‹ Histoire populaire de la Pologne Carte de PologneChapitre 24 sur 41 · FRANGE · texte numérisé non relu

FRANGE

LE DOUZB SBPTBXBEE 4G83-iB31.

(f A pareil jour, il y a cent ciuaranto-huit ans, la chrétienté fut sauvée, et sauvée par rhérotque nation qui meurt aujourd'hui pour elle; à pareil jour, la Pologne remporta la victoire de Dieu et de la liberté sur la barbarie et le despotisme; à pareil

jour, il fut sif>:në, sous les murs de Vienne, avec le sanj; des Ottomans, un contrat éternel entre la viclorieuse Pologne et l'Europe sauvée par elle.

» Le 1 1' spf)lc'nil)re OiH3, Sohieski, à la tôle (U' se» Polonais, j dissipa rarniée dos barbares, qui assié};oaient dans Vienne j le chef de Tempire, et devant qui tremblait le monde civilisé ■

» Aucun danger ne les menaçait, ces braves enfants du Christ, j quand sortant de leurs foyers et franchissant leurs frontières^ ils vinrent défendre contre les musulmans TAutriche si souvent perfide envers eux. Mais que leur importait le souvenir de leur& injures; il s'agissait de sauver la chrétienté, et ils la sauvèrent. | Et quand leur roi, couronné une seconde fois par la victoire, i eut poursuivi au delà du Danube les débris des armées otloiaa- \ nés, il voulut annoncer an monde les e\j)loits de son peuple, vi \ pour cela il envoya son sal»re au père conunun des lidèles, alin | que, déposé sur l autei de Lorelte, ce sabre vainqueur y fût un ■ éternel témoignage de ce que la Pologne avait fait pour k \ Christ et pour l'Europe, un témoignage aussi de son amour pour celle qu'il avait invoquée en allant au combat, pour la mère du , Chris^ pour celle qu'on nommait hier encore à Warsovie la douce Mire de» mortels. Le [)ai)e Innocent XI, qui occupait alors la chaire de saint Pierre, comprit ce qu'il y avait de saint et de grand dans cette victoire, et voulant que le souvenir en fût éternellement auguste, éternellement chéri par tout cœur catholique | il institua une féte, consacrée à cette Vieriie (fue la f)ieuse Pologne venait d'associ(>r à son triomphe, et il appela cette iéte nouvelle ! la féte du nom de Mnrie.

n Catholiques, serons-nous infidèles à la voix de notre pontife? Laisserons-nous passer dans le silence et rindifférence ce jour sacré? N'irons-nous pas le fêter aux pieds de Marie, lui conGer notre reconnaissance pour ceux à qui nous devons d'avoir conservé ses autels, et la [)rier d'être pour eux comme pour nous toujours douce, toujours clémente?

Hli»TUi;'«L DE POLOGNE

» Ah? non, nous n*o>ons pa? prier. Un chant do deuil î^erait le seul qui pùL s'échapper de nos havres. Nos prières ser.ut ut des prières pour les aironisiniU <'t pour les morts, et I un uv pi ie \>i}< ainsi pour des martvs! Le 12 se|)tembre! Ah! sa\ oii--ii(HL«> ce i|ui se passe aujourd'hui à Wnf <M\io? aujourd'hui, eu la iilus belle journée de leur histoire? (^ouune nairuère devant Vienne, la barbarie est campée là, guettant sa proie, et nul n'a qui lté ses foyers et nul n'a franchi sa frontière |>our la lui arracher, Siinglante et épuisée. Peut-être est-ce déjà fini, |)eut-ètre le cheval du kosak baigne-t-ii ses pieds dans le sang des fils do Sobleski; peut^tre Praga et Warsovie ne sont plus qu'une ruine où le despote n*a trouvé debout qu'une chapelle pour chanter son Te Deum sacrîlëg:e là où hier la mourante Poloîrne priait d'une voix unanime Marie, dont c'est aujourd liui la fêle.

» Oue dirait-il, le Sauveur de l'Europe, le i^rand Sobieski. s'il jelait en cet anni\ (Msaii'c (\v sa irloire un i-e^rard sur le monde et sur nous? Qui aurait osé penser sur le ehamp de bataille où il avait exposé sa vie pour FEuropt», (|ue les descendants <le cet empereur qui tremblait alors au fond de son château, de ce Prussien dont l'aïeul était le vassal des rois de Polo.s:ne, de ce duc de Moskovie qui venait de mendier à la [)ai\ de Munster ce titre d* Altesse^ et à qui TKurope civilisée l'avait refusé, que leurs descendants se ligueraient un jour, non-seulement pour trahir et asservir leur libératrice, mais pour être ses bourreaiix? Comme si la reconnaissance leur pesait, après un siècle et demi (le crimes envers elle, ils ont fait une conjuration, pour l'écraser, et tous les autres rois sont devenus leurs complices. Ils ont fait autour d'elle un cercle de fer, et tandis (pie l'un d'eux s'est chargé du supplice, les autres lui ont fourni des vivres pour que les forces ne lui mantpiçiil pas jn^ |u'à la fin. Ils ont tout fait pour liàter cette lin, tant cette agonie les fatiguait. 11 leur rdpup:nait de n'en être que les lâches spectateurs, et ils se sont faits bourreaux.

» Et nous qui aimions cette pauvre Pologne comme une sœur, il ne nous a pas môme été permis d'aller mourir pour elle ni de recueillir son dernier soupir : c*est a peine si le bruit de ses gémissements a pu traverser jusqu'à nous. Âh ! laissons là ces

rois qui ne veulent régner que \yc\r la patience de Dieu^ et non

plus par sa (jmce. Kn ellcl, ou voit dans une* Ibule de chartes des douzième et treizième siècles (pie beaucoup de princes et de fli^'nitaires intitulaient leurs actes Louais ou Guillaume par la patience de Dieu^ duc ou abbè^ etc.

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UlSTOIttK DB POLOGNE

tt C><5t toi, loi seule, noble Pologne, à qui nous \ ouhms penser dans ce jour il<» ion ancit'iim» irloire et <!o ta prochaine cafa'^trojîlip... .M;ii-> là nuMi;(\ dans Um sein, nous trouvons encore la huiiU» et 1 liorreur. Dos monstres ont souillé ton beau nom. empoisonné les deroiers iQStaats; des moiistreâ ont jeté sur t tète mourante un voile san.^lant, comme pour te dérober la vue du seul ami i[ui le restât, de Ion Dieu. Inlorlunée, ce n*était doue pas assez do la peste, do la famine, du fer de tes bourreaux pour t*a6h6vor : il te fallait endurer cette inouïe et dernière épreuve l Infortunée, pas une amertume, pas un supplice ne t'est épargné! Victime expiatoire de notre civilisation impuissante et corrompue, lu ai ri\ ('ra> de\unl Dieu a\ ec tout le poidj^ de nos iniquités et de uoivo honte! Tues comme ces vieriro> eliréliennes, livrét\s au dislnyaneur avant d èli-e comiuites au supplice. Mais, comme elles aussi, lu es iuiendiie dcnant un autre trilumal, par un autre juiie, par Celui ([ui jujîe les peuples et lis lois; et prosternée devant sa miséricorde, tu sauras quo n est pa$ en vain que tu as bu jusqu'à la lie le calice des soutirances.

» En est-ce donc fait, et fautr-il dire un dernier et lugubre ndii II à notre héroïque sœur? Non : car au pied des autels de Marie, ou nous nous agenouillerons aujourd'hui, quel homme pourrait bannir de son cœur l'espérance ? Mais si cette dernière espérance est vaine, si les actes de ton martyre sont accomplis, alors réjouis-toi, lille du ciel, car tu auras été la première élue entre les nations du monde, et tu sais que lo martyre est la plus belle des victoires. »

Fendant que Subieski était sous Vienne. Andr(' P()to(;ki, caslellan do krakovie, battait les Turks près do Kamiënieç- Podolski, forçait les Ko.saks à prendre son parti; fai.sait prisonnier Douka h»-, hos{>odar de .Moldavie, et mettait à sa place Pétricéiou l^r (ou £iienne XUl). Quant à Sobieski, il fit encore les expéditions de 4686 et de 4694, en Moldavie; mais enfin répoque a{)prochait où cette grande et glorieuse existence devait payer son tribut aux destinées humaines. En effet, le jour de la Fête-Dieu, qui avait été le jour de sa nais.^ance et celui de son élection, fut aussi celui de sa mort. Le 17 juin 1006 il succomba, fra[)pé d apoplexie, dans son ciiàleau de VS ilanow, près de W arsuvic.

Né à Uie.^k o, dans le palalinal de Uiillu'nie-Rouire, le 2 juin 4624, il vécut 72 ans et réii;na 22 ans. Son cercueil se trouve entre ceux de Joseph Portiatowski et de Thadé Kosciuszko,

UiSTOiftB DE POLOGNE

dans la chai>ol!o souterraine de i'égUso cathikirale de Saint- Stanislas, à Krakovie.

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