I.0S terribles péc696ité9 de la lutte contre les Mongols
DE POLOGNE. Si
ODt beaucoup influé sur le caractère russe. On trouvé dlmportants détaib sur les mœurs des princes, des nobles et des peuples moskowites dans les chroniqueurs de Tépoque.
Rien de plus triste que le langage des princes russes dans leurs négociations avec les Mongols. Nous citerons comme exemple le discours d'un chargé d'affîiires russe plaidant la cause de son prince devant le khan :
a — Souverain khan ! dii-il, votre vil esclave vous conjure de lui permettre de parler pour son jeune prince; ton compétiteur établit ses droits à la grande principauté d'après les anciennes institutions de la Russie, tandis que mon souverain ne les fonde que sur votre générosité, car il sait que la Moskowie fait partie de vos domaines. Vous êtes maître d'en disposer suivant votre bon plaisir; mais daignez remarquer que l'oncle ose prétendre, tandis que le neveu ne fait que supplier! Que signifient des annales et des titres, là où tout dépend de la volonté du khan? C'est dans l'auguste volonté du khan que nous mettons notre espoir 1»
Toutes les grandes affaires se jugeaient dans la horde, n n*était pas rare de voirie grand-duc somméde paraître devant le khan. Lorsqu'une telle sommation arrivait, le grand-duc prenait congé solennellement de sa famille et de son peuple ; on le conduisait hors de la ville au son des cloches; il avait fait son testament; on le regardait comme un homme mort. Le tribunal du khan était rarement indulgent, et ses arrêts recevaient une exécution immédiate. Lee princes russes montrèrent dans ces tristes occasions une patience et une résignation qui i^'étaie^t
pas sans grandeur. Le grand-duc Michel de IVer, .condamné par lekhan^ avait les moyens de s'enfuir, il resta. Il dit qu'il représentait sa nation et qu'il devait souffrir pour elle.
Nous ajouterons quelques lignes encore de lliistoriographe de l'empire, M. Karamzîn :
« Outre les guerres civiles, fléaux de notre patrie, ce règne (celui de WasiU l'Aveugle, 1425-1462) fut signalé par plusieurs crimes : deux princes furent privés de la vue ; deux autres empoisonnés. Non-seulement la populace est tuée et 'brûlée sans formalités, mais jusqu'aux peines commandées par la loi, tout indique la plus grande cruauté. Ce fut sous ce règne que Moskou vit pour la première fols un supplice inconnu à nos ancêtres. A dater de cette époque, on commença à donner le knout aux personnes même de ]^ plus haute position. C'est aux Mongols que nous devons l'introduction d'un supplice aussi avilissant pour l'humanité. Quelle devait être la suite nécessaire de cet état de choses? L'avilissement moral du peuple. La cruauté s'introduisit parmi les Russes. Habiles à tromper les Tartares, ils devinrent savants dans l'art de se tromper mutuellement; ils devinrent avides d'argent et peu accessibles à la honte. Le sentiment de l'o})pression, la crainte, la haine impriment aux mœurs un caractère sombre et farouche. Les effets durent souvent plus longtemps que la cause, et il se pourrait bien que le caractère actuel des Russes conservât quelques-uns des vices dont Ta sali la barbarie des Mongols, o
Rdrik oo Rus. — Nous lisons le passage saivant dans les fragments d*une kistoire générale de Pologne, écrits en polonais par Adam Ifickievicz» et encore inédits :
« La Slavie^ menacée an nord peu* Jes Scandinaves, troublée à rintérieur par le mélange des Finnois, tourmentée au midi et au levant par lea restes des bordes nomades bunniques et caucasiennes, sentit le besoin de s'unir at Timpossibiiité d'accomplir cette union par ses propres forces. Les anciennes traditions assurent qne le peuple slave se donna pour nouveau m<re un b6te (goslomysl) étranger, qu'il avait chercbé par-delà la mer.
■ Après la chute des Huns, plus d'ime fois déjà les Scandinaves «'étaient montrés au milieu des Slaves. Autrefois on les avait nommés Gotbs; à cette époque, les nations, dans le nord, les nomment Varigues, et parmi les Varègses la peuplade des Russes était la plus procbe des Slaves.
« Appelé par ces derniers, Rurik, avec ses frères et un petit nombre de Russes, pénètre sur le territoire slave. Il n'arrive point pour fonder quelque colonie séparée, ou pour conquérir une ville, mais il consent à assumer la protection des bourgs qui se soumettent à lui^ et promet de les défendre. Par des pérégrinations et des guerres continuelles, il obtient aisément la suprématie sur une vaste étendue de terres. Gomme les cavaliers Lecbs avaient pris leur course à travers montagnes et plaines, en évitant les forêts et les marécages, ainsi d'autre part les Yarègues, venus d'outremer dans leurs barques, aiment à se lancer sur les eaux. Ils àeseendent avec le cours de la Dswina vers Zajezierze, avec le coars du Dnieper ils atteignent le Prypec, et de là s'engagent dans la vallée de la Polésie; enfin, gagnant par le bas Dnieper la mer Noire, ils se beurtent contre Tempire grec d'Orient.
f Bientôt commence à se développer dans le nord Tempire russe, dont les Yarègues forment le lien politique. Le chef des Yarègues accepte la religion chrétienne d'Orient; il baptise son peuple, ainsi que les Slaves, avec lesquels il le fusionne, et devient le dominateur d'un empire dont la matière est slave, la force organique va* règne, et dont l'esprit sera byzantin.
c Dès lors \& Slavie,ayant reçu deux éléments éirangem,se partage en deux empires, l'un czecbo-lecbite et l'autre russe, qui, croissant toujours plus, se séparent et finissent par se combattre. Cependan le souvenir de l'antique fraternité se conserva parmi les Slaves, et le peuple savait que Rus était le jeune frère de Czpch et de Lech. >
Russes et Tàrtares. — Napoléon a dit un mot qui est resté célèbre : c Grattez le Russe, vous trouverez le Tartare. » On vient de Toir qu'en effet Tesprit tartare s'est infiltré dans Vèmt russe.
Un ou deux publicistes polonais ont cru devoir aller jusqu'à soutenir que les Russes sont des* Tàrtares. Mais c'est une exagération évidente.
Au-delà de la Dzwina et du Dnieper, n'est-ce point une langue slave, la langue nisse, qui est parlée par des millions d'hommes? 11 y a des mots tàrtares dans la langue russe; mais parce qu'il y a des mots arabes dans le sicilien comme des mots français dans l'anglais, direz-vons que les Siciliens sont des Sarrasins, ou les Anglais des Français?
Ce sont les Tàrtares qui ont été vaincvs. Depuis qoand sont-ce les vainqueurs indigènes et plus nombreux qui sont absorbés par la race vaincue? Même vainqueurs en certains pays^ les Tàrtares n'ont pu s'assimiler les vaincus; ainsi ils gouvernent la Chine, mais ils ne l'ont point tartarisée. Les Turcs ont dominé la Grèce et la Serbie, mais ils ne les ont pas turquisées.
La vérité est que les Russes sont des Slaves, mais des Slaves dont le cœur est comme pétrifié, dont l'àme s'est mongolisée. La nation polonaise, comme Abel» est victime d'uD fratricide. C'est la lutte de deux esprits, de deux nations, non de deux races.
Quel intérêt aurait-on à dénier à la nation russe tout caractère slave ? On pense faciliter ainsi une croisade de la civilisation contre la barbarie; mais qu'importe à cet égard que les Rosses soient des Tàrtares ou qu'ils les aient disciplinés à leur usage?
Les Russes n'ont des Tàrtares ni la langue ni la religion. Pour les vaincre, ils ont employé leurs armes, ils se sont inoculé leur esprit, ils ont opposé autocratie à autocratie, et, la lutte finie, il leur est resté un gouvernement infernal dont ils souffrent eux aussi.
Les martyrs russes de 1825, Pestel, Ryleieff, Bestoujeff, étaientils des Tàrtares? Chaque Polonais, au contraire, ne s'estril pas senti pour eux un coeur de frère? Le symbole de leur conjuration fut le cachet des nations slaves délivrées et amies.