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Ils s'efforçaient de faire accepter des principes dont ils ne comprenaient pas eux-mêmes l'application, qui n'avaient pas encore été complètement acceptés en Angleterre et qui ne convenaient nullement alors aux institutions rudimentaires et aux conditions particulières d'un peuple de pionniers. L'un des premiers sujets de controverse s’éleva à propos des réserves du clergé. Dans le Haut-Canada, deux millions et demi d’acres de terres non-défrichées avaient été mis à part en vertu de la loi de 1791 pour le soutien d'un ‘ Clergé Protestant.” C'était une grande étendue de terres, mais il y en avait alors en abondance, et jusque vers 1830 ce point ne provoqua pas beaucoup de discussion. La grande question était l'injustice qu'il y avait d'exclure les Méthodistes, les Baptistes et les Presbytériens du partage de la concession. Et jugée d’après nos idées d'aujourd'hui, cette plainte parait absolument juste. Cependant, l'Eglise d'Angleterre était alors indubitablement l'Eglise de l'Etat dans la province ; la correspondance de Simcoe et de Dorchester avec les Secrétaires Coloniaux, dans les années qui ont suivi 1791, indique clairement que le gouvernement impérial avait l'intention de faire du Haut-Canada le miroir de la constitution britannique et, en ce faisant, de le doter d'une Eglise Etablie.
Il y avait également beaucoup de vrai dans la prétention que cette Eglise était celle de la masse des Loyalistes, que c'était elle qui avait inauguré les travaux apostoliques dans les provinces anglaises, que les subventions du parlement et les fortes sommes données par les Zondon Church Missionary Societies avaient été pendant longtemps la seule aide reçue pour l'observance du culte dans le pays. Et le gouvernement anglais croyait sincèrement et naturellement que le meilleur moyen de favoriser le Christianisme dans cette nouvelle contrée aux vastes espaces et à la population restreinte était de lui donner une base constitutionnelle stable et un appui financier fixe. De là l’origine des Réserves du Clergé, l'appui constant qui leur fut
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accordé par les tories, et l’'encouragement donné à l'Eglise par les gouverneurs successifs.
À mesure que la population augmentait, il était inévitable que les autres confessions devinsent mécontentes de cet établissement et de la fusion de l'Eglise cc de l'Etat en une forte institution religieuse et politique. Après un certain temps, il fut tacitement entendu que l'Eglise d'Ecosse avait le droit, en sa qualité de corps établi dans la mère-patrie, de partager dans le produit des Réserves—produit qui, soit dit en passant, ne fut jamais considérable, et qui, durant les premières années de la dispute, resta presque infinitésimal. Mais la discussion se continua dans l’arène politique durant de longues années après cette période et même après la rebellion. Le point important était que, dans certains cas, ces terres incultes, qui constituaient le septième lot dans chaque canton arpenté, restaient en friche au centre des cultures environnantes. Vers le milieu du siecle, cela devint un fait important et un véritable grief; ce ne pouvait certainement être ni l’un ni l’autre au commencement de cette période.
En 1817, le premier agitateur haut-canadien parut sur la scène. C'était un Ecossais nommé Robert Gourlay excentrique, entêté, violent et plus tard aliéné. Il vint dans le nouveau pays, parce qu'il n'avait pu réussir dans l’ancien ; il y constata queiques griefs et en imagina d’autres ; fit l'assaut de la forteresse gouvernementale avec
vigueur et avec quelque succès, et avant peu, il avait réussi à faire
surgir une petite dispute assez animée, Naturellement, le parti au pouvoir fut profondément indigné de sa conduite. Il n'avait aucun intérêt dans la région, aucune connaissance réelles de ses conditions, et le gouvernement le considérait comme un intrus et un effronté. 11 fut arrêté deux fois et acquitté, puis retenu en prison pendant sept mois sous une accusation de trahison, trouvé coupable par un jury partisan et banni du pays. Toute cette affaire regrettable et la manière dont on le traita fut injuste et peu sage, mais il faut se rappeler que c'était
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de pareils hommes qui avaient amené la révolution américaine, et que pour n'avoir pas agi envers eux d’une façon sommaire les partisans de la cause britannique avaient été battus. Les Loyalistes ne voulaient pas voir la même chose se répéter au Canada—et ils vivaient au commencement du dix-huitième siècle, pas à la fin.