‹ Histoire populaire de la Pologne Carte de PologneChapitre 4 sur 41 · HISTOIRE 1>K 1>0L0G · texte numérisé non relu

HISTOIRE 1>K 1>0L0G

nir plus loin que les autres, et j'ai voulu oj)poser une barrière <i ces barbares, en rétablissant le trône de Polo^r f^*" j^ttanl Poniatow^i, comme roi, à là téte'de cet jamais la

France et l'Angleterre s'allient de bomie ftà, ce sera pour empêcher l'exécution de ces projets russes; mais cette alliance même ne sufiirait pas... Avant tout, il faudrait faue (io la Pologne un royaume séparé et indépendant... Mais, je le répète, les imbéciles ministres anglais n'ont pas voulu y consentir... Dans cent ans, on m'encensera, et l'Europe, surtout l'Angleterre, regretteront que mon projet n'ait pas réussi. Quand on verra l'Europe envahie devenir la proie des barbans fin Nord, on dira : Napoléon avait raison 1 Les Russes commencent déjà par TAngleterre... L'Angleterre est en décadence I... Les deux grands objets de ma politique étaient d'abord de rétablir le royaume de Pologne, élever une barrière contre les Russes, et ensuite d'établir en Espagne une constitution qui eût rendu la nation libre; j'aurais détruit l'Inquisition, anéanti la superstition, les droits féodaux et les privilèges...

1» Les puissances, je le répète encore une fois, à qui TagrandisseintMii do la Russie [)eut nuire directement, et (jui sont clans le cas (le s y opposer, sont l'Angleterre, la France et l Aulnche... Si la Russie réussissait à s'attacher la brave nation polonaise, elle n'aurait de ce moment plus de rivale, parce qu'elle arrêterait l'Angleterre en menaçant les Tndes ; et en Autriche, par la grande supériorité morale de ses tmupes et par les partisans de l'Église grecque, qui sont en si grand nombre en Hongrie et en Galicie ; et que selon toute apparence, un patriarche grec ofilicierait un jour à Sainte-Sophie...

» n parait que ma chute n'a pas servi à grand'chose à l'Angleterre. Je ne connais rien de pis que lord Castelreaidu et cependant c'est lui qui i^^ouverne l'Angleterre et maitrise jusqu'au prince-régent même, à Taide de ses intrigues et de son audace. Fort d'unç mugorité qu'il a lui-même composée, il est toujours prêt à s*escrimer au parlement, et avec la dernière impudeur contre la raison, le droit, la justice, la vérité; nui inens()n;j:e ne lui coûte, rien ne l'arrête, tout lui est égal; il sait que les votes sont constamment là pour tout applaudir et tout légitimer...

» U prend pour base la légitimité dont il prétend faire un

liiSiUlIllù 1>Ë rOLOU>i£ ili

'loi:nic politique, lorsqu'elle saperait (ians ses iuiuleiuealb le 1 irùne ô^-^on vr lîB^maitre ; et néanmoins :

» O radU:4^f>f^ ^iotte, en opposition au légitime Gustave lY, qui s'est immolé pou4,«rAngleterre ;

» B reconnaît l'usurpateur Ferdinand VII, au détriment de son veneralilr jhtc Charles IV ; I £ U I luclaine avec les allies, comme une autre base fondamentale, ie rétablissement de rancien ordre de choses, le redrassement de ce qu'Us appellent les torts, les injustices, les déprédations passées, enfin le retour de la morale publique ; » Il sacriiie ia république de Venise, qu'il abandonne à l'Au- ' triche;

> n sacrifie Gènes dont il accommode le Piémont ; » n agrandit de la Pologne, la Russie, son ennemie naturelle;

» B dépouille le roi de Saxe en faveur de la Crusse, qui ne

peut plus lui être de secours aucun ; I » Il enlève la Norvège au Danemark, qui, plus indépendant

(ie la Russie, pourrait lui offrir la clef de la Baltique, pour en ' enrichir la Suède tombée, par la perte de ta Finlande et des iles

de la Baltique, tout à fait sous la sujétion de la Russie; » Enfin, en violation des premiers éléments de la politique

générale, il néglige, dans sa situation toute-puissante, de res-

^ter rindépendance de la Pologne, et par là livre Gonstan-

tioople, expose toute l'Europe et prépare mille embarras à TÂn-

gleterre.

»0n ne coniprend j>as qu'une nation sage se soit laissé gouverner par un tel fou I

» Après vingt ans de guerre, après tant de trésors prodigués, *8Btde secours fournis à la cause commune, après un triomphe au-dessus fh» toute espérance, quelle paix ]K)ur(ant a signé l'Angleterre en 4815 ? Castlereagh a eu le continent à sa disposition, quel grand avantage^ quelles justes indemnités a-t^il stipulées Pow son pays? U a fiiit la paix comme s'il eût été vaincu. Le "Wrablel je ne l'eusse guère plus mal traité, si je fusse de- •^uré victorieux . Ou bien encore, serait-ce qu'il s'estimait assez lieureux de m'avoir renversé; dans ce cas la hame ma vengé.*.

^ « fait don de territoires immenses; la Russie, la Prusse, TAu-

HISTOIRE Dfi POLOGNE

triche ont acquis des mîOions de population. Où se trouve ré(iuîvalent de TAngleterre, elle qui pourtant avait ëtë Tâme de ces

succès, elle (|ui en a\ait \ou< les frais? Des milliers d'années s écoulejont avaul qu il se [n trente unt* telle occasion pour le bien-être, la véritable grandeur de l Angleterre !... Los Anglais seront réduits k pleurer un jour d'avoir vaincu à Waterloo! L'Angleterre et la France ont tenu dans leurs mains le sort de la terre, celui surtout de la civilisation. Que de iiiai nous nous sonunes fait, que de bien nou> pouvions faire ^..î>

Après avoir ainsi envisagé sous toutes ses faces cette question polonaise qui, d'après Napoléon lui-même, touche directement, forcément, indispensablement à toutes les questions de la politique générale de TEurope, et par conséquent reste toujours la prenuere et principale dans le sy>teni(' européen, Na|>oléon linit par prononcer ce résumé mémorable, le octobre 1816 : « En relevant la Pologne, CETTE VÉRITABLE CLEF DE TOUTE LA VOUTE, je ne prétendais rien acquérir ; je ne mé réservais que la gloire un l»ien et les bénédi^ lions de Faxenir! »

Eh bien, malgré ces graves et prophélitpies a\ertisseuients, l'Europe a permis à la Russie d'accomplir son œuvre de destruction. Les mémorables victoires de Sébastopol en 1835 et de Solférino en 4859, pouvaient donner Fespoir que le jour de la justice a|)[)ro(*luiii puur les opprimes de hi Pologne ? Eh bien, malgré cos victoires et malgré la lutte arnu'e que les Polonais soutieuuent depuis le 45 janvier 4863, contre les trois puissances co-partagéantes, on est encore à se demander si le restaurateur de Ta dynastie napoléonienne accomplira sa mission en réparant les fautes du pn»(' et en n^alisanl les |)rojets de son prédécesseur, et qu'ainsi il pourra a se réserver la gloire du bien et les bénédictions de l'avenir. »

f anAp MO mL

LàmiUKim iOREYKO-CIIODZKO.

DYNASTIE DES LECUS.

(550 — UQ.)

OiKuijiK^ lo> Pdlanien? ou les Polonais existassent plusieurs siècles avant la naissance de Jésus-Christ, comme nous l'avons déjà dit, toutefois c'est à l'année 550 de Tère nouvelle que la tradition attribue 1* commencement de la première dynastie fondée par Lech ouLekh. Ce chef éleva une ville appelé Gnièzno, nom qui trouve son origine dans un nid (gniazdo) d*aiglon$ blancsi qu'on avait trouvé en commençant à la construire : k cela, diton, se rattache aussi l'origine des armoiries polonaises ûeVaigh blanc dans un fond rouge. D'autres disent que Gnleznoou Gnèzne ^^ent de : Nichans-nous ici, mots que Lech prononça en s'arrôtant dans cette contrée.

Après la mort de Lech son fils lui succéda ; il se distingua dans Ips pierres contre les Danois. Wizimir vint ensuite, et trioiiij)lia de l'invasion danoise. îl fut le fondateur de la ville de Wismar dans le Mecklenbourj?, près la Baltique.

La dynastie de Lech régna pendant cent ans, puis douze palatins ou vaiévodes, chefs de îriierre, gouvernèrent l'État, sans pouvoir maintenir la tranquillité publique; alors l'un de ces palatins, nommé Krakus, gouverna seul et sut maintenir la puissance nationale avec force et dignité. Vers Tannée 700, il avait fondé la de Krakovie, qui devint la seconde capitale de la Polope. n fut enterré au delà de la Wistule, dans un lieu où Ton voit encore un grand tertre portant son nom. Son fds Krakus II, qui lui succéda, lut assassiné à la chasse par son frère Lech III,

HISTOIRE DE POMIAXE

qui cacha >on crime en disant (jiie Krakiis avait t^té tué par un sanj;;lier ; mais on découvrit la vérité, et il fut déposé et banni. Sa sœur Wanda^ célèbre par ses «charmes et ses vertus, lui succéda, régna avec bonheur. Aussi après sa mort on Tenterra sous un grand tertre dans le village de Mogila près la Wistule, à une lieue de Krakovie. Ce tertre existe encore.

La race de Krakus se trouvant éteinte par la mort de la belle Wanda, les Polonais eurent encore recours au gouvernement des douze palatins. Ceux-ci, faibles, indécis ou timides, n'étaient pas en état de bien i:oiiverner. Prontant des tr(3ubles intérieurs, les voisins de la Poloirne l'envahirent ; les palatins ne savaient comment se débarrasser des ennemis, lorsqu'un orfèvre, nommé Przëniyslas, conçut le projet de sauver la patrie par un strala- }j;ème de son invention. A la fa\(Mir d une nuit obscure il exposa sur une hauteur, vis-à-vis le camp ennenu, des mannequins habillées en soldats^ armés de lances et de boucliers. Puis il manœuvra si bien avec ces mannequins, qu'il attira les ennemis à Pendroit où les Polonais se trouvaient rassemblés, et remporta une victoire complète. En récompense de ce service, Przémyslas fut élevé au trône et régna sous le nom de Leszek I"^ ou Lestko. ^

La mort de Lesssek fut d'autant plus re^^frettée, que n'ayant point laissé d'enfant, les palatins prétendaient lui succéder. Désunis entre eux, les Polonais s'en remiicnt à la foi tune pour le clioix d'un souverain. On conviiil assiiriier une eoui se de chevaux, et l'on déclara que celui (\\\\ arri\eiait le j)reinier au but proposé, aurait la couronne. Un des concurrents, nommé Leszek, pour mieux assurer ses succès, eut recours à Tartifice. La lice était marquée dans une vaste plaine sur les bords du Prondnik, non loin de Krakovie : il la sema de fers pointus qu'il couvrit de sable, et se traça lui-même une route où il pouvait courir sans danger. Il ferra lui-même son cheval en employant des fers entiers et épais, dans la crainte de tomber lui-même dans les pièges qu'il avait tendus. Deux jeunes gens inconnus les aperçurent. Cherchant à s'amuser, ils s'exerçaient à pied dans la carrière, en attendant que le peuple fut assemblé. Surpris de ce qu'ils voyaient, et fouillant plus avant, ils reconnurent le sentier que s'était réservé l'auteur du stratagème. La crainte enq>éclia l'un de révéler ce mystère, mais l'autre conçut le dessein d'en proiiter.

Les candidats arrivent. Le peuple attend le moment qui va lui donner un souverain. Leszek court avec force ; personne ne peut

HISTOIRE DE POLOUNE iO

le devancer. Le jeune homme courant à pied cherche à lutter avec Jui. On rit de ses efforts. Il i)oursuitsa route jusqu'à ce que, arrivé à ia borne, et vo^ ant le cavalier pr^t à recevoir la couronne, il découvre la tralii.xtn. CtMix ([ui l'iaient restés en chemin lavaient déjà nu-onnup. Li^^zek fut nia>sa(Té immédiatement; le peuple acclama le jeune homme; les palatifis eux-mêmes approuvèrent ce choix, et il régna sous le nom de Leszelv. Il eut douze fils de concubines, et un d'une é|)ouse légitime qui fut oommé Popiel Celui-ci, s'abandonnant à Ja mollesse, transféra d'abord sa résidence à Gnèzne et ensuite à Kniswica. Popiel n succéda à son père, et le dépassa dans ses excès. Donuné par sa femme, Allemande d'origine, il devint complice de ses crimes, et il fit périr par le poison ses oncles. Les cadavres jelés dans le lac Goplo engendrèrent, dit la légende, Une infinité de souris, qui fondirent sur Popiel et sa famille, et les dévorèrent dans le château de Kruswiça : les souris signifient le j)euple qui {lurut de mort ses oppresseurs. Ainsi linil, en 8G0, la dynastie des Lech, à laquelle vint succéder celle des Piast.

DYNASTIE DES PIASTS.

Parmi les gouverneurs d'une des provinces se trouvait un iKNimie probe et estimé nommé Piast. Les Polonais le trouvant digne de régner sur eux lui offrirent le pouvoir suprême, mais Wast s'en excusa. Pressé par les Polonais, il finit par consentir à

•ccepler le pouvoir ]>our son fds Ziemowit. Ce dernier étant très-jeune, Piast devint regent ; mais lorsqu'en 884 il atteignit

majorité, il régna seul. Comme la Pologne eut toujours à lut^ 1er contre les agressions des Allemands, Zicntowit introduisit le régime militaire; il favorisa l unité de l'État, ou plutôt des populations slaves dont la Pologne a toujours é-té la tète et le cœur. Après lui vint le règne de Leszek I^"^ et Ziemoinysl, qui conti- Aoèrent le même système.

Mieczyslas fils et successeur de Ziemomysl, monte au trône en 958, etf en 965, il embrasse la religion chrétienne, •près avoir épousé Dombrowka, fille de Boleslas, duc régnant ^Bohême. H fonda des églises et créa des diocèses* Des théologiens habiles furent appelés d'Italie, de France et d'Allemagne,

HiST01B£ DE POLOGNE

pour reinf>lir les fonctions sacerdotales. Les Polonais se montrèrent zélé^ partisans de la religion nouvelle, et poui prouNi^ qu'ils ëtaii'iil prèls à la servir comme à la (lefoiidre, ils (Mabiirent l'usage de tirer à lieiui le sabre hors (iii tourroau |H'iitiant I» saint Sficrifice de la messe, au moment où le prêtre récite TÉvangiie, et de ne l'y faire rentrer qu a|)rès l'antienne Gloire à toi Seigneur! Ce roi eut à soutenir des guerres fréquentes conln les Allemands à l'ouest, et à l'est , contre les Yarego-Skandinaves. Miecsyslafi mourut en 99S, en laissant le trône à son fili Bole8lasl«^

Boleslas fut pour la Pologne ce qu*ont été pour la Frana Gbarlemagne et Napoléon. Guerrier intrépide, il attacha ad

armes polonaises une renommée que rien n'a surpassée ; législateur, il organisa la Pologne judiciaire ; politicjue et admtnîstrateur, il donna la l icliesseet la prospc^rité à la nation, ijrand dan? la victoire, grand dans la défaite, il était toujours iaunense dt génie, de puissance et de volonté

Dès la première année de son avinioment, en 99?,B(>lesîas fut obligé de combattre Vladimir, duc de Kiiovie, dont les ancêtres, tirant le^r origine de Rurik, avaient en\ aUiles territoires appartenant aux Polaniens. Cette guerre d'un moment fut terminée par la paix entre Vladimir etBolestas, car ce dernier avait d'autres ennemis à combattre. Dès l'année 994, les Bohémiens envahirent la Silésie polonaise et s'emparèrent même de Krakovie. Boleslas se préj)ara si bien à cette canTjiagne, qu*en 999 il chassa les Bohémiens, reprit Krakovie; et pour consolider ses possessions méridionales, il franchit les Karpates, ne s'arrête qu au Danube et à la Theisse, et dans leurs eaux il fait éle\er îles colonnes en fer, qui mai'queul ainsi les frontières, de l auliquc Pologne.

L'empereur Otlion lil avait une grande admiration pour héros polonais, et il voulut contempler de ses propres yeux cette grandeur presque fabuleuse. Boleslas alla au-de\ ant de Fempereur à Pceen. Les deux souverains en arrivant à Gnèzne y furent reçus par le clergé, les grands du royaume richement revêtus, et une brillante armée. Des femmes éblouissantes d'or , et de })ierreries complétaient Tensemble de cet imposant cortège. Aux repas figuraient des vases (For et d'argent que Boleslas faisail porter cliaqkie jour chez TenipertHir à TissuiMlu icstin. 11 lui lit présent de trois eciit^ ea\aliers vêtus de rielies cuirasses, et combla îe^^ courtisans (le somptueux souvenii's. De son cnt('. Otbon lU iit présent au roi d une flèche de saint Maurice, en-

HISTOIRE DE POLOGNE

cîià>st^e <lans luw, lame, «i lui i lnu tiit' do la croix tle Jésus- Cljrist et d un sahrc magniliqur. lùiitn, à son rolour à Aivla- Cljapelle, Othon envoya à Boleslas un fauteuil d or massif, qu il Hi tirer du tombeau de ChaHemagne, et sur lequel ce prince fut trouvé assis ; ainsi le fauteuil du plus grand monarque de France servit de trône au plus grand souverain de la Pologne.

L'empereur Othon III mourut en 400S. Henri de fiavière, iBOÎns reconnaissant et moins généreux que son prédécesseur, porta envie à la puissance ds Boleslas-le^Grand et à la liiveur dont jouissait à la cour le margrave d'Autriche : il jura d'immoler ces deux piiaces à son aml)ili<)ii. Poui arrixer à ce but, il invita Boleslas et le margrave à se rendre à Mersebourir. Henri les reçoit avec les cérémonies d'usage ; mais au moment où il^ quittaient le palais, ils se voient assaillis |)ar des gens armés; on tombe sur eux avec une telle impétuosité, qu'ils sont forcés de briser les portes pour échapper à ce guet-apens. Le roi des Polonais lut miraculeusement épargné, mais sa colère fut terrible. Dans une nouvelle campagne il enlève la Luzaoe et h Miante, et panit ainsi la trahison de Henri.

A peine cette guerre est-elle terminée, qu'une autre se présente. Boleslas 111 duc de Bohème, désolait son pays par des cruautés inouies ; les Bohèmes supplièrent le roi de Pologne de les soustraire à ces cruautés, et il les en délivra. Dès lors l'empereur Henri divint plus que jamais jaloux de in prëpondéranci^ polonaise. î)e là des guerres luni;ueset sanglanh s entre ces deux princes. Boleslas, avec >hî pruuiptitu(Je ordinaire, franchit l'Oder et la Sprée, et prévient ainsi la réunion des forces allemandes à Dohrilug. Il remporte une grande victoire le S4 septembre et pour n'en pas perdre le fruit, il feint de se retirer en Pologne. Us Allemanda, ne se doutant pas du piège qu'il leur t^ , s'approchent par Miediyrzeç jusqu'aux environs de Posen ; là, ils sont entourée par les PolonaiSi sans pouvoir leur échapper, et Henri est obligé de conclure une trêve. Malgré cela les Allemands cberchenl encore à soule\er les esprits contre Boleslas; ic i^i and roi leur répond par une iu)ii\ elle guerre, et sept ans de victoires, de 1006 à 1013, leur prouvent que rien n'est impos^ 6Ùj\e au courage polonais.

De tout temps la Ponidranie de la Prusse faisaient partie du royaume de Pologne, mais comme les habitants de ces provinces tenaient opiniâtrement au paganisme, Boleslas fut obligé de les convertir k la religion chrétienne par les armes en 4043 et 4(M4, et en mémoire de cette guerre, il ht planter âee ink

IllSTomE ÎIK l»OI.O«XK

lonnes de fer (lan?^ les eaux de l'Ossa, qui se jette dans la Wistule près de Grudziondz (Graudenz).

Boleslas espérait pouvoir vaquer tranquillement aux soins de de la prospérité intérieure de la Pologne, lorsqu'une nouvelle guerre surgit du côté de l'est. Vladimir de la race envahishissante de Rurik et étrangère aux Slaves, mourut à Kiiow le 45 juillet 4045. Ce duc, ayant partagé ses usurpations sur la Pologne entre ses douze fils, fut la cause des guerres intestines qui les ravagèrent. A sa inovl tous se^î fils prirent les armes contre Sviatopolk, leur frère aîné. Ce prince, pour échapper à leur fureur, se réfugia à Gnezne, et supplia Boleslas-le-Grand, son beau-père, do soutenir ses droits les armes à la main. Ce roi, qui n'avait [)as Jouhîié les a2:rossions de Vladimir sous le règne de Mieczyslas ^''^et sous le sien, profita de cette occasion pour ressaisir la suprématie sur ses antiques possessions polonaises.

L'un des douze fite de Vladimir, Yaroslaf, envahit la Wolynie en 4IH7, croyant les forces de Boleslas concentrées sur un autre point. Biais la volonté de Boleslas répondait à l'infini |de sa pensée. Une armée polonaise marche à l'instant contre l'en^-

vahisseur, et dans une bataille sanglante livrée sur les bords du Bug, tout plie devant l'intrépidité des Polonais. Yaroslaf, si fier avant le combat, fut le premier à s'enfuir. Boleslas occupe la Wolynie, la Podolie et l'Ukraine, et campe sous les murs de Kiiow. Au nioincnt où il so prépare à faire le sii'i^e de cette "ville, il apprend que les Allemands forment une nouvelle coalition pour attaquer la Pologne. Mais il avait prévenu la tralii^son germanique, et une partie de son armée était prête à tenir tète à l'invasion. Ainsi fit Napoléon allant du camp de Boulogne à Austerlitz, ou d'Espagne à Wagram pour écraser les descendants de ces mêmes Allemands que Boleslas combattait huit cents ans auparavant. En effet, Boleslas quitte les bords du Dniéper, accourt sur ceux de l'Oder et de l'Elbe. Partout et toujours victorieux, Boleslas marque encore ses frontières en faisant élever des colonnes de fer dans la Saala, qui se jette dans l'Elbe. La rivière de la Saala bdïç^ne les mursd'ïéna. Les siècles s'écoulent, et les aisles d'or de Napoléon succèdent aux aigles blancs et aux colonnes do fer de Boleslas!

L'empereur Henri, voyant que rien ne pouvait résister à la supériorité des Polonais, demande en grâce la paix à Boleslas. Un congrès général fut convoqué en janvier 4048, à Budziszyn (Bautzen). Dans ces conférences, Boleslas impose ses condi-

JllsTOIRF. Di: POLOGNE

lîoiis, rentre ensuite à Gnezne, el au moi» de juillet de ta mèind année 104 S, il ouvre la campagne contre ducs ruftsiens. H reoiporte d'abord une victoire sur le Bug, et avec sa rapidité I onfinÛTe il assiège Kîîow. C'était alors tine ^^lle immense et j rivalisant de prééminence a\ee Con>Uinliiiu[>le ; elle possédait j quatre cents temples, huit cents mareliés. et une })opulation nombreuse. Le sié^e se prolonj^eant amena la famine, et la ville fut contrainte de se rendre. Bo!e<las. [)rét a v fain» -on entrc^e (seplemVire 10181, éprou\a un tel mouvement d impat leiu'c (pi'il Irappa la porte d'or a\ ('c le sabre que lui avait otJert à Gnezne l'empereur Ottion III. Ce sabre fut appelé par la suite sabre ihrè cfcé, de la brèche qu'il reçut dans ce choc; il fut religieusement i conservé jusqu'en 4795 dans le trésor royal de Krakovie. Pendant la cérémonie des couronnements des rois de Pologne, il était I attaché au côté de chacun d'eux; huit siècles ont été témoins de ; ces cérémonies. Jusqu'à présent la couronne de BotetUu et son «ère é6rérfeé ont pu échapper aux convoitises des souverains de I Vu ii[H' (le Berlin et de Pc^ersl)Gurg !... Ces glorieuses cnitit|uités I ndtiunales reparaîtront à l'i'iuxpie de la renaissance de la l^ologne ] libre, indépendante et dans .son ancienne intégrité!...

Sviatopolk avait recouvré son trône el réirnait à Kiiow par la sràce de Bolesias. l^armi les innombrables dé[)Ouilles que Boleslas emportait du trésor des descendants de Rurik, se trouvait une grande port* en bronze enle\ée à Constantinople par les Kiioviens. Depuis, elle fut déposée dans la cathédrale de Gnezne, en y seulpantle martyre de saint Adalbert.

Boleslas, en revenant Ains sa capitale, fut surpris au passage du Bug (>ar l'armée de Yaroslaf ; mais la valeur des Polonais fit tant de prodiges que les Russiens furent complètement battus ; émerveillés du courage du roi, ils le surnoauiièient Chrobry (le ' vaillant).

; Après avoir tant fait pour la gloire exléi-ieure de- Polonais, Bo- 1o?la^. lenti'é dans ses lofais, s'occupa du gouv(M"nement mttM'ieur. il entoura son trône (U^ ditférentes diirnitë curiales; ses otticiers étaient chargés de mettre sous les yeux du souverain les affaires

I examinées par les magistrats des districts. Il forma sous sa présidence un conseil de douze citoyens respectables par leur âge et

' leur probité; ils avaient mission de visiter les provinces, d'écou-

; tcries plaintes du paysan, et de veiller au maintien des lois qui mdonnaientde respecter la personne et les propriétés del'agriculteur.

Boleslas avait encore im acte à accomplir. Diiu.- ce temps les

empereurs de TAlleauigDe envoyaientdes couronnes aux rois nouvellement convertis à la foi chrétienne, et le [)ape seul s'attribuait hMlroit (le cons(MUir au sacre. Boleslas essaya (Je s'adresscM' au juijK'; mais cumiue il i'e<jut (\v> coïKiitiuns incouipalihies avec sou aulo] lté teiii|)orel!o. et coinuie de son coté ]'em|)e! vur intriguait contre les (lésii> «hi roi. relui-ci rtninit à Gnivn«* -.es é\cH]ueset ses auties dii^uilaires. et j)osa le décembre 1024 le diadème sur son t'iont. eomuie Napoléon de\ait le faire huit cent vingt ans plus tard en présence du ^peel des évèqueë, dans i'ëglise (ie Nul re-Dame de Paris.

fioJeslas-le-Grand mourut le 3 avril lOîô, à Posen, dans sa cinquante-huitième année et la vingt-sixième de son règne. Son corps fui dëpoeëà côté de celui de Mieczylas, son père. En 4806, Napoléon» lors de son passags de Berlin' à Warsovie, visita ces tombeaux, mais pourquoi cet enseignement resta-t-il stérile pour le rétablis^sement du royaume boleslav in et pour la sécurité de la France !...

Mieczyslas II, faible d'esprit et de caractère, sueet'dci à son père Boleslas-le-Grand, et ne sut pas gou\ernei\ Les \oi>ins de la Po- ]oLrn(^ pntlitrî'^Mit de celle faiblesse et en\ahirenl lepa^.s de plusieurs eot('s. Son fils Kasimir, en lui succédant en lOit, refoula les en\aliisseurs et répara le mal du passé. Le (ils de Kasimir, Boleslas II, surnommé le ffardi, se montra à la hauteur de sa missipn par son généreuxempressement à défendre la cause des princes voisins qui venaient réclamer sa protection. Bela, prince de Hongrie, Yaromir, duc de Bohème, laroslaf, duc russien, vinrent demander asile en Pologne, à la suite des troubles survenus dans leurs États. Les Polonais de cette l'pocpie tranchaient de grandes difficultés, et dans les immenses n'gions slavonnes rien ne se faisait sans la puissante influence de la cour de Gneznoou de Krakuvie. lloleslas II fut heureux dans les campagnes mi'il fil en Hongrie en 1061, en Bohème en 1062, et à deux reprises à Kiiow en 106H (^l en 1077. Maître de tous les territoires arrosévs jmrle l)iu('per, laBért'zyna et la Dzwina, tous les ducs ou k!iia/> russiens étaient à ses pieds; mais Boleslas voulut les rele\er de leur abaissement momentané, et il leur donna à chacun un duché, en se réservant la suprématie. Isaslaf et ses lils eurent le duclit' de Kiiovie, Yaropolk le duché de Wyszogrod, Vladimir le duclu' de Smolensk, Sviatopolk les duché de Wyszogrod, Vladimir le duché de Smolensk, Sviatopolk les duchés de Polotsk et de Novogrod. Isaslaf, [)énétré de reconnaissance, demanda au roi des Polonais, comme une gn\cc, de Thonorer d*une visite solennelle

HISTOIRE DB POLOGNE 3S

lllui offrit en échange autant de marcs d'argent *que son cheval pounait faire de pas pour arriver à son château. Boleslas se prêta aui dessins du duc et se rendit chez lui. I<a$%laf Tembrassa affectoeasement, et le prenant par la barbe, il dit au peuj)le qui était actouru pourvoir celte entrevue : Voilà une téle terrible, vous devez la craindre et la respecter î

Après son retour en Polo.i;nL\ Bnh^^his. à la suite d'un cunnit entreson autorité temporelle et raiiioriti' spirifuoîfp d(*!'(n(Mpie 4e Krakovie (Stanislas S/.c7.r|kano\\ (pii s iinniisi^ait dans sa jjolitique. fut assassiné [>ai le roi en 1079. A la suite do quoi Boleslas quitta la Pologne et mourut dans 1 obscurité à Ossiah, en Karynthie.

Wladistas I^', frère de Boleslas, lui succéda au trône ; il eut à repousser pendant son règne les invasions sur plusieurs points, fi eut un fils nommé Boleslas, qui, n*étant âgé que de neuf ans, accompagnait déjà son père dans les combats, oà il dé[)loyalt un courage précoce. En effet, lorsqu'il succéda à son père en ♦40îavec le titre de Boleslas 111 Boache de Imters, surnom qu'on lui donna à la suite d'uno maladie, il devint lun des plus grands rois de Pologne, et digue descendant (!e Bi'Ieslas I**" et de Bole>las 11. Pendant trente-sept an>de son rogne il soutint des guerres })re<(jue incessantes contre les Aile- Tiands, les Poméraniens, les Bohéuiiens et les lins-iens, et fut victorieux flans quarante-sept batailles. En 441 2 et 1143 il suivit fcs croisés français en Palestine, et en 1430 il se rendit en France pcmr faire un pèlerinage au tombeau de saint Gilles et y laissa des traces de sa munificence. Ce grand roi mourut en 1439 et divisa l'Etat en quatres parties pour donner un duché à chacun de ses fîls. Ce morcellement amena nécessairement des calamités, pendant le? règnes suivants de Wladislas II, de Mieczyslas 111, <le Kasimir 11, de Leszek II, de Wladislas 111 et de Boleslas V. Ce«tsons le règne de ce dernier que commencèrent en 4240 les tmibles invasions desTatars, qui, du fond de l'Asie, vinrent se vt(T sur la PoloLmeàqui revient réternel honneur d'aNoir ])ré- HTvé l'Europe occidentale de ces nouvelles hordes dévastatrices, comme plus tard elle Ta préservée pendant des siècles des hordes mo^vites et musulmanes 1 C'est vers cette même époque que la Litvanie se présente lière et \ aleureuse sur la scène politique de tlBurope pour agir et contre les Tatars, et contre les lloskovites. Déjà en 4048 comme en 1405, les braves Litvaniens se levèrent en nasse contre les Tarégo-Russlens ; une fois la lutte engagée, ib se répandirent impétueusement aitre le Niémen, le Bniépcr

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et la Dxvvina, coiidnils ])ar leurs ;;iaiKis-(liic llinj^old, Mendoi;, el plus tard par Lutuuor, WUeiies, GtHJymin, Ol^erd, Kie}5tut, W'ituld e( leurs lieutenants.

ABoieslas V suceeiJa Leszek-le-Noir, son ne^ eu. Mais dans l'espace de dix-sept ans i 1^8^-1306) la Pologne eut plusieurs guerres, et fut gouvernée par plusieurs rois qui se disputaient le pouvoir à différents titres. Ces rois furent Boieslas M, Henri l^r dît le Probe, Wladisias lY dit le Bref, Przemysla^ I*"^ et Winceslas de Bohème* Ces luttes furent terminées par Wladisias IV, frère de JLeszek-le-Noîr, qui surmonta tous les obstacles et prit pos> session du trône en 1306, en rendant la Pologne redoutable et glorieuse. Ën4349, il fut couronné à Krakovie, et prit le nom de Wladisias L'aigle blanc redevint l écusson de lElal. 11 couibattit vigoureusement les clie\aliei*s teutons, qui abusaient de 1 hospitalité polonaise, et jeta les bases de la prochaine union de la Pologne avec iaLit\ano-Uiilhénie, en faisant épouser eu \'Mo à son lils Kasiuiir la ùlie de Gedjmin, grand-duc do Lif\anie, comme il se rapprocha davantage de la Hongrie en faisant ëpou* ser sa sœur Elisabeth au roi de Hongri(» (Charles l''»'.

Wiadislas-le-Bref, en mourant en 4333, laissa à son fils Kasi* mir ili, mais qui voulut s'appeler 1*^ une couronne brillante, que le nouveau monarque sut rendre encore plus brillante, et à qui la postérité accorda le litre de Grand, Ce que son père avait commencé à la diète législative de Chenciny en 4334, Kasimir le consolida à la diète de Wisliça en 4347 j)ar un statut ou code qui assuiait la propriété aux paysans comme à la noblesse, et les assujettissait aux mêmes tribunaux et aux mêmes arrêts. 11 orL'anisa un \asto système de défense en entourant des remparts et de murailles soi\anle-dou/e \i!ies ou bouri^s. Piotecteur de scien- : ces, il fonda en 4358 i université de Krakovie, qui devint si célèbre plus tard.

Avec Kasimir-Je-Grand s'éteignit la lignée masculine des Piast de Pologne. Ce roi n'avait eu que deux lilles; mais, conformément aux conventions qui avaient été faites de son vivant, Louis de Hongrie, fils de sa sœur Elisabeth, lui succéda. Louis descendait desCapets par les ducs d'Ânjou, issus de Charles, frère de saint Louis. Confirmé en 4370 par les suffrages de la noblesse polonaise, il régna sur la Pologne.

Louis mourut en 138i, sa (ille Hedwige fut appelée au trùne de Pologne. Belle et vertueuse, elle sut rendre la Pologne heu- ; reuse. Parmi [)lusieurs prélendanis ù >a main, Ja^eilon-Oigerdo- '

wicz, grand*-duc de Litvauie, l empoi ia; il 1 épousa à Krakovie

HISTOIRE D« POLOGNE

on 43ë6, et le règ^e de sa dynastie fîit pour les deu\ peuples, unis fraterodiement, volontairemenl, une époque de gloire et de put»-

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