‹ Histoire populaire de la Pologne Carte de PologneChapitre 35 sur 41 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Premier partage do la PuIo^mic. — Oièle de 1773; Rcylon el les noncf^i opposants. — Diètes de 177G et 1780. — Héformeset Code-Zaraoyski. — Diète constituante de 1788-1792. — Constitution du 3 mai 1791.

Campagne de 1792. — Complot de Targoviça^ — Diète de Grodno de 1793, et deuxième partage de la Pologne. — insurrection de 1791, manîfeate des patriotes. — Troisième partage de la Pologne. ~A1h dieatioD da roi el sa mort à Pétersboiirg en 1798.

La confëfUMatioQ de Bar dispersée, des milliers de palrioles envoyés en Sibérie, el le reste se réfugiant en Turquie, en France ou en Amérique, il n'y avait aucun prétexte de toucher à la Pologne. La Russie, la Pjpisse et FAutnche, comme on le sait, protestaient en toute circonstance de leur volonté de ne pas démembrer ce pays. Néanmoins, ces protestations si solennelles furent iiHH umiues, oubliées et (lés;i\ouées de la manière la plus inique, et, en j)lcine paix, sans aucun jnelexte, les trois pui-ïsances puijliérenl, en septembre 1772. dos déclarations anaunrant qu'elles partaireaienl la Poloi^nc vi s\Miiparaient des provinces à leur convenance. Après avoir accompli ce premier crime, elles y mirent le comble en demandant la sanction do leurs iniquités à une assemblée nationale polonaise. Par ordre des ambassadeurs des trois puissances copartageantes, Stanislas- Auguste, protestant toujours en paroles et par écrit, et acquiesçant à tout par le fait, convoqua [>our le 8 février 4773 une diète à laquelle ne se rendirent qu un très-petit nombre de re* présentants. Elle fut pr(»cédée de di('»tines orageuses, et ne s'ouvrit à \Varso^ (jue le 19 a\ i-il 177.i.

TaMlc journée à jamais iiK-nioralib» dans Ic-^ Id-ics de la Poliv ^nio allait montrci' au\ \(mj\ di» ri{un»pe uiu' lti( It* déses|)(''rt'*' entre lacorruplion et la \ (M'Iu, entre la trahison et le patrioti>ino.

Selon le svstème de Catherine IL la salle des séances éiaii entourée des troupes moskovites, mais les patriotes n'en tinrent aucun compte; ils protestèrent énergiquement contre les nIolences, et ils ne succombèrent que sous la force matérielle. Parmi ces patriotes l'histoire admire surtout Thadé Reyten, Samul Korsak, Bofauszewicz, François lerzmanowski, Oraczewski, Zaremba, Dunin, Penczkowski, Kozuchovvski, Kurxenieçki, Bulharyn. Tymowski»

HISTOtBE DE POLOGNE

On voit que c'est par la violence que les troi^ puissances cu l âchèrent à la diète les traitr> de cession des territoires de la Poloiîne, et elles eurent l'impudeur de déclarer qu'elles étaient dans Ja légaUtéy ayant été secondées par la diète. Ensuite, pour restreindre encore plus le pou^ oir royal, et rendre ainsi Tanarchie perpétuelle, Catherine ii institua une commission, sous le titre de Conseil permanent^ qui, pendant tout le temps de son existence, gouverna la Pologne sous Finfluence des ambassadeurs moskoviies, en frappant surtout de désorganisation Tannée na* Honale et le trésor public.

Au milieu de cer> inal heurs politiques arriva la suppression des j''siiites par le pape Clément XIV. Par suite de leur exil de la Noii;ae, l'État se liom. a enrichi (le souiiiif^s considérables, tant en immeubles qu en capitaux. Ces fonds lurent consacrés à Té- (lucation nationale ; des savants étrangers et r('>i:nicoles furent appelés à remplacer les jésuites, et depuis lors date la régénération des sciences, des lettres et des arts, qui brillèrent d'un si vif éclat vers la fin du règne de Stanislas-Auguste. Cette tendance Vers les lumières entraîna à sa suite d'autres bienfaits \mr le pays ; plusieurs citoyens puissants rivalisèrent de zèle l>onr améliorer l'état des paysans, pour doter les \illes et les campagnes de beaux édifices, créèrent des baïupies, des l'abri- •l^ios. des ulaIlulactu^e^ et des caïuiux. Enfin, pendant la diète fie 1776. on charizea André Zamo\ski. ancien L^rand chanceliei-

la couronne, de préparer les bases d un nouveau code. Parmi le> eo\lat}orateurs de ce travail, on remarquait Szembek, Chrep- Jowicz, Wybicki, Wengrzeçki et Grocholski. Ce code, qui réformait les principaux abus, fut fait et imprimé aux frais de /amoyski, et présenté à la sanction de la diète de 4780. Mais les agents moskovites, prussiens et autrichiens, abusant et cor* rompant quelques mauvais Polonais, |>arvinrent à annuler le code, et Zamoyski fut déclaré traître à la patrie et son œuvre ^ii?ne d'être brùl('e par la main du bourreau! Ainsi, toujours et j'artout. la majorité des Polonais tentait d'introduire des réformes salutaires, mais les puissances copartageantes mettaient obstacle au bonlieur de la PoloG:ne.

Toutefois cette œuvre patriotique ne fut pas perdue pour la T^''|[^ublique. et à Tépoque de l'ouverture de la diète, le 6 octobre les Polonais parvinrent, à force d'union et d'unanimité dans leurs sentiments, à accomplir des réformes importantes, Cette diète dura quatre ans, malgré les intrigues des trois puissances, qui cherchaient sans cesse à entraver ses travaux ; mais.

mSTOlEB M POLOGNE

en Ué[til iiv liHito< les «litlirtilhs, le 3 mai IT'Jl, oii {iioclaïuâ ia c'onslilution; le Comed pentiamnt, le libernm veto et le ^i/^fème électif des roU furent abolis, et le trône héréditaire décrété. Dans cette mémorable sëaDce, il n'y eut que treize sénateurs ou nonces qui protestèrent contre celle constiiutioa i

Mais pendant que TËurope admirait et applaudissait à cet acte, que la Pologne commençait à se régénérer, et qu'elle établissait rhérëdité de la monarchie, la Russie, la Prusse et TAntriche accusèrent la Pologne de terrorisme et de dèmaffogie, et s unirent pour renverser l'œuvre de la diète constiiuante. Pendant que la Pruîi*^<> et l'Autriche envaliissaienl la France, sœur (le la PolDirno, troupes russes sejelaieut sur notre pairie. Ces Iroupes lurent précédées par une confédération polonaise formée, de treize individus, à ïargowiça, le 44 mai il^À^ sous les auspices de Catherine.

L'armée poloniiise. commandée par Joseph Poniatowski, Thadé Kosciuszko, Michel Zabieilo, et plusieurs autres chefs, combattit vaillaomient contre les forces supérieures en nombre des envahisseurs; mais le roi, qui obéissait aux ordres de Catherine II, fit cesser la ^'uerre, et consentit à désavouer sa participation aux travaux de la diète constituante.

Ouuique Catherine et son favori Zoubotf eussent promis solennellement, fie vive voi.v et par écrit, à Stani.««la>-Félix Potocki, maréchal de ht confédération de Tarirowlra, que la Pologne ne serait point [)arta^(''e, ni'anmoins, le 9 avril 1793, la Russie et la Prusse déclarèrent, par leurs ambassadeurs respectifs à Warsovie, qu'elles se partageaient de nouveau le pays* La cour de Vienne ne prit point part à ce second partage, parce qu'elle devait s'emparer de l'Alsace et de la Lorraine.

Enfin, en renouvelant la comédie de 4773, Catherine et Fré^ déric-GuiUaume H ordonnèrent au roi Stanislas de convoquer une diète à Grodno pour légitimer leur envahissement.

Cette prétendue diète, entourée de baïonnettes et de canons rno.^kovites, fut obliîrée de siLî;ner les traités (jue lui arrachait la force brutale. Nous dînons consigner les nom^ de> iJoiice- [ni bravèrent les nienac(\< qui attaipiaient leurs personnes et leurs biens : Thadé Skarzyiiski, nonce de Lomza ; Denis Mikorski, nonce de Wyszogrod; Jean Krasnodembski, nonce de Liw; Antoine Karski, nonce de Ploçk; Ignace Goslawski, nonce de Sandomir; Simon Szydlowski, nonce de Ciechanow; André Ciemniewski, nonce de Rozan; Vincent Galensowskii nonce de Lublln ; Grelawski, nonce de Sandomir ; Ignace Plichta, nonce

UISTOims 0S POtOGNft

de SocijcK/ew ; Joseph iuiubar, uuuco d'Upita i Louis ChodzLo, iionce (i Oszmiana.

A la séance du 17 juUlet 4793, où on devait siguer le traité de cession avec la Russie, Joseph Kimbars^écria : u II ne faut point céder aux instances de l'anibaasadeur russe, il faut se mettre audessus de ses menaces. Les souffrances ne sont rien pour la vertu; elle sait qu'il est de son essence de les mépriser, et, s'il le faut, de les supporter toutes. Pourquoi donc s*effrayer taAtt sire? On menace de l'exil en Sibérie tous ceux qui refuseraient de mettre le sceau a son anéantisseuiont. Alluus donc en Sibérie! elle ne sera pas sans charmes poui nous ; ses déserts de- \ieudront pour riuus un Elysée; cnr tuut, jusqu'à no» uuibres, tout nous y retracera notre vertu et notre dévouement à la pairie!... »

£tà la séance du % septembre 1793, lorsqu'il s'agiss^t de signer le traité avec la Prusse, Louis Chodzko termina un remarquable discours par ces mots : « £h bien l s'il est absolument nécessaire que nous cédions à la violence, si le roi de Prusse est tellement avide du territoire polonais, pour ma part je le lui ac* corde; mais je ne lui en donne que six pieds, autant qu'il faut pour son eateneaient. Je veux aussi (proii lui élève par-dessus un iiiuiiument avec une inscription qui constate à jamais, d'un côté les effets de l'antique et proverbiale ho-|)iialiLé polonaise, accordée même aux cendres du plus periidi* de^ hommes. c( (jui, d un autre côté, témoigne aux âges futurs à quelle époque et au milieu de quelles circonstances se sont accomplis les é\énements funestes qui prouveront et Téterneile douleur de toute la Pologne, et notre constante opposition au démembrement de notre infortunée république 1 »

Après que la diète de Grodno eut consenti à ce que l'armée polonaise et litvanienne fût réduite à quinze mille hommes et ré^ partie dans les palatinats qui restaient encore à la république, les troupes mosko viles tiiireuL gai iiison dans toutes les places. Cet état de choses était odieux aux Polonais, qui ne tardèrent pas à se soulever.

Au moment de cette insurrection sainte et léiiitimej les habitants de Krakovie publièrent, le ti mars 4794, le manifeste suivant :

« L'état où se trouve actuellement la malheureuse Pologne est trop connu de l'univers. Llndignité des deux puissances volaîaea, et le crime des traîtres à la patrie, l'ont précipitée dans eet abtme.

UISTOUB 0B POLOGNE

w C.allicrmo II, qui, d intelligence a\oc lo j)aijun' Frédprîr- Guillaume 11, a résolu d'extirper jusqu au nom polonais, vient craccomplir ses desseins iniques. Il n'est aucun genre de fausseté, de perfidie ou de trahison dont ces deux goin ornements ne se soient rendus coùfiables pour satisfaire leur ambition et leur cupidité. La tzarine, en se déclarant impudemment garante de rintégrité, de Tindépendance et du bonheur de la Pologne, détachait et partageait son territoire, outrageait son indépendance et l'allligeait sans cesse de toutes sortes de fléaux.

» Mais lorsque la Pologii(\ lasse dr poFMer son joui; honteux, ont nVujiéré les (Iroils de >a soun orainoté, elle employa contre ( iir (i( - traîtres à la patrie, elle ap|ni\a leur complot sacriléi:e de toute sa force armée, et ayant deluuinc avec artifice, de ia défense du pays, le roi. auquel uru' diète légale et la nation avaient confié toutes leurs forces, elle a bientôt trahi honteusement ces mêmes traîtres. Etant, par de pareils subterfuges, devenae la maîtresse des destinées de la Pologne, elle invito Frédéric-Guillaume à prendre part aux dépouilles, afin de le récompenser de sa perfidie, |)0ur avoir rompu le traité le plus solennel avec la république.

» Sous des prétextes imaginaires, dont la fausseté et l'impiété ne pen\ent couNonir «qu'aux seuls tyrans, mais en ertet |K)Ui .sih>laire leur insatiable cupidité et étendre leur domination par l>n\alli^^ornenl dos pays limitrophes, ces deux pui.N.>anco>j conjurées contre la i^ologne, se sont emparées des possessions immémoriales oî incontestables de la république; et pour cet ettet elles ont obtenu, dans un congrès criminel, une prétendue approbation de leurs usurpations ; elles ont forcé i\o prêter le serment de sujétion à resclavage, en imposant aux citoyens les charges les plus onéreuses. Ces puissances, ne connaissant qu'une volonté arbitraire, par un langage nouveau et inconnu dans le droit des iiens, ont audacieusenjent assiirné à Texislenee de notre républi(jue un rang inlV-rituir a t(jntes les autres puissances, en taisant voir ( hm t'inont par là (pie les lois, aiilanl qw^' les limites des états indepondanîs, dé[)endent absolument de leur cajïrico. et (prellos roirardont le nord de l'Europe comme une proie destinée à la rapacité de leur despotisme.

» Le peu qui reste de la Pologne n*a pu encore parvenir à acheter 1 antélioration de son sort au prix de tant de cruelles calamités. La tzarine, en cachant ses dessoins ultérieurs, qui ne ))euvent qu'être pernicieux aux puissances européennes,sacri(ie, en attendant, la Pologne à sa vengeance barbare et implacable.

Elle y foule aux pieds les droits les plus saints de la liherlé, de la sûreté, de la propriété et des biens des eito^ ens; la pensée et le sentiment intérieur d'un honnête Polonais ne peuvent même être à l'abri de ses perst»cutions soup(;onneuses, et elle tache (renchainer jusqu'à la parole! 11 n'y a (|ue les traîtres à la patrie qui trouvent de riudulj^i uee auprès d'elle, pour qu'ils puissent impunément commettre toutes sortes de crimes. Aussi les biens et les revenus puhlics sonl-ils de\eiuis la proie de leur cupidité. Ils se sont emparés de la propriété <le bons citoyens; ils se sont partaiié entre eux les charges de l'Élat, comme s'ils pouvaient s'emparer de ses dépouilles parce cpie la patrie est subjuguée; et en usurpant avec impiété le nom de gou\ernemenl national, esclaves d'une tvrannie étrangère, ils exécutent tout à leur gré.

» Le Conseil permanent, dont l'établissement leur a été imposé par une usurpation étrangère, supprimé légalement par la volonté de la nation et nou\ellement rétabli par les traîtres, franchit, sur l'ordre de l'ambassadeur mosko\ite, les limites du pouvoir qu'il aNait bassement re(;u de lui, en rétablissant, en relondant, en sup[)rimant arbitrairement les constitutions qui venaient d'être promulguées et celles ([ui avaitMit été cassées. En un mot, le prétendu gou\ernement de la nation, la liberté, la sûreté et la i)ropriété descito\ens restent entre les mains des esclaves d'un serviteur de la tzarine. dont les troupes inondent le pays et servent de rempart à leui' perversité.

» Foulés |)ar ce poids inunense de malheurs, soumis plutôt par la trahison ([ue i)ar la force des armes ennemies, prisés de toute i)rotection du gouvernement national ; après avoir perdu la patrie, et avec elle la jouissance des droits les plus sacrés de la liberté, de la sûreté et de la propriété tant individuelle (pie celle de nos biens ; trompés et devenus la risée de quelques gouvernements, et abandonnés des autres, nous Polonais, citoyens, habitants du palatinat de Krako\ie, en sacrifiant à la patrie nos vies, comme Tunique bien que la tyrannie n'a pas daigné nous arracher, nous nous saisissons de ces movens extrêmes et violents, que le désespoir nous suggère.

» Ay ant ainsi la Icrme résolution de périr et de nous ensevelir sous les ruines de notre [)ays, ou de d('li\rer la terre natale d'une oppression féroce et d'un joug i)lein d'opprobre, nous déclarons à la face du ciel et de tout le genre humain, et surtout des nations (pii savent apprécier la liberté et la mettre au-dessus de tous les biens de i'unisers, qu'en usant du droit incontestable

i78 HISTOIRE D£ POLO&Nfi

de défense contre la tyrannie et contre Toppression armée, nous réunissons dans un esprit de patriotisme, de civisme et de fraternité, tontes nos forces , et, persuadés que le succès de notre

L'tarKlr ciiti(îprise dépend surtout et le plus de notre étroite union, nous renon<,:ons à tous les préjue:és de l'opinion et des distinctions qui ont part<igé ou qui ont pu séparer ju.-qu a présent les citoyens, Iiabitants d'une iiiènie terre et lils d une même patrie; et nous nous promotions mutuellement tous de n'épargner des sacriûces quelconques, mais au contraire d'user de tous les moyens que Tamour sacré de la liberté peut inspirer aux hommes que le désespoir a fait lever pour sa défense.

» Àffh^nchir la Pologne des troupes étrangères, recouvrer et assurer l'intégrité de ses frontières, anéantir toute sorte d'usurpation tant intérieure qu^extérieure, consolider la liberté générale et sauvegarder l'indépendance de la république polonaise, tel est le but sacré de nuire insurrection nationale. Pour que nous puissions ratteindre etrieaccment, pour (\iiun pmnoir (Mieri:i(|ue dirige la l'orée nationale, a|>rès avoir alteativement con^idérc la situation actuelle de notre patrie et de ses Iiabitants, nous avons cru nécessaire et indispensable de nommer un généralissime de la force armée, un conseil national provisoire^ une commission du bon ordre dans notre ])a1alinat, un tribunal criminel suprême^ et un tribunal criminel spécial pour notre palatinat. Ainsi, d*après le vœu général, nous arrêtons ce qui suit :

1» V Nous choisissons et reconnaissons, par le présent acte, Thadë Kosciuszko pour Tuniquo chef et directeur général de

notre insurrection armée ;

)i 2* Ledit çrénéralissiuie a>«Mnblera sur-le-cliaïup le cun.st'il «Hjut tue natiunui. Nou> cunliuus a >uii zeie eisiijue le choix des [lersonnes dudit conseil, et son oriianisation. Le i;énéralis^inie pourra toujours assister aux délibérations de ce conseil^ comme membre actif ;

)> 3*^ Costaux attributions du généralissime qu'appartiennent exclusivement la direction de la force armée, les nominations pour tous les grades militaires, et le moyen d'employer la force nationale contre les ennemis de la patrie et de notre insurrection. Dans tout cela le conseil national doit exécuter ses ordres et règlements sans y apportiM- aucun eui[)(k',hement ni délai, comme venant d'un chef éhi (*t nonnué par la \olr)nté nationale ;

» 4<J Si le î2:énéralis5ime Thadé Kosciu.>zko, en cas de maladie ou par quelque autre cau^e, était bor6 d'état do remplir par lui-

HISTOIRB DB POLOGNE

même les devoirs de son importante charge, alors il nommera son suppléant, après s'être concerté avec le cotmU suprêmê noiûmal. Dans le cas où le généralissime viendrait à mourir, ou à être fait pr isonnier de guerre, le plus ancien officier général qui se trouvera alors dans le camp sera muni provisoirement de ces fonctions, en attendant que le conseil suprême national ait nuinnK^ à la place de Tliadô Kosciuszko un autre chef. Dans ces d(ni\ itis le nouveau p;('néralissiino n'(Hant plus (liroctement rlu par le vœu de la nation, mais par celui du coimil^ sera soumis à ses ordres.

» 5« Le conseil suprême national assignera au trésor public les fonds nécessaires pour entretenir la force armée et faire face à toutes les dépenses de la guerre et autres qu'il jugera indispensables pour faire réussir la cause de Tinsurrection. En conséquence, il aura le droit de statuer sur les impôts provisoires, sur la disposition et l'emploi des biens nationaux et de tous les fonds publics, ainsi que sur l'emprunt à faire tant dans le pays ([u'à l'étranger. Il ordonnera le recrutement, pourvoira à tous lejî besoins de la foi-ce année, tels qu(^ les ai'ines, les munitions, riiabillement; ii a>^iir(M a au peuple et à ranneo les subsistances suffisantes ; il veillera à ce que Tordre et la sûreté ne soient point troublés; il écartera tous les obstacles et réprimera toutes li s entreprises qui seraient contraires au but de notre insurrection. 11 veillera à ce que la justice soit promptement et efficacement administrée. H tâchera de procurer à notre nation l'appui et Tassistance des puissances étrangères amies. Enfin ii s*occujjerade la direction deTopinion publique, de manière' qu'au nom de la patrie tous les habitants de la Pologne soient prêts à laire les plus grands sacrifices. Tels sont les devoirs principaux que nous impo.-^uns au ron.se il national. f

» 60 Nous cn'nn> chns notre palatinat une commission du bon ordre ^ qui sera urgaïusée temporairement d'une manière particulière.

» 7^ Le conseil suprême national déterminera l'organisation et la marche du tribunal criminel suprême, qui siégera auprès de lui.

» 8* Comme dans les circonstances actuelles nous ne sommes pas à même de choisir les membres tant du tribunal criminel suprême que de celui du palatinat, nous chargeons le conseil de faire choix de ces juges parmi les personnes qui, lors des deriiu'res diétines libres, terriennes, et des élections des députés «Jeb villes, avaient été choisies pour les judicatures.

HISTOIRB DE POI«OGNE

j) 9o A tribunal sont (l('\i)liis loii> l(s n'imo> rontre la nation (M toutes les actions conlraii'o< <iu Ixit sarré do notre iii-urrrctirm, ainsi quo tous les délits comiiiis contre le salut de la patrie. Tous ces crimes seront punis de mort.

» iOo Nous confions au «rénéralissime le pouvoir d'établir des conseils de guerre, d'après les règlements et les coutumes militaires.

» 44^ Nous déclarons solennellement qu'aucune des autorités provisoires que nous venons d'établir par le présent acte ne pourront, ni séparément, ni toutes prises ensemble, faire ou proclamer une constitution nationale quelconque. Toute entreprisf» de ce genre sera roL^ardée par nous connue une usur[)ation semblable à celle contre kupieile nous nous levons actuellement, eu sacrifiant nos existences.

» I i« Tous les pouvoirs teinpiu aires ((ui \iennent d'être cré^ par le présent acte existeront jusqu à ce que le but de l'iusurreclion actuelle soit atteint, c est-à-dire jusqu'à ce que le sol de toute la Pologne soit purgé des troupes étrangères, et que lïntégrité de ses frontières soit assurée. C'est de quoi le généralissime, conjointement avec le conseil suprême national, sera tenu d'avertir les citoyens, sous la responsabilité de leurs personnes et de leurs biens. C'est alors que la nation, représentée par se? nonces et ses (l('[iulés, entendr a le compte des travaux des autorilés constituées tenqH)r"aii-ement, et témoignera puhlitiuement ^ sa rec(>nnai>>ance en\ors 1(S fils vertueux d^^ la patrie, en récompensant, selon \o nuM'ite de chacun, et leijrs travaux et leui> , sacritices.^rest alors aussi (pie la nation décidera de son sort et de celui des générations futures.

» 1 Nous engaijreons le généralissime et le conseil suprême national à instruire la nation \ïar des adresses, rapports et proclamations fréquentes, du véritable état des aÂTaires, sans lui cacher ni lui pallier m^*me les é\énements les plus désastreux. Notre désespoir d'ailleurs est au comble, et Famotir de la pairie est sans bornes. Les malheurs les plus cruels, les dilîicultés lo | plus ill^u^monlalJl(^s ne sauraient allaiblir la \ertu ni abattre le j coura<re. '

'I NcHi< ?ions proin(Mtous uiutuellemcMit en particulier vl a i toute la nation polcuiai-f^ en ^('niM'al, de la constance dansfen- ' prise, de la fidélité pour les principes, de l'obéissance poiiripsj autorités nationales créées en vertu de l'acte présent. Nouscoii-j jurons au nom de la patrie le généralissime et le conseil supr(^me i national d'employer tous les moyens possibles capables de déli-

HISTOIRE DK PUtUGXE àSl

vrer la nation polonaise de 1 up pression extrême et de £];arantir

rinti'iii lie de son territoire. HiMiK^laiit ent re leurs mains le pouvoir de disposer de nos per>onms et de nos biens pendant que durera la lutte de la liberté contre le despotisme, de la justice conli'e l'oppression et contre la tyrannie, nous voulons qu'ils aient toujours présente à leur pensée cette graade vérité : Le salut du peuple est la suprême loi ! »

Ce manifeste fut reçu avec entliousiasme dans toute la Pologne. Pendant dix mois Kosciuszko et ses généraux combattirent avec succès les Russes, les Prussiens et les Autrichiens ; mais Kosciuszko étant fait prisonnier à la bataille de Macielowice le 40 octobre, et Souvoroff ayant pris d*assaut Praga le 4 novembre H Warsovie par capitulation, la Poloi^ne fut détinitivement parlagée. Stanislas-Auguste dut signer le 2") novtMnl)fr i79*J son abdication, jour de la fête de Catherine la (iiaudc, et jour anniversaire (in couronnement du roi. Puis, a{)rès la mort de la tsarine, il partit pour Pétersbour^, où il mourut le 1^ février 4

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