‹ Histoire populaire de la Pologne Carte de PologneChapitre 25 sur 41 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

In'prn^ne. — Le prince (în Conîi est t"lu jiar la niajorib*. — Frédéric Aii^'iislt' H, électeur de Suxi', quoi jnc l'iii i);ir la niiMurih', r(»inportc sur siju rornpétitour. — Iullu«Mii e (liriM-le ilc la Itu.vsn', ilc la l^riissc et de i'Aiiiriohe on Polugiie. — (lunsidi raiions mit le parLi njiltonui ou fruaçai;>» et sur le pa.rii (Uiti-Baliouai ou russe.

Le régne g:lor!eiix de Sobîeskî remua tontes les ambitions, ot

pimU on ne vit un si grand nombre de caiididaLs briguer la couronne (^leclivo.

Lj diète dëlecUou eu! lieu le i5 mai 1697; la miïji>!'it(' dcï5 stiirn^j(>< se porta sur le ju ince do Conti. ot la minoriti* >ur l'c^lec- ''•'ir de Saxe. Après les débats préliurinaires qui se prolonj^èrent jusqu'au 55 juin, leséliM'tours fixèrent au 20 Télection dilinitive.

La noblesse se rendit en masse compacte dans la plaine de Wola près Warsovie. Chaque palatinat, son étendard en tôte, sétait divisé en compagnies ; presque tous ces gentilshommes étaient à cheval. Derrière eux marchaient des grou[)cs armés de faux et de sabres : c'étaient de pauvres gentilshommes, mais aiKsi fiers (pie les plus richeset les mieux montés, car ils iivaient l<Mli'oil de sutfraîios. DanseoUe vaste plaine de \\ ula s'éclieloii" naiont an mni:is cent mille nobles.

bo K) juin, les iîrands dignitain^s de l'État se ron liri-nt, dès le iiiîUin, à I c'glise cathédrale dt^ Sain-Jean, pour im[)loror les luiiiièns, les bénédiction N du ciel ; puis après avoir accompli ce \mi\ devoir, ils se diri«rèrent, dans Tordre cérémonial, au champ <i'éleclîon. Le cardinal-primat présenta d'abord les titres de plusieurs candidats; mais il appuya particulièrement le prince de GoDti, et ce ne fut qu'en dernier lieu que quet([ues voix s'élevèrent en faveur de Tëlecteur de Saxe. Cependant rimmense ma« jorilëse prononça pour le prince de Conti, qui VeM certaînoment emporté sur son comptai il(Mir, si le primai n'eût remis au leiulemain le vote définitil. Flemminjr, ambassadeur de réleeteur de ^axe, profita de cette circonstance, et sans atlendi-o la discussion définitive, jura los pacta conventa au nom de 1 éiccteur brô* ciériû-Attguste.

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UlSTOinC DE POLOGM3

Tout (lovint confusion après co votn précipité, sur[»ri<, ei pondant ({uo Iq primat con\oi[uaiL la diète pour le il août, dans le but de donner la couronne au prince français, révêqup de Kuravie iixait la Journée du 1'> septemt>re^ dans le but aim de couronner Frédt^rtc-Auguste II roi de Pologne.

L'intriji^ue avait prévalu. LMIecteur de Saxe, aidé sous main par la RussîCt la Pruiise et FAutriche, avait répandu des sommes ënorinPî< parmi i|uel(|ues soigneurs, car la majorité saine était incon upliljlc, et il était venu en personne au milieu des Polonais.

Le prince (ic Omli n'arrivait j)as. L'anihassadeur de Fraïue n'eui[)lH\ a aucune ressource ellicace j)nur combattre ses arlversaires. Le prince de (iOnti avait des domaines considérables; Louis XIV l'autorisa à lui donner en ^'arantie un trésor, à Teffet d'obtenir les sommes dont il avait besoin. Le prince eut l'argent entre les mains; sa fatale passion pour le jeu lui fit risquer tout l'argent qu'il destinait à son voyage. U voulut rattrapper ces pertes de jeu, et un temps précieux passa dans ces tristes péripéties. Au lieu de quitter Paris au mois de juillet, comme cela avait été convenu, il ne partit (fue le 3 septembre, perdit vinjrttrois jours entiers en ce voyaf];e, et n'arriva à l)«inzii: (pie le 26, [)cn(ianl iju Auguste était déjà couronné à Krakovie le io septembre.

!l est vrai (pje tout ce qui précéda et accnni|)n.2:na l'acte du couronnement fut équivoque ou illégal ; mais le lait fut accompli. Des Allemands lulliériens se mirent en tète du cortèire funèbre qui accompagnait les soi-disant restes mortels du roi Sobieski; cette cérémonie, comme on sait, était une chose d'étiquette que s'imposait le nouveau roi pour te roi défunt ; et le corps de Sobieski reposait à Warsovie. Les nonces, c'est-à-^ire les seuls ayant-droit, ne parurent pas à la cérémonie du couronnement ; les avenues de la cathédrale étaitMil bordées par des troupe^ savonnes. Le primat, qui avnii pour prérogative de poser la couronne sur le fi-ont de l élu, s était dispensé de paraître. Mais Auguste li et ses partisans passèrent outre et ne tuirenl aucun compte de la légalité.

Ces événements si graves, si douloureux, et qui devaient avoir de si funestes conséquences, furent Toccasion de quolibeU et de mots spirituels. On disait ; « Savea-vous ce qui se passt» ii Krakovie? On y joue une comédie en cinq actes : premier acte un roi sans diplôme ; second acte, un enterrement sansmoH; troisième acte, un couronnement sans primat; quatrième aiif

n^STOlUU DK POLOGNE

UQ6 diète sans nonces; et cinquième acte, des prolcstations sans effet.

Aussitôt qu'Auguste II eut connaisï^nce do l'arrivée du prince de Conti à Danzii::, il lit maiclier contre le {)riiHo Iranrais ses Saxons munis d artillerie. Un advei*sairc sans lrou|H'- «M sans argent ('(ait |>en rodonîable. L'arnico pohmaisc», si lH'ili(|iicu>c j>endaiil le le^^ne de Suhicski. avait clé amoindrit» et (ii'sorganisco parles intrigues de I interrègne ; aussi le parti (hi jjrince de t-^onli n'eutrii rien à 0))poser aux forces que prés(*ntait Auguste II. On essaya pourtant de se défendre, mais bientôt les patriotes forent dispersés, et Gonti repartit pour la France le 6 novembre en accusant les autres des événements dont il était coupable en partie.

Auguste II quitta Krakovie le t7 décembre 4697, arriva à

Warsovie le 3 janvier puisse rendit à Danzig, où il reçut le 24 mars le serment de fidélité des habitants, et re\ iiil à Warsovie le H août. 11 v a»embla une diète dite de j^act^Vado», et prit !«'- relie- (lit i;ou s tTneinent.

Nous decriron> ijienlùl riii^îon^Ml!! rr^Mie d'Auguste 11 : mais aNant il est indispensable d entrer dans (pielques considérations qui iixeront le point do vue sous lequel on doit envisager la question polonaise à partir du commencement du dix-huitième siècle. Qu'il me soit permis de soulever le voile lunèbre qui couvre les malheurs dont la source remonte à cent soixante dis ans.

Avec le trône électif commence la décadence de la Pologne ; cependant le règne plein de force et de sagesse d'Étienne Batory arrête ce pajs sur celte pente fatale, et cette période appartient encore à ce qu'on appelle la i'aluifnc jlorissante. Mais sous les règnes (le Sigismoiul ML do W ladislas IV et dans les huit preinien's années (in joiix ei iiemenf Jean Kasimir, c est-à-diro «le l.*>88 à 1tj-j2 la décadence [)olilique taisait fleN progrès sen- >ibles. Malgré la gloire inunense qui entourait les armes polonaiâés, la force vital ^ de la nation allait en s'atfaiblissant. Jean Kasimir, dans les huit dernières années de son règne, chercha à combattre les causes qui portaient en elle les germes de la destruction ; mais ses efforts furent vains. Après lui et l'indolent Michel, Jean Sobieski déplo\ a tout ce que le patriotisme. Famour du bien et du vrai peuvent inspirer, mais échoua aussi * dans cette œuvre nationale. Sobieski, grand roi et grand capitaine, put cuiii battre victorieusement les ennemis du dehors, mais il fut iwpuisâanlà léprimcr i anaichie qui désolait Tmlérieur du

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