CHAPITRE VI
Goaronnfliiiaiit d^Alaxandi» U à Moskou. «-> Son voyage en Allema|De en iW el son entierue à Smtigmrdt am Napoléon III. — Promu» Ms tcajoura éludées. — Efforts d£« Polonais pour améliorer la positioa des paysans. — Empéchesdents suscités par les trois fioars co-psrta- ; géantes. — Initiative des propriétaires nobles litvano-mthénieBS* — Rescrlt d'Alexandre II du 8 décembre (90novembro s.) 1857 et pièces 7 annexées. — Efforts de la Société agronomique de Varsovie.
La cërëraonic du couroinu raent d'Alexandre II, qui eut lieu à Moskou le 7 se|)toaibre ISoG, eut le contre-coup des fait> (juô nous venons de mentionner. En septembre 1857, le tiâv fit un voyage en Allenuii^iie, où il eut, à Stuttgardt, une entrevue avec l'empereur Napoléon III. Selon la pensée traditionnelle, il y ût des promesses, avec l'intention formelle de ne point les réaliser. C'est à cette époque aussi qu*on reprit la question de I émancipation des paysans, et, alors comme dans le passé, la noblesse polonaise avait devancé le projet de cette mesure, et à elle revient donc la gloire de Fémancipation. Voici les faits authentiques appuyés par des actes vrais.
On accuse généralemect la noblesse polonaise d'avoir été, par l'abus qu'elle a fait de son autorité envers les classes inférieures. Tune des principales causes des malheurs sous lesquels la Pologne a succombé. Ces abus qui remontent à des temps éloignés, ont toujours été combattus par des publicistes nationaux et étrangers, et le mal se serait peu à peu etîacé, si la Po- | logne n'avait été, dans un état de crise, et distraite des améliorations intérieures par les luttes armées qu'elle eut à soutenir. , C*est avec le xvui« siècle que commença à se dérouler cette longue et incessante fatalité qui n'a pas d'égale dans les annales du monde. La Russie, la Prusse et TAutriche s^entendirent poar miner Pédifice politique de la Pologne,, ^t ce q^u'avaient com-
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mmcé Pierre I'^'" de Russie, Frédéric de Prusse et Léopold I«r d'Autriche, fut consommé par le machiavélisme de Catherine II, de Frédéric II et de Joseph H.
Dans cette vaste conspiration du despotiMiio contre la liberté, tous les moyens furent employés : calomnie, fraude, corruption, trahison, pour perdre les Polonais, et cependant ces derniers, dans cette lutte terrible,- cherchaient par tous leurs efforts à réformer les abus, et surtout à améliorer la condition des paysans.
Le roi Stanislas Leszozynsld, profondément pénétré des causes des malhcNirs de la Pofogne, provoqua des ré^Mrmes et fît entendre sa voix imposante. Aristocrate par naissance et par for^ tune, député à la diète, sénateur-palatin, ambassadeur, roi, réfugié, beau-père du rui de France Louis XV, il obliiil de la postérité le titre de philosophe bienfaisant. Il correspondait avec tous les philosophes et les |)ublicistes du xvin^ siècle. Il vit cinq règnes snccossifs en Poloiine, et, pour le malheur de sa patrie» la sien lui de courte durée.
Attentif à tout ce qu'avaient écrit, sur la réforme du gouvernement polonais, les anciens publicistes, à partir du xiv^ siècle, Leszczynski avait préparé, dès Tannée 47âO,.^t publié en 4733 ses célèbres Conridératiom sur le goîwêrnement 4ê la Pologne; là il indiqua les moyens de corriger les alûis, et pnovoqua awsi les publicistes polonais et étrangers à méditer et à exécuter les réformes qui devaient restaurer et sauver la république polonaise.
La confédération de Bar, formée le 29 février 1768, eut pour but d'érarler rinfluence moskovite, de di'fendre la relidon catholique contre laquelle le scliismatisino moskovite se déciiaînait et eulin d'émanciper les paysans. Pour obtenir ce grand résultat, les confédérés firent appel à la conscience des Russes eux-mêmes. Catherine II, irritée de semblables manifestatioas, ne recula devant aucun mensonge elle calomnia la noblesse et compliqua les questions qui pouvaient arriver à une solution. Elle disait aux paysans que la noblesse ne ferait rien pour eux, et qu'ils avaient tout à espérer de la Tzarine ; enfin, par son manifeste daté de Pétersbourg, le 20 juin 1768, elle pro\oqua les massacres des nobles polonais. Les massacreurs s'amusaient à pendre aux mômes potences un îîenlil homme, un moi ne, un juif et un chien, avec cette inscription : C'est tout un! On vit môme au même £rihet. une mère entourée de ses (piatre enfants. Une de leurs bandes enterra tout vils, et près les uns des autres, plusieurs centaines d'hommes, de manière que les tètes de ces
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malheureux paasasseui hors de iem^ et ensuite ils les faucbèrent coBune les herbes d*uQ champ. Ils ouvraient le ventre des femmes grosses, et à la place des enfants qu^ils en arrachaient, ils y enfermaient des chats vivants. Les puits étaient comblés de
cadavres d'enfants. Trois villes, plusieurs boui gs et des milliers de maisons éparses dans les campaj^nes furent brûlés. Une buixaataine de millo personnes de tout âge, de tout sexe, furent ë^îoi-gées.
C'est au milieu de pareils malheurs que se termina la confédération de Bar, et que s*accomplit, en 477S, le premier partage de la Pologne, dont les funestes coi»équences pèsent encore sur l'Europe entière.
La Pologne, luuj ours au-dessus tits é|irouvo> qiio la providence lui envoie, ne ce>«^a répondant de traMuller à son amélioration. Plusieurs citoyens se nurent à Tœuvre. espérant que Tavidite des puissances voisines était assouvie par le partage. On voulait améliorer l'état des paysans, on dotait le pays de beaux édifices, on créait des banques, des fabriques, des manufactures et des canaux. Dans la diète de 4776, on décréta la formation d'un nouveau Gode, dans lequel on s'occuperait avant tout de l'émandpation des paysans. Ce Code fut présenté à la diète de 4780. Tout aussitôt la Russie, la Prusse et TAutriche, aidées par les mauvais Polonais, ciierchaient à semer la discorde, pour anéanlir tous les projets de réforme, et ce Code fut écarté.
Mais les factions étrangères, après avoir atteint leur but dans rintérieur du pays, avaient besoin de Taccomplir à Textérieur. A cet effet, elles répandirent la calomnie dans le reste de l'Europe, et représentaient les Polonais comme des imrhireSy en dépit de toutes les idées philosophiques. Catherine II, Frédéric U et Joseph II surent ainsi rejeter sur les Polonais, ce qui était Tœuvre de leur propre machavelisme. Les publicistes polonais protestaient, mais leur voix était étouffée par les calomnies.
Huit années s'écoulèrent au iiiilioii de cet é(at ()(» choses. A l'ouverture de la diète de Warsovie, en 1788, on résolut de faire une nouvelle constitution. Mais dès le 5 novembre 1788, Catherine Il s'interposa pour empêcher toute espèce de réforme. Malgré toutes les cabales, la diète proclama, le 3 mai 1791, une nouvelle constitution, et avec elle les principes d'égalité, ceux de la prochaine émancipation des paysans; enfin on. établissait une monarchie héréditaire. Dès lors la haine des trois puissances n'eut plus de bornes. Elles, monarchiquês et kérÙUaim^
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accusèrent les Polonais d'un prétendu jacobinimê^ et le second partage fut accompli !
JEn 4794, lorsque la Pologne se souleva pour proteslcr contre ces iniquités, le dictateur Kosciiiszko, par son ordonnance du 7 mai ITÔi, améliorait la position des paysans; mais les trois puissances accomplirent en 179') l'anéantissement politique, et établirent un épouvantable despotisme.
En 4807, à l'époque de la formation du duché de Warsovie et de l'introduction du Code Napoléon, les paysans furent mis sous la protection des lois ; mais^ au milieu des guerres continuelles^ les nobles, comme les paysans étaient pressurés et forcés de faire sans cesse de nouveaux sacrifices, sans aucun résultat pour leur patrie.
Quand en 1812, Napoléon occii|)a la Litvanie, il iio voulut U[)porter aucune réforme dans les inslilutions du pays ni adoucir le sort des paysans, remettant à l'avenir ce qui était d'un intérêt immédiat; aussi sa puissance ne tarda-t-elle pas à s'écrouler.
En après la formation du petit royaume de Pologne, la nouvelle constitution maintint les principes des statuts du duché de Warsovie, quant aux paysans ; mais la Litvanie et les terres Ruthéniennes gémissaient sous le servage conservé par la Russie. Néanmoins, la noblesse de ces provinces fit, en 1818, tout ce qu'elle put |)our arriver à l'émancipation graduelle des payi^ans. Des mémoires pleins d'intentions généreuses furent soumis, à cet effet, à la sanction d'Alexandre I*-^, mais le Tzar, qui s'efTorvaiL de passer ])our libéral aux yeux de l'Europe, repoussa dédaigneusement les mémoires, défendant qu'on s'occupât à l'avenir de semblables questions Tl fit violemment disperser la nobles^, qui s'était réunie à Wilno, pour y conférer de ces graves intérêts*
En 4831, l'insurrection en Litvanie et dans les Ruthénies pro~ mit, à son début, d'émanciper les paysans, mais la révolution polonaise fut paralysée par raclion de la contre-révolution intérieure et par les intrigues extérieures des trois puissances copartageantes.
En 1846, une nouvelle insurrection qui éclatait à Krakovie, le février, proclamait l'entière émancipation des paysans, mais les mêmes puissances étoufiTèrent encore une fois la liberté polonaise.
Le 96 mai v. s. ou 7 juin n. s. 4846, Nicolas V"^ publia un oukase qui était inspiré par une arrière-pensée politique, dont
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TAiitriclie Msait alors la sanglante application en Galicie : tt s'agissait d'élever entre le paysan et le propriétaire une barrière d*intérét<ï rivaux, d'où piisf^ent sortir la discorde et la haine, et se poser, eu face des premiers, comme un défenseur,
un tuh'ur (iiir.
Les tniis pui>>;n^r(^< copartageantes avaient j)Our I»ut de nicltre t'tiit vu (i'ii\r(* jtoin- entretenir riiiimitiiM^t la déliance oiitro les nol)les et les paysans; la division tétait un moyen de détruire la solidarité entre deux classes qui aspiraient à Tindépendance nationale ; mais, la noblesse, malgré les entraves, no se lassait pas de persévérer dans ses projets; elle voulait arriver à l'égalité des classes vis-à-vîs de la loi. Nicolas I*', dans le but d'affaiblir la noblesse russe et d'anéantir peu à peu la noblesse polonaise, pensait aussi à émanciper les paysans ; mais il redoutait de provoquer une révolution sociale, et il retardait toujours la publication de cet acte. Alexandœ II lu siUiil aussi; mais la noblesse polonaise, (iinuiprelle sût les motifs secrets qui diri- | créaient hi politique riio^ko\il(% prit auj(nini'iiui, comme autre- j fois, riiiiliative de celte irrave mesure, et ce furent les Lilvano- Rutiieniens, les premiers, qui demandèrent à Alexandre II l'émancipation. Alors Alexandre II ne pouvait plus reculer, et voici les actes authentiques du gou\ernement russe qu'il dut promulguer, et par lesquels il est forcé de rendre hommage i l'initiative polonaise, et invite le reste de l'empire russe à suivre Cet exemple.
« Ïzarskoic-Siclo, 2 décembre (20 novembre v. s.) 1837.
Voici fl abord le rcscrit d'Alexandre II adressé au gouverncar • militaire de la Litvanie :
(( Des comités spéciaux, institués dans les i^onbernies de Wilno, de Kowno et do Grodno (c'est-à-dire les provinces polonaises LitvanO'Ruthëniennos), et composés de maréchaux de noblesse et de quelques autres propriétaires, avaient été chargés d'examiner le règlement des inventaires en vigueur dans ces provinces
» Aujourd'hui, le ministre de Tintérieur a porté à ma connaissance les bonnes intentions témoicrnées par ces comités à
rép:ard d(»s paysans de ces trois iroubernies..
» Approuvant pleinemfMi! lo< intentions de ces représentants de l;i noblesse de- irniil)(Miii(\> de W'ihiO, Kuwjio el Gro'lno. t u un ne étant conlormes ù mes vues et à mes désirs, j'autorise
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cette noblesse à procéder dès aujourd'hui à rëlaboration des mesures nécessaires pour la mise à exécution des projets desdits comités, à condition toutefois que Tœuvre ne soit accomplie que progressivement, afin de ne pas troubler l'organisation économique actuellement en vigueur dans les propriétés de la noblesse.
» A cet elî'et. j'ordonne :
» 1^ D'établir des aujourd'hui un comité d'Hiihoration dans chacune des trois goubernics jjrécitées, et, plus tard, une commission générale pour ces trois goubernies réunies, laquelle siégéra à Wilno.
30 2^ Chaque comité, présidé par le maréchal delà noblesse de la goubernie, sera composé des membres suivants :
» a Un propriétaire ])ar district élu [)arnu et par les possesseurs nobles des terres habitées de ce district.
w b Deux ineiabres choisis parmi les propriétaires les plus éclairés de cette goubernie et nommés directement par le gouvernement de la province.
)» 3o La oommission géniale se composera des personnes suivantes :
» a Deux membres de chacun des comités provinciaux, choisis par les coiuilés eux-mêmes.
» 6 Un propriétaire éclairé, par goubernie, à votre nomina* tion, choisi parmi les nobles les plus éclairés.
» c Un membre délégué par le ministère de Tintérieur. Il vous est réservé de choisir le président de la commission parmi lei propriétaires nobles qui feront partie de cette dernière.
» Aussitôt après leur forniation. lis romitf's jnfninciaux auront à procéder, chacun pour sa part, contormi'ment au désir exprimé par les représentants de la noblesse, à la réciaction d'un plan détaillé dans le but d'assurer et d'améliorer l'existence des paysans de ces provinces, en prenant pour base de ce plan left conditions suivantes :
» 1° Le propriétaire conserve son droit de propriété sur toute sa terre, mais les paysans conservent l'enclos de leurs habita-* lions, qu'ils ont le droil d'acquérir en toute propriété moyennant rachat, payable en un terme lixe ; ils ont, de plus, la jouissance de la quantiti' do terrain nécessaire, selon les conditions locales, pour assurer leur existence et leur donner le moyen de satisfaire à leurs obligations envers l'État et envers le proprié* taire. En compensation de cette jouissance, les paysans sont te*
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nus, soit de payer une redevance au propriétaire, soit de tnn vailier pour lui.
» Sto Les rapports intérieurs entre })aysans et propriétaires doivent être réglés de manière à garantir le service régulier des impôts à TÉtat et des servitudes et impôts provinciaux.
» Le développement de ces principes et leur application aux conditions locales de chacune des trois pro\ iiices est abandonne^ aux soins des comités {noNuiciaux. Le mini.^lre de rinlérieur i vous a commmunii|u<» -c:. \iu > a cet é.nard, et les comités pourront y avoir recours dans leur» travaux.
» Lorsque ces comités auront terminé leur travail, ils auront À le ^umettre à la comnûâsion générale. La commission, après i avoir pesé et examiné les propositions des comités provinciaux, et les avoir combinées avec les principes ci-dessus indiqués, aura à porter un jugement définitif dans Taffaire et à rédiger ud ' projet de règlement général pour les trois goubernies avec les ; exceptions et les variantes nécessaires pour chacune d'entre elles.
» En vous chargeant de la surveillance et de la direction gé- | nérale de cette œuvre importante dans les trois provinces de Wilno, KovMio el Urodno. ronliéos à vos soins, je vous autorist' à donner, tant aux comités provinciaux df» f-es trois trouht rnit's qu'à la commission générale, les instruclions nt'cessaires j^our assurer la marche régulière et le succès de Tceuvre qui leur est confiée. Les gouverneurs des provinces auront à vous aider dans raccompliasement de cette tâche. Vous aurez à présenter le projet, qui sera rédigé par la commission, ainsi que vos observations à ce sujet, à M. le ministre de Tintérieur, qui les soumettra à ma sanction.
» En offrant ainsi à la noblesse des goubernies de Wilno, Kowno et Grodno, le moyen de réaliser ses bonnes intentions, coniurmément aux principes que j'ai indiqués, j'espère que la noblesse justifiera îdenieiuenl la conliance dont je fais preuve envers elle en l'appelant à prendre part à cette œuvre importante^ et qu'avec l'aide de Dieu et l'assistance éclairée des propriétaires nobles, cette œuvre sera couronnée d'un plein succès.
» Vous et les gouverneurs des provinces placées sous vos ordres, vous veillerez à ce que les paysans restent soumis aux pro* priétaires, et quHls n'ajoutent aucune foi aux insinuations mal* veillantes et aux bruits erronés qui pourraient se produire.
p Je demeure avec bienveillance. »
Alexandre.
HISTOIRE DE POLOGNE
Office adressé par le ministre de Vinièrieur au gouverneur
mUiîaire de la Litvanie,
Saini-Pëtersbours, 3 décembre (21 novembre v. s.) 1857
« J'ai eu le bonheur de soumettre à S. M. reinpereur les coinmiinirations ((lie Votre Excellence m a adressées reIativein<Mit au (h'sii- tiuOal exprimé les comités formés de maréchaux <ie nol)lesse (^t (les propriétaires (lan> les lioubernies de Wilao, Kow no et (jrrodno, pour la révision des rèiilcmenta îles inrentaires. Le désir exprimé par ces comités pour 1 amélioration du sort des paysans babitant des terres appartenantes à des particuliers, consiste à libérer ces paysans du servage.
« C'est avec une satisfaction toute particulière, que l'empereur a appris ce noble désir de la part des représentants de la noblesse des trois susdites goubernies. Par le rescrit qu'elle vous adresse. Sa Majesté daigne en conséquence autoriser la noblesse de ces goubernies, à procéder à la rédaction des projets iiécessaires, et à instituer à c^t ellet des comités s|>éciaux dans cîiaciine de ces c:oubprnies, plus une commission Lr(Mi«»rale pour luutes les trois. Dans ce rescrit, Sa Majesté a daiynt* iiidiijuer tant l'ordre qui doit être mis dans les travaux de ces ditlerents comités par les principes généraux d'après lesquels cette œuvre peut être mise à exécution.
» £n complément des instructions indiquées dans ce rescrit pour la composition des comités et de la commission établie à ce sujets ainsi que pour l'ordre de leurs travaux, Sa Majesté a daigné ordonner ce qui suit :
» 4o Pour l'élection, dans chaque district, des membres des comités provinciaux, la noblesse aura le droit d'élire, si elle le désire, k iuanu lial de noblesse de son district.
)) i'^ 11 S(>ra fait un devoir à la noblesse d'élire, sinuilumément avec les niemliro< d( - comités, des candidats substituts pour chanm de ces uieuibres^ qui auront à les remplacer en cas de maladie ou d absence.
» 3^ L'élection par la noblesse des membres des comiës et de leurs candidats-substituts devra ôtre soumise à l'approbation de Votre Excellence. Ceux parmi eux qui voudront obtenir des congés, devront s'adresser : les membres des comités des goubernies aux chefs de ces goubernies^ et les membres de la commis* sion générale à Votre Excellence.
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» 4** Le droil de fixer et de payer des honoraires aux membres
des eoniih's, niii^i qu'il ceux de la commission.
» 50 Les iiouvci rxMir^ des (>ro\inces, ayant à exercer une t-ur\ cil lance permatunite <\\r les travaux dcr? comités, j)euvent exii^er la communication dos procès- verbaux des séances.
» 6* La commisâion générale est tenue de présenter à Votre Excellence le procè^verbai do ses délibérations. Dans le cas où TOUS seriez d'une opinion différente à la sienne, voas lui proposeriez vos obsen'aiions. Lorsque ces observations seront acceptées par la commission, elle devra changer sa résolution, sans devoir se croire liée parles décisions antérieures. Si par contre, la commission n'est pas d*accord af\'ec vous, vous devez, selon la -j avité du cas, me le communiquer immédiatement.
)) 7" Les comités provinciaux seront tonus de terminer leurs travaux dans !(> tormo de six mois, à partir du jour de 1 ouverture de leurs séances. La commission iroïK'ralo est également tenue de terminer ses travaux dans un délai do six mois à partir du jour où elle aura reçu communication de tous les projelàqui auront été élaborés au sein des comités provinciaux*
» 8* Dans le cas où l'un de ces comités ou bien la commission générale, viendrait à s*écarter du but qui leur est indiqué, et entrerait dans des discussions ayant trait à des sujets étrangers à leurs délibérations, Votre Excellence est autorisée à suspendre immédiatement c^s délibérations, et m'en donner avis pour en faire un rapport à 1 Cmporour. Sa Majesté a bien voulu en même temps mo rliari:or de communiquer à Votre Excellence mes propres considérai tons.
» Kn UH» ('(wil irmant à cet ordre supréino, ot prônant en considération les roi;tos adoptées jadis dans le même but dans les provinces balliques, ainsi que les idées et les avis intentionnels émis par les coniit('s des inventaires des goubernies de Kowno, de Grodno et de Wilno, je pense qu'il est indispensoble que les comités qui vont être nouvellement institués dans ces goubernies aient en vue les règles et les prévisions qui suivent :
» 4* L'abolition du servage des paysans ne doit pas être ac* complie d'un seul coup, mais progressivement. A cet effet, les paysans doivent se trouver au commencement dans un état transitoire, c'est-à-dire plus ou moins afîormés à la terre ; et c'est seulement ensuite qu'ils entreront dc'finitivement dans la condition d'hommes lil)ros, lorsque lo gouvornemont les aura autoriî*és, à certaines conditions, à jiassor d'une localité dans une autre. Pour la durée de cet éUi transitoire, il sera nécessaire de
HISTOIRB DE P0L06NB
fixer un terme, qui no devra pa? ^'ôtendro au-delà de douze ans.
ï) 2° Conformémenl aux piincipos rtabii^ dans îe TTScrit impérial, les projH-iotairos conservent knns droits de propriété sur leur» domaines; mais, afin d'éviter les dangers qui pourraient rrsiiUer pour la population agricole d'une vie errante et vagabonde, le? paysans conserveront leurs enclos [au$$adébnaia osiedio8t) qu'ils auront ensuite à acquérir en toute propriété au nmyen du rachat, dans un laps de temps à déterminer. En outre, afin d'assurer leur existence et de leur faciliter Taccomplissement de leurs devoirs fiscaux, tant envers TÉlat qu'envers- les propriétaires, il leur sera alloué, selon les localités, une quantité de leirain suffisante, dont ils payeront la jouissance au jiropriétaire, soit par redevaiit f (ohrok), soit par travaux personnels.
Pour le déveloj)penieut et Tapplicaticui de ces principes dans t is leurs détails, il est indispensable de prendre en considération des observations suivantes •:
)) 1*^ V enclos du paysan se compose de la maison ou cabane qu'il habite, avec la cour et les dépendances, et du potager, avec toot le terrain cbmpris dans Fenclos.
» ^ Les droits de condition libre et le droit de propriété de Vendos ne seront acquis aux paysans qu'après le versement, qu'ils auront à effectuer pendant la durée de leur état transitoire, d'une somme qui ne devra pas dépasser la valeur réelle de Vendus acquis ])ar eux en toute propriété.
)» 3o Ce versement pourra être fait, soit en arîrent, soit en travaux particuliers et indép'Mulauts de ceux que les paysans sont tenus d'exécuter sous forme de redevance pour la terre qui leur est allouée en usufruit, eu vertu du 5 du présent article;
)> 4o En dehors de VencloSy tout le reste de la terre doit être divisé, d'après le partage de son usufruit en terre seigneuriale et en terre allouée aux paysans ;
1» 50 Là terre qui aura une fois été allouée en usufruit aux paysans ne pourra plus jamais être réunie aux champs seigneuriaux ; elle devra rester toujours en usufruit aux paysans, en échange, de la part de ces derniers, de redevances soit en servitudes et en travaux personnels, soit en argent {pbrok et en nature).
y> 6o La quantité de la terre allourt^ i\r cette manière en usufruit aux paysans, dans le but d'assurer leur existence et de leur faciliter Taccomplissement de leur devoirs fiscaux envers l État et envers le propriétaire, devra être réglée suivant les conditions et les coutumes de la localité ;
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» 7® Le mode d'après lequel les paysans jauirout de rusufinût de cette terre sera également établi d'après les coutumes locales. Dans les localités où eiiste rorganisation de la commune, il faut, sans porter la moindre atteinte à cette oi^anisation, conserver à chaque famille {siimieUîwo), le droit à un certain lot de terrain, en tâchant tuutefois (l'éviter autant que possiblo de trop fréquents partages et éc'hanîies de re?î ]ot^. Quant aux localités ou existe le parUijre de la terre pai- feu iidivor) et ou la !< rre est divisée en iposielki), ou fermes ayant des maîtres fermiers et des journaliers f6<i(/y//. , il faudra prendre des mesures^ propres à assurer à ces journaliers ou garçons de ferme (batrak)^ un domocile stable, et à déterminer d'une manière régulière, leurs mpports avec leurs maîtres.
» 80 Le payement aux propriétaires des redevanes en ser\itudes et travaux personnels, ou en argent et en nature, est obligatoire, seulement pour les paysans qui ont reçu des terrains ea usufruit. Dans les localités où les paysans se divisent en fermiers et en ^batraks] ou en journaliers sans terre, ces derniers ne \ ptMirront être requis au IraNail, qu'à la condition que leur tra- ' vail sera rétribué :
» 9® Le montant piuportiunnel tant de ïohrol\ que des ser- \itudes et travaux jiersonnels, devra être établi d'une manière positive d'après 1 étendue et la qualité de la terre cédée aux paysans en usufruit;
» 40<» Les servitudes et les travaux personnels devront être ; vendus par les paysans d'après des règles {ourotekniia polojaiital 1 que les comités provinciaux auront à établir de la manière la ! ' plus simple et la plus pratique ;
» En cas d'irrégularité de payement de Vohrolc, le propriétaire pou ira exiger du délinquant le travail personnel; en cas d'irré<iularit(» de ce second mode depa^ ement, le propriétaire aura le dioit de retirer au paysan ia portion de terram qui lui a été cédée en usufruit.
» La police rurale reste dans les attributions du propriétaire. Les paysans doivent être divisés en communes rurales. L'administration des affaires de la commune et la justice communale, sont réservées aux assemblées communales, ou bien à des tribunaux communaux composés de paysans, sous la surveillance et après conGrmation du propriétaire ;
» 42^ Pour surveiller Fintroduction et robser\*ation des nouveaux règlements, ainsi que pour statuer sur les contestations qui peuvent sur^^ûr entre les propriétaires et les pay sans, on
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pourra établir dans chaque district des tribunaux particuliers. Â cet ëgard, il ne serait peut-être pas inutile d'appliquer, ne
fût-ce que dans certaines limites, les règlements existants dans !os |)rovinces baîtiques, autant du moins ^ue l'application de ces mesures {xiaiia païailre, même dans leurs moflilirations, possible et praliriue, suivant les particularités, le mode d administration et de JurKiiction locales dans les gouberniesde Wiiao, Kowno et de Grodno ;
» 430 Dès que le nouveau règlement sera confirmé et entrera en vigueur :
et 4« Sera abolie toute aliénation des pavsans séparément de la terre, soit par vente, donation ou par tout autre moyen ; sera également aboli le transfert des paysans dans d'autres localités
contre leur volonté; d'un autre côté les paysans n'auront pas le droit, jusqu à ce qu'ils aient acquis leur entière liberté, de quitter leurs villages sans la permission du propriétaire sur les terres duquel ils sont établis;
» i*^ La conversion de WHal de paysan en celui de dogiesticité attaché à la cour des pro[)ru'taires [dfcororyè lotidi) doit être supprimée, et des mesures particulières devront être prises pour la diminution progressive de cette classe, et finalement, pour sa complète abolition, par le moyen de sa conversion en paysans avec partagé de lots de terrain, ou bien en les comprenant avec rautorisation des propriétaires, dans la condition d'hommes libres. Les détails qui se rapportent à ce sujet demandent particulièrement à être examinés et développés sur les lieux mêmes;
» 3** Pendant tout le temps où les paysans resteront dans un état transitoire, les propriétaires auront le droit, d'un commun accord avec les coimmiiies, de livrer au recrutement ceux des pavsans qui se seront rendus coupables de délits ou (!e mauvaises mœurs, ou de les livrer à la disposition du gouvernement pour les transférer dans d autres provinces, mais seulement après confirmation par les tribunaux particuliers qui seront institués dans ctoque district en vertu du nouveau règlement;
9 40 Les projets qui seront élaborés au sein des comités provinciaux doivent établir et indiquer :
» a Les règles à suivre pour l'acquittement par les paysans de leurs droits de recrutement, et la désignation des recrues, lesquelles doivent être réservées aux comiuuncs elles-mème, sauf approbation des propriétaires.
» b Des moyens d'assurer raiimcnUîKHi publique et d'organiser le payement régulier du fisc des impôts. A cet eliet, il
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serail peittrétre uUie d'imtfiiorer les magasins communaiULt d'organiser des cultures eonuBunes, et de fonder des capitaux eemmunaux {obêtcheêtvenn^ zapasH % minkiè ibsfittUy).
» c Les mesures indispensables pour propager panni U» paysans rinstruclîon première el les métiers utiles, pour asmer le sort des Tîeiilards et des ncHRevalides, pour venir en aide wax malades, etc.
h En communiquant loîit m qui ])récède à Votre Excellence, j'ai l'honneur tlo voUï> piicr, HKni.^ieiir, lio vyuiuii' bien, en ^on temps. souiiioUre toute» les cunsidéralioas ci-dc-^us deUiUees aux comités provinciaux. Dans les cas où ces cuiintés, par suite de considérations locales, trouveraient impraticables i'uae ou l'autre de ces considérations, je prie Votre Excellence de vottk>îr bien inviter les comités à expliquer en détail, dans leurs résolutions définitives, les raisons qui les auraient empècbés d'accepter*
» Le nunUtre de l' intérieur ^
9 S. LanssoI. »
Circulaire adrp^^ôe par le mintHii e de rintèrieur à tous les gouverneurs luiliLaires et civils^ et atix ïtmrêcbaux de noùksse de toutes Ui ^ulieraiss de l'eui^iré.
€ Les comités composés des maréchaux de tai nolteise et des
propriétaires qui ont été établis dans les ^bennes de Wilao,
de Kowno et de Grodno, dans le but s|>écial de rës iser les ré-» glementsdes inventaires, ont reconnu ((ue, po u améliorer et assurer l'existence des paysan^ lialnicuil des rus <ipparlenant à des particuliers^ il est indispensable de les libérer du 3er^ a^îe.
» Sa Majesté, ayant appris avec une satisfaction toute particulière, cette noble intention des représentants de la noblesse des susdites trois goubernies, a daigné, par tm rescrit adressé à M. le gouverneur militaire de Wilno et gouverneur-général, de Grodno et de Kowno, sous la date du novembre {% décembre), autori^ ser la noblesse de ces . goubernies à établir, peur élaborer les projets nécessaires à cet égard, des ccmiités spéciaux dans chaque goubernie et une commission générale pour les trois goubemiesf composés Tune et l'autre des propriétaires nobles, à la condition que dans l'élaboration de ces projets ils se guideraient d'après
HISTOIRE 0E POLOaNÉ
les principes établis par 1 .himpereur clans son rescrit. En même temp^ sur l'autorisation de Sa Majesté, j'ai coaunuiitqHé au goi>> verneur-^général précité quelques coasidéntioBS que les conôtés en question pourront utiliser et suivre dans leurs traTaux.
» Toutes ces pièces, j'ai l'honneur, Monsieur, de vous les transmettre ci-après en copie, pour votre information particulière ainsi que pour votre gouverne, dans le cas où la noblesse de la goubernie confiée à vos soins exprimerait la même intention que celle des trois goubernies mentionnées plus iiaut,
» Le ministre de l'intérieur^
» S. LanskoL »
De son côté, la noblesse du royaume de Pologne travaillait dans le même sens. £lle fonda une société agronomique ou agricole, afin de faire sortir les paysans d'une situation précaire, pour leur en donner une autre, basée sur les principes de l'égalité et en faire des propriétaires terriens.
GHAPITRË VII
ComniiMj cément des manifestations paciOqpies en Pologne — Réunion, des monarques de Russie, de Prusse et d'Autriche à Varsovie. — Evénements tragiques du 25 février 1861 et jours suivants. — Emancipation des paysans proclamée le 26 février, et l'adresse des Folunais à Alexandre II, signée le 27. — Réponse négative d* Alexandre 11. — Manifeste russe de l'émancipation la 3 mars (19 février v. s.) iSôl. — Dissolution do la SocicU; agroauiiii(|atî. — iNouveaujL massacres des Polonais par ic^ Mosku vîtes.
L'année 4860 s'ouvrit au milieu des ëvén^sieiits qni précèdent. Quoique la guerre de Krimée, en 4855, et la guerre d'Italie en 4859, n'eussent encore apporté aueume améliordtîott
dans le sort des Polonais, ceux-ci espéraient néanmoins, que ce qui avait été fait pour les autres naLiunalités, serait fait pour la leur.
Los premiers syiïij)tomes des manilestations pacifiques se réveillèrent eu juillet 4860, lors des obsèques, à Warsovie, de la veuve du générai Joseph Sowinski^ mort héroïquement à la défense de Warsovie en 4 834 ; le convoi de cette dame patriote
HISTOIftB DB POLOGNE
étaïUlesplus iniposaïUs. Les trois co-pai ta.L'f nii- > riTrRyèrent,el au mois d'octobre 4860 ils tinrent personneilcinenl un Congrès anti-polonais. L'anniversaire de la révolution du ^9 novembre fut célébré^ celio fois, ostensiblement, au irrand déplaisir de la polioe russe. L'anniversaire de la bataille de Grochow, célébré le 95 février 4864, fat réprimé avec une violence sans exemple; on massacra, sans pitié, les femmes, les enfants et les hommes désarmés. Le 26, les troupes moskovites entourèrent le palais ou siégeait la société a|i^nomique ; mal,<;rë cela, ses membres votèrent à ruiianimité la suppression de la corvée ; un ca])ital, repn^senté par des lettres de j^'aiies (obliiiations) était consutuc, aliu d iiuleinniscr !of? propriétaires qui cédaiont au\ pa} sansl(\^ champs <|uei'eu\-ci cuit i\ aient pour roiitretien de leurs l'aiiiilles et dont ils auraient renlu re propriété, après le payement, par annuités, des lettres de gages; enfin un don patriotique d'un cinquième était accordé aux paysans sur la valeur intégrale desdiles terres.
Le S7 février, au milieu do nouveaux massacres de la population désarmée, la société agronomique vota une adresse à Alexandre II, pour lui exposer Tétat des choses, en le sup^ pliant de prévenir des malheurs ultérieurs. Voici cette adresse :
c Varsovie, 15-27 février 1861.
« Sire, les douloureux événements qui viennent de sa passer a Warsovie. la longue ir?-itation qui les a précédés et le profond sentiment de tristesse qui a pénétré tous les esprits, nous amènent à porter la présente requête aux pieds de Votre Majesté, au nom de tout le pays, espérant que \ otre noble cœur, sire, ne restera pas sourd à la voix d'une nation infortunée.
» Ces événements, dont nous nous abstenons de décrire les scènes poignantes, n'ont aucunement été provoqués par les passions subversives d'une classe de la population : ils sont, au contraire, la manifestation unanime et éloquente de sentimeots refoulés et de besoins méconnus. Notre nation qui, pendant des siècles, avait été réjzie par des institutions libérales, endure depuis [>lus de soixante ans les plus cruelles souffrances : privée de tout organf^ légal pour faire parvenir au trône ses doléances et l'expression de ses besoins, elle est forcément réduite à ne faire entendis sa voix que par le cri des martyrs que chaque jour elle oûre en holocauste.
histoihe de pologms
w An fond do )";ime de chaque Polonais brûle un siMitiment indestracLibie de nationalité : ce sentiment résiste au temps et à tontos les épreuves; le malheur, loin de Taffaiblir, n'a fait que le fortifier; tout cé qui le bleâse ou le menace, bouleverse et inquiète les esprits.
» Aussi, toute confiance a-t-elle cessé entre gouvernants et . gouvernés. Les moyens répressifs ne sauraient la faire renaître, (juelles que soient leur violence et leur durée. Un pays jadis au nneau de la civilisation de ses voi.sins d Occident nv saurait d ailleurs se dtHolopper moralement ni matériellement tant ([ue son fi<ïlise, sa h'irislation, son instruction publique et toute son organisation sociale ne seront pas marquées du sceau de sou génie national et de ses traditions historiques.
» Les aspirations de notre nation sont d autant plus ardentes, que, seule aujourd'imi dans la grande famille européenne, elle manque de ces conditions absolues d'existence sans lesquelles une société ne saurait fournir la carrière que lui a tracée la Providence.
» En (Jéposant aux pieds du trône l'expression de notre douleur et de nos fervents désirs, confiants dans la haute équité et dans la justice de Votre Msy esté, nous osons, sire, en appeler à votre magnanimité. »
{Suivent des centaines de milliers de sigmtures,)
En date du 44 mars (27 février v. s.}, Alexandre II répondit négativement àcette adresse, et la regarda comme nulle et non avenue; mais furieux d'avoir été prévenu par les Polonais, à
l'endroit de l'émancipation et sans que les travaux préparatoires
fussent terminés à Pétersbourfi:, Alexandre 11 dut publier son manifo-U" (rémancipation, six jours plus lard que celui des Polonais, c'est-à-dire le 3 mars (ou 49 lévrier v. s.). Voici cet acte :
« Par la grâce de Dieu, nous, Alexandre 11, empereur et autocrate de toutes les Hussies, roi de Pologne, grand-duc de Finlande, etc.
» A tous nos fidèles sujets, savoir faisons :
» Appelé par la divine Providence et par la loi sacrée de 'hércklité au trône de nos ancêtres, nous nous sommes promis lu fond du cirur, aiin de répondie à la mission qui nous est :on(iée, d'entourer de notre atlection et de notre sollicitude iupériaic tous nus iidèics sujets, de tout rang et de toute con-
UISTOIRE DE POLOGNE
dition^ depuU l'homme de gaerre qtrt porte noblement des armes pour la défense de la patrie^ jusqu'à llmmble artisan voué aux travaux de l*industrîe; depuis te fonetiontiaive qui parcourt la carrière des hauts emplois de FËtat. juâ([aau laboureur dontla
charrue sillonne les champs.
» Va\ considérant les diverses clas-i\- et conditions dont se cunij l'État, nuus souiuies cuuvaincu que la léf:islatin:i de 'empire ayant saL'eiaent pourvu n l'oriranisalinn des clasae» mjp^rieiires et inouMines, et déterminé avec [irécisidn Icuf^ obligations, leurs druils et leurs privilèges, n'a [)iis atteint le mémo degré d efficacité à l'égard des paysans attachés à la glèbe (kreposfiné), ainsi désignés parce que, soit par d'anciennes lois, âoit par l'usage, ils ont été assujettis héréditairement à Tautorité des propriétaires, auxquels incombait en même temps Tobligation de pourvoir à leur bien-être. Les droits des propriétaires ont été jnsqu'à ce jour très-étendus et imparfaitement définis parlaloi, à laquelle on «uppîée par la tradition, la coutume et le bon vouloir des propriétaires. Dans les cas les plus fax orablc?, cet ordre de choses a étal»li di's replat ions patriarcales fondées sur une sollicitude sincèrement é/|uital)le et bienfaisante de la part des propriétaires et sur une docilité atlcctueuse de la part des paysans. Mais à mesure que diminuait la simplicité des mœurs, cpie so compliquait la diversitc* des rapports mutuels, que s'alfaiblissait le caractère paternel des relations des propriétaires avec les paysans, et qu'en outre Tautorité seigneuriale tombait quelquefois aux mains d'individus exclusivement préoccupés de leurs intérêts personnels, ces liens de bienveillance mutuelle se sont relâchés, et une lai^e voie a été ouverte à un arbitraire onéreux aux paysans, défavorable à leur bien-être, qui les a portés à 1 indillérence pour tout progrès dans les considéraùons de IcMjr existence.
» Ces faits avaient déjà frappé no? prédécesseurs de dorieu?e mémoire, et ils avaient pris des mesures afin d'améliorer le sort des paysans. Mais, parmi ces mesures, les unes se sont trouvôt'S peu décisives, en tant qu'elles restaient subordonnées à Tinitialive s})ontanée de ceux des propriétaires qui se montraient animés d'intentions libérales; et les autres, provoquées par des circonstances particulières^ ont été restreintes à quelques localités ou prises seulement à titre dressai. C'est ainsi que Tempereur Alexandre l^^ avait publié le règlement pour les cultivateurs libres, et que feu reinpireur Nicolas notre père bien-aimé, a promulgué celui (^ui couccrno les paysans ohli^à
L iyu .-cd by GoOglé
HISTOIRE DE POLOGNE
par contrat. Dans les i^oubernies de l ouest, los règlements tliis inventaires a\ aient fixé rallocation torrilorialo dévolue aux paysaîx aussi bien que le taux de lriii > redevances. Mais toutes ces réiormes n'ont été appliquées que dans une mesure trèsrestreinte.
» Nous nous sommes donc convaincu que l'œuvre d'une amélioratioa sérieuse dans la condition des paysans était pour nous un legs sacré de nos ancêtres, une mission que, dans le cours des événements, la divine Providence nous appelait à remplir.
» Nous ayons conmiencé cette œuvre par un témoignage de notre confiance impériale envers la noblesse de Russie, qui nous t donné tant de preuves de son dévouement au trône et de ses dispositions constantes à faire des sacrifices pour le bien de la patrie. C'est à la noblesse elle-même que, conformément à ses propres vœux, nous a\ ons résolu de formuler des propositions pour la nou\ell(* organisation (h\> f^aysans, propositions qui entraînaient j)our elle la nécessité de limiter ses droits sur les paysans, et d accepter les charges d'une réforme qui ne pouvait s'accomplir sans quelques pertes matérielles. Notre confiance n'a pas été déçue. Nous avons vu la noblesse, réunie en comités dans les goubemies, faire, par Torgane de mandataires investis de sa confiance, le sacrifice spontané de ses droits quant à la servitude personnelle des paysans. Ces comités, après avoir recueilli les données nécessaires, ont formulé leurs propositions concernant la nouN elle organisation des paysans al lâchés à la glèbe (krepostnyé) dans leurs rapports avec les propi K'taires.
Ces propositions s'étant trouvées très-di\ er^es, comme on j)Oii\ait s'y attendre d"ai)r('s la nature de la question, elles ont été confrontées, collationnées et réduites en un système régulier, puis rectifiées et complétées dans le comité supérieur institué à cet effet ; et ces nouvelles dispositions ainsi formulées, relativement aux paysans et aux gens de la domesticité [dtorovyé)^ des propriétaires, ont été examinées au conseil de Tempire.
9 Après avoir invoqué l'assistance divinoi nous avons résolu de mettre cette œuvre à exécution.
» En vertu des nouvelles dispositions précitées, les paysans attachés à la iîlèbe seront investis, dans un terme iixé par la loi, de tous les droits des cultivateurs libres.
» Les propriétaires conservent leurs droits de propriété sur toutes les terres qui leur appai lienuent, réservent aux pavsans, moyennant des redevances d(»terminées par les règlements, la pleine jouissance de leurs enclos, et en outre^ pour assurer leur
HISTOIRE OB POLOGNE
exi-trnroet garantir racconiplissemciit «le lonr- oliliLiUiuns à-\is (lu gouvornemenl, la quantité de terre aral)le fixée par lesditos dispositions, ainsi que d'autres appartenances rurales ((mgodiê).
» Mis en jouissances de ces allocations territoriales, les paysans sont obli$|[és, en retour, d^acquitter, an profit des propriétaires, les redevances fixées par les mêmes dispositions. Dans cet état, qui doit être transitoire, les paysans seront considérés comme temporairement ohligh.
») Kn iiiètne temps, il leur est accordé le droit de racheter leurs iMiclos, et. avec le conseiilement des propriétaires, ils pourront actpiérir, en toute j>ropriétë, les terres aialilc-, et HutK s appartenances (jui leur sont allouées à titre de jouissance permanente. Par Tacquisition en toute propriété de terre fixée, les paysans sont affranchis de leurs obliizations envers les propriétaires pour la terre ainsi rachetée, et ils entrent définitivement dans la condition des paysans libres propriétaires.
» Par une disposition spéciale concernant les gens de la domesticité (deorovyê)^ il est fixé pour eux un état transitoire adapté à leurs occupations et aux exigences de leur position. A Texpiration d'un terme de deux années à dater du jour de la pron)u!^aiion de ces dispositions, ils recevront leur entier atîranchisseTuent et quelqu» s iiiiinmiil(''s temporaires.
(Vest d'après ces |)rinrip('> uuiamentaux qu'ont été kn imlées les dispositions qui déterunnent Torî^anisation future de> paysans et des ^ens de la domesticité fdvorovyè), qui établissent l'ordre de l'administration générale de cette classe, et spécifient dans leurs détails les droits donnés aux paysans et aux gens de la domesticité, ainsi que les obligations qui leur sont imposées vis-à-vis du gouvernement et des propriétaires.
» Quoique ces dispositions générales et les règles spéciales complémentaires pour quelques localités particulières, pour les terres des petits propriétaires, et pour les paysans qui travaillent dans les fabriques et usines des propriétaires^ aient été, autant que possible, appropriées aux nécessités économiques et aux coutumes l()cal(\s. cependant pour conserver Tordre existant là où il présente des avantages réciproques, nous réservons aux propriétaires de convenir a^ec les (>aysans d'arranfrcments à l amiable, et de conclure des transactions relativement à l'étendue . de l'allocation territoriale et aux taux de redevances à fixer en conséquence, tout en observant les règles établies pour garantir l'inviolabilité de pareilles conventions.
HISTOIRE DE POLOGNE
î) Comme la nouvelle orgiiiiisalion par suite do la complexité inévitable des changement^î qu elle comporte, ne peut pa> Mre mise immédiatement à exécution; qu'elle exii^e un esi)ace de temps qui ne peut être de moins de deux ans ou environ, afin d*é\iter tout malentenrlu, et de sauvegarder Fintérét public et privé durant cet intervalle, le régime existant actuellement dans les propriétés des seigneurs doit être maintenu jusqu'au moment où un régime nouveau aura été institué par Tacbèvement des mesures préparatoires requises.
» A ces fins, nous avons trouvé bon d*ordonner :
» O D'établir dans chaque goubernie une cour spéciale pour la question des paysans ; elle aura à con naître des alFaires des communes rurales établies sur les terres des seigneurs ;
» 2o De nommer dans chaque dist rict des juges de paix pour examiner sur les lieux les malentenrkH ol les litiges qui pourront s'élever à l'occasion de l'application du nouveau rè<rleiiient, et de former avec ces juges de paix des réunions de district ;
» 3o D'organiser dans les propriétés seigneuriales des administrations communales, et, dans ce but, de laisser les communes rurales dans leur composition actuelle, et d'ouvrir dans les grands villages des administrations d'arrondissement (volùsH)^ en réunissant les petites communes sous une de ces administrations d'arrondissement ;
» 40 J )(' IViniiuler, vérifier et confirmer dans chaque commune " rurale ou propriété une charte ré2:lemen(aire (oustavnaia qra- 7uota)^ dans laquelle seront éuuméréos, sur la base du sUUut îoeal, la qualité de terre réservée aux paysans en jouissance permanente, et l'étendue des charges qui sont exigibles d'eux au bénéfice du propriétaire, tant pour la terre que pour les autres avantages accordés par lui ;
3> 5^ De mettre à exécution ces chartes réglementaires au fur et à mesure de leur confirmation pour chaque propriété, et d'en introduire l'exécution définitive dans le terme de deux années, à dater du jour de la publication du présent manifeste ;
» 60 Jusqu'à l'expiration de ce terme, les paysans et gens de la domesticité (dvoronjl') doivent demeurer dans la même obéissance à l'égard de leurs propriétaires, et remplir sans conteste leurs anciennes obligations ;
» 70 Les propriétaires continueront à veiller au maintien de l'ordre dans leurs domaines, avec droit de juridiction et de police, jusqu'à Torganisation des arrondissements (volosti) et des tribunaux d'arrondissement.
854 HISTOIRE DE POLOGNE
» Connaîssaiit toutes les difGicultés de la réforme entreprise^ nous mettons avant tout notre confiance dans la bonté de la divine Providence, qui veille sur les destinées de la Russie.
» Nous comptons aussi sur le généreux dévouement de notre
fidèle noblesse, et nous sommes heureux de témoigner à cette curpuralion la jrralitiulr (Qu'elle a méritée de notre part, comme de celle du pavs, puui' le concours «lésintéressé qu'elle a prêté à r a cc( un I glissement de nos desseins. La Russie iroublii^'a pas que la noblesse, mue uniqueinenl par »un respect j)ni!r îa dignité de 1 homme et par son amour pour le prochain, a renoncé spontanément aux droits que lui donnait le servage actuellement aboli, et posé les fondements du nouvel avenir qui s'ouvre pour les paysans. Nous avons le ferme espoir qu'elle employera aussi noblement ses efforts ultérieurs pour la mise à exécution du nouveau règlement, en maintenant le bon ordre dans un esprit
. de paix et de bienveillance, et que cbaque propriétaire achèvera, dans la limite de sa propriété, le grand acte civique accompli par toute la corporation, en organisant l'existence des ])aysans doiuicili(vs sur sa terre et de ses i^ens de la domosticiié {druruvytj dans les condilii»ns iiniiiu^lleuient avanta2:eu>e<, et en donnant ainsi à la population des cainpaîznes l'exemple d'une exécution lidele et consciencieuse des règlements de l'État.
» Les exemples nombreux de la généreuse sollicitude des propriétaires pour le bieu'-étre de leurs paysans, et de la reconnaissance de ceux-ci pour la sollicitude bienfaisante de leurs
• seigneurs, nous donnent Tespoir qu'une entente mutuelle ré' glera la plupart des complications parfois inévitables dans Tapplication partielle des règles générales aux diverses conditions dans lesquelles se trouvent des propriétés isolées ; que de cette iiiMiiière sera faciliU^e la transition de l'ancien ordre de choses aii nouveau, et que l'avenir atlerniira (lé(îiutiveinent la C(niliance mutuelle, la bonne entente ei l'impuUion unanime vers l'utilité publiqiie.
» Pour mettre d'autant plus facilement à exécution les transactions de gré à gré entre le propriétaire et les paysans, en vertu desquelles ces derniers pourront acquérir en toute propriété leurs enclos et le terrain dont ils ont la jouissance, des secours seront accordés par le gouvernement, d'après un règlement spécial, moyennant des prêts ou bien un transfert des dettes qui grèvent les propriétés.
9 Nous nous reposons ainsi avec coniiaaco sur le seul droit de la nation.
HISTOIRE DK POLOGNE
y> Quand la première nouvelle de la grande réforme méditée
par le i^ouvernement vint à se répandre parmi les populations do la campagne, qui y étaient peu piépan'es, cette nouvelle a pu, dans certains cas, donner lieu à des maientendus parmi quelques in(!i\ idus ])lu> pnMxxnipés de la liberté que soucieux des devuii s ([u'ellc impose. Mais, en gënéial. le bon sens du pays n'a pas failli. Il n'a méconnu ni les inspirations de la raison naturelle^ qui dit que tout homme qui accepte librement les bienfaits de la société lui doit, en retour, l'accomplissement de certaines obligations positives, ni les enseignements de la loi chrétienne, qui enjoint que tout le mmde sait soumU aux puissances supérieures (saint Paul au% Romains, XIII, 4), et de rendre à chacun ce qui lui est d4, et surtout à qui il appartient, le tribut^ les impôts^ la crainte et l'kmneur {ïbid. 7). U a compris que les propriétaires ne sauraient être privés de droits légalement ac(iuis que moyennant une indemnité suffisante et convenable, vil par suite d'une (UMicession volontaire de leur part; qu'il serail contraire à toute équilé d accepter en jouis>anee des terres conci'dc^es par les propriétaireâ, ôans accepter aussi, envers eux, des charges équivalentes.
» Et maintenant nous espérons avec confiance que les serfs libérés, en présence du nouvel avenir qui s'ouvre devant eux, sauront apprécier et reconnaître les sacrifices considérables que la noblesse s'est imposés en leur faveur.
» Hs sauront comprendre que le bienfait d*une existence appuyée sur une base de propriété garantie, ainsi que d'une liberté plus grande dans la gestion de leurs biens,* leur impose, avec de nouveaux devoirs envers la société et envers euxmêmes, l'obligation de justifier les intentions tutélaires de la loi par un usage judicieux et loyal (les droits qui viennent de leur être accoidés. Car si les hommes ne travaillent pas euxmêmes à assurer leur propre bien-être sous ia protection des lois, la meilleure de ces lois ne saurait le leur garantir. Ce n*est que par un travail assidu, un emï)loi rationel de leurs forces et de leurs ressources, une économie sévère, et surtout par une vie honnête et constamment inspirée de la crainte de Dieu, qu'on parvient au bien«ètre et qu'on en assure le développement.
» Les autorités chargées du soin de préparer par des mesures préliminaires la mise en œuvre de l'organisation nouvelle, et de présider à son inauenratîon, auront ;i veiller à ce que cette œuvre s'accompiisse avec calme et régularité, en tenant compte
BISTOIRB DE POLOGNE
des exigences fl<s sai>on>, alin que ia sollicitudo du cultivateur ne soit pas distraite de ses travaux a<:ricoles. Qu'il s'appiuine avec zMe à ce^ travaux, afin de pouvoir tirer d'un grenier abondant la semence qu'il doit confier à la terre qui lui sera concédée en jouissance permanente ou à celle qu'il aura su ae- j quérir en toute propnélé.
« Et, maintenant, peuple pieux et (idèie, fais sur ton front le signe sacré de la croix, et joins tes prières aux nôtres pour appeler la bénédiction du Très-Haut sur ton premier travail libre, page assuré de ton bien être personnel ainsi que la prospérité publi(fue.
0 Donné à Saint-Pétersbourg le 19 fé\ner ^3 laar^ n . s.) 4861, et de notre règne le septième. « AL£XA>i)HË. a
La presse étrangère, en publiant ce manifeste, marquait la date du 19 fé\ rier. Mais comme le calendrier russe ne répond pas au calendrier grégorien, il se trouve donc que le 3 mars répond au 49 février, et c*est ce qui causa Terreur qui se répandit à rOccident. La mauvaise foi moskovite profita de Terreur, pour persuader à TEurope que Vinitiative de Témancipation appartenait au tzar ! Ce seul fait prouve de quels moyens se servent les russes pour troniper l'Europe.