlande. Le roi de Suède put comprendre alors la faute immense qu'il avait faite en accordant sa confiance au tzar, en en\aliissaiit la Poloirne. qui ne lui avait jamais été hostile. Ce fut à la même épuipie (15 août UV-ui que mourut Boi;(lan (llimielnirki, dévoré de remords de s'être soumis aux Moskovites. ('elle impolil icjne soumission fut une des causes déterminantes de la clmte de la Pologne ; mais les Kosaks expièrent chèrement leur faute quand ils se virent asiservis, dispersés et décimés sous le joug des tzars 1

Le roi de Danemark ne pouvant résister au roi de Suède,

demanda secoui s à la Poloj^ne, à la Prusse et à TAu triche. Jean- Kasimir bit alors ubliiT^' di' conclure avec Fn'slt'i ic-(iui!laumo. dm* de Prusse, le 19 s(»ptembre Ki"»?, le traité de Wehlau, e» vertu du<piel il bil alli anchi de vas>elace à l'égard de la Répubbque, .-^aus cepeuilaut (pu» c(*lle-ci renouvàt au droit de renou-

HISTOIRE DE POLUtiNE

vpl(»r il - liDinmiiLos de prestaliou de serment à chaque élection d un roi de l'uloi'at'.

L Autriclie etia Prusse se disant ostensiblement ennemies de la Suède, mais sc^crèlement dévouées à Charles-Gustave, mirent tant de lenteur à secourir le Danemark, que tout le poids de la défense retomba sur la Pologne. C'est encore à Czamieçki que fut confiée cette expédition | i devait porter si loin la gloire mi* litaire des Polonais.

Le palatin Czarnierki arriva à Schlesvvigle 14 novembre 1658. Los Polonais devaient s'embar(iiier pour l'Alseii et de là pour la Fionie, afin d y attaquer les Suédois, qui assiégeaient Kopenluii^ue. Lo duc de Prusse, qui lut en méaie temps électeur de Brandebourg, agissant luollemiMit, et Czarnieçki voyant la nécessité d'appuyer ses opérations, résolut de franchir le golfe maritime; mais il n'y avait pour cela aucune embarcation. Alors Czarnieçki dit aux hommes qu il commandait : « Polonais, jusqu'ici nous avons franchi les rivières et les fleuves sans ponts ni pontons; aujourd'hui nous allons franchir la mer sans vais* seaux 1 Montrons que le courage surmonte tous les obstacles 1 » Les Suédois, qui ne s'attendaient pas à cette audace surhumaine, so rallièrent du côté opposé du golfe et se mirent à tirer; mais voyant que malgré leur feu les Polonais sortaient de la mer, ils .-enfuirent. Les pri?.uiiniers, tout étourdis de l'attaqiie et de la délaite, disaient : « Les Polonais ne sont pas des ci-('atures humaines, ce sont des diables. Jamais on n'a vu une cavalerie traverser un bras de mer pour aller chercher son ennemi. »

La terreur que Czarnieçki avait jetée dans l'armée suédoise contribua puissamment au succès de l'expédition qui obtint de bons résultats ; malheureusement le chef polonais et son armée furent rappelés en Pologne pour repousser une nouvelle invasion moskovite.

Sur ces entrofaites, Charles-Gustave mourut. Cette mort hâta la conclusion de la paix entre la Suède et la Pologne, qui fut signc'e à Oiissa, près de Danzig, le 3 mai 1660 ; mais Jean-Kasiuiir lut oblige'' de renoncer à ses droits sur la Suède, k Livouie et l'Esthonie.

Avant de suivre Czarnieçki dans ses expéditions en Polo^me, nous nous arrêterons sur les principaux épisodes de sa campagne en Danemark. Nous les puisons dans les Mémoires écrits en polonais par Jean*Chrysotome Passek, acteur et témoin oculaire de cet événement. Passek n'avait point la prétention d'être auteur^ il raconte ses impressions, il fait de l'histoire inlioie. Oflicier

niSiTOIRt; DB POLOGNE

supérieur dans 1 armée de Czarnicçki, il assilo à tous les combats, et il fait l'amour chemin faisant; amoar très-sërieux un jour, et qu'il oublie ou qnll sacHfle après un joyeux souper. Les Mèmoiret de Pamk sont une peinture de Tesprit et des mœurst des Polonais, des Allemands et des Danois au dix-septième siècle. Passek n*omet rien : il donne la description d'une bataille, l'attaque d'un fort et l'aspoct d'un pa}s; il parle de tout à propos de loul et à propos de rien.

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