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servir de ‘“ tampon” entre l’Assemblée et le représentant du roi; qu'il n’a pas atteint ce but pendant très longtemps, vu que les masses françaises en vinrent bientôt à considérer l’une et l'autre comme étant identiques ; qu'il n'y avait pas de ministère du gouvernement administrant diverses affaires et responsables au parlement pour l’accomplissement de leur devoir, et particulièrement pour l'administration des deniers publics : qu'il n'y avait pas de premier ministre responsable à l'Assemblée pour la composition de son Cabinet et la politique de sa province, et qu'on n’en demandait pas; que l'esprit qui se manifesta bientôt chez les chefs franco-canadiens n'étai pas de nature à encourager l'Angleterre à formuler des programmes de responsabalité ministérielle, celle-ci n'étant ni comprise ni pratiquée même en Angleterre, comme elle l'a été après les jours de la réforme; que ni les libéraux ni, les tories anglais n'avaient le moindre pressentiment d’un gouverneur colonial agissant comme le souverain constitutionnel d'un peuple libre, et représentant, cependant, d’une façon très réelle, la Couronne de l'Empire. Ces choses ne peuvent faire partie d’une constitution écrite et ne pouvaient être développées que par l'expérience croissante dans le cours des années. LE PROBLEME APRES LA GUERRE DE 1812
Le problême, tel qu'il se présenta de nouveau après la guerre de 1812 était très complexe et ne saurait être raisonnablement et complètement compris qu’en faisant abstraction des débats orageux, des passions de l’époque, et des préjugés perpétués au moyen de nombreux écrits historiques entachés de parti-pris On peut accepter comme fait accompli et comme base d’une pareille étude de la situation, qu'il y avait du bon dans tous les partis qui prirent part à cette longue dispute dans toutes les provinces Le gouvernement impérial donna dès le principe la preuve qu'il était exempt de tout motif égoïste ou inavouable, et cela en dépit des difficulté: sans nombre que les disputes coloniales devaient nécessairement créer. Jl était toujours
LE TRES-REVEREND ET HONORABLE Dr. JOHN STRACHAN
Evéque de Toronto, 1837-66
LE REVEREND Dr. EGERTON RYERSON
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désireux de concilier les factions, toujours prêt à concéder toute réclamation qui lui paraissait juste, jugée au point de vue d'alors, toujours désireux d'envoyer de bons gouvernants pour administrer les affaires d'une façon honorable et honnête, Mais l'erreur du Bureau Colonial fut de ne pas avoir su conserver la continuité de son programme; son malheur a été d'avoir été sujet aux changements de partis chez lui, sa faute—une faute très naturelle—est de n'avoir pas toujours compris bien clairement la situation.
Les gouverneurs des colonies de l’Amérique-Britannique étaient en somme une classe d'hommes splendides. On ne saurait trouver dans les pages de l’histoire, des administrateurs plus honorables et plus compétents que lord Dorchester, sir Frederick Haldimand, sir J. Coape Sherbrooke, le comte de Dalhousie, sir John Wentworth, sir Perigrine Maitland, le major général Simcoe, sir John Colborne (lord Seaton) sir Howard Douglas, ou sir John Harvey. Il y eut des exceptions, naturellement, mais même lorsque le talent et le tact faisaient défaut, il n’y a pas, dans toutes les annales canadiennes un seul cas où un gouverneur britannique se soit rendu coupable d'actes publics déshonorants et mesquins—à moins que ce ne soit la conduite de sir George Prévost, lorsqu'il agissait comme chef militaire. C'est là un excellent dossier pour les débuts d’un jeune pays. Cependant, un grand nombre des gouverneurs, étaient intensément impopulaires. Dans le Bas-Canada, ce sentiment était dû en grande partie à la race, et s'adressait à tous ceux qui n'étaient pas résolus de donner à la majorité tout ce qu'elle demandait. Dans les auires provinces, cela était dû à leur identification avec un parti dans la colonie—le parti de la fidélité absolue et du pouvoir qui résulte de la possession de l’autorité.
Il est très difficile de voir comment ils auraient pu éviter cela. Aux yeux de presque chacun d’eux, depuis sir James Craig en remontant, le parti français du Bas-Canada, constituait un danger pour les
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intérêts ct la suprématie britanniques. Le parti radical du Haut- Canada représentait le républicanisme, les institutions américaines et des efforts en faveur de l'annexion qui pouvaient entrainer la guerre avec les Etats-Unis. Naturellement, il était impossible d'accorder au parti oppositionniste plus modéré et plus loyal des provinces maritimes des privilèges que l’on ne jugeait pas prudent d'accorder dans les Canadas. Mais un grand nombre d'entre eux manquèrent de sagesse dans les détails administratifs, et dans la manière de traiter urs adversaires ; tandis que le fait de n'avoir ni premier ministre, r istère responsable les exposait à toutes les attaques personnelles et à toutes les rancunes politiques—position bien peu agréable pour le représentant du souverain.
Le parti du gouvernement combattait à cette époque pour un grand nombre de choses très chères aux Canadiens d'aujourd'hui. Dans le Bas-Canada, il était en faveur de la protection de la minorité britannique dans une contrée britannique, et à en juger par les débats dans la chambre d'Assemblée française et la nature du conflit qui se produisit plus tard, la seule manière dont cette protection pouvait être maintenue, à cette période d'ignorance constitutionelle et d'animosités de race, était la politique de l'administration anglaise et le frein offert par un Conseil anglais contrôlant la législation d'une Assemblée française. Dans les autres provinces, il défendait une croyanre que l'expérience de la révolution américaine avait ancrée au fond du cœur des loyalistes, croyance impliquant que le gouverneur devait avoir des pouvoirs considérables, les exercer logiquement et fermement, et ne rien céder à la démocratie. Dans l'opinion du parti dominant d'alors, la démocratie voulait dire le républicanisme, et ce dernier représentait ce qu'il détestait le plus, ce qu’il avait combattu depuis longtemps et avec tant d'efforts jusqu’à souffrir toutes les privations de la vie de pionnier pour éviter ses résultats. De plus, il se croyait, non sans raison, le créateur du Canada anglophone, et
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naturellement il accueillait mal les critiques de nouveaux venus ignorants ou indifférents, et l’antagonisme des agitateurs radicaux des autres pays.