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FIGURES REMARQUABLES D’UNE PERIODE AGITEE

Les trois figures principales de la période suivante furent John Beverley Robinson, le docteur John Strachan, et William Lyon Mackenzie. Robinson était le type du Loyaliste et du Tory, fier de sa famille et de ses ancêtres, distingué par son instruction, ses manières son apparence, honorable dans ses actes publics, rigide dans son code politique. Il avait combattu en 1812, il avait été un homme politique vigoureux pendant des années, et il fut, jusqu’en 1829, le gouvernant réel de la province. A partir de cette date jusqu'en 1862, il en fut le juge-en-chef respecté et mourut baronnet de l'Empire-Uni. Le docteur John Strachan était un ecclésiastique militant de l'ancienne école, entier et rude dans ses opinions, d’une sincérité intense dans son dévouement à l'Eglise d'Angleterre ou au parti tory, lutteur et terace dans toutes les causes qu'il soutenait, il pouvoir dans le pays depuis le commencement di ci l'à mort en 1867. Il fut membre du Conseil Législatil et hon ne politique d’une grande influence, évêque de Toronto pendant 2 : ans, fondateur de l'Université de Toronto—sous le nom de King's College et avec le concours de l’Eglise—puis de l'Université de Trinity. Bref, c'était un homme d’une énergie merveilleuse et d'une grande force de caractère.

Mackenzie était un type tout différent. Enthousiaste et inconsidéré par tempérament. Inconstant dans ses amitiés et ses préférences, n'ayant pas de principes arrêtés sur ce qui était juste ou injuste, violent dans ses antipathies et ses préjugés, parfois entêté à la poursuite d'un but donné, il offrait un curieux mélange de bonnes et de

mauvaises qualitées. C'était un homme qui était aussi loin d’être le héros que ses partisans et ses admirateurs de la presse ont voulu en faire, qu'il l'était d'être le scélérat que ses adversaires voyaient en lui. Il fut toujours pauvre et était sans doute honnête dans sa haine du ‘ Pacte de Famille,” comme on appelait alers les tories, grâce aux liens de parenté qui unissaient naturellement un grand nombre de leurs principales familles dans une population limitée ; il fut probablement sincère dans sa vague aspiration vers une liberté qui trop souvent prenait la forme de la licence, mais le ton acerbe et injurieux de son style de journaliste n'a peut-être jamais été égalé, le manque de sincérité de sa prétention à la loyauté fut clairement demontrée plus tard ; le caractère de sa démocratie se manifesta aussi dans les proclamations annexionnistes les plus violentes. Tels étaientles principaux hommes de cette période agitée.

Après la disparation de Gourlay, les plaintes et les froissements continuèrent à se produire. Un officier britannique à demisolde nommé Matthews, perdit sa pension sur un rapport fait au lieutenant-gouverneur, pour avoir encouragé des musiciens ambulants à jouer des airs américains. Le juge Willis, nommé à la Législature par les Anglais se plongea dans la politique comme radical intense et lança d’amères invectives contre le parti au pouvoir. Il fut destitué et avec raison. Un aubergiste nommé Forsyth fit construire un haute clôture à Niagara, afin d'obstruer la vue des chutes et de forcer les gens à payer pour passer sur son terrain lorsqu'ils voulaient les voir. Sir Peregrine Maitland, le gouverneur ordonna naturellement d'enlever la clôture, et comme on refusait de le faire, il envoya des soldats qui non-seulement démolirent la clôture, mais détruisirent une maison qui était sur la propriété particulière de cet homme. Forsyth devint un héros populaire, l'Assemblée blâma l'acte du gouverneur, celui-ci ordonna la dissolution de la Chambre, et fut enfin rappelé. Son successeur, en 1828, fut sir John Colborne, un

vétéran de la Péninsule, un homme d'un grand caractère, d'un grand courage, et de fortes conv:.'ions.

Gourlay et Matthews, Willis et Forsyth étaient alors les héros du parti radical qui, depuis quelque temps, contrôlait l’Assemblée comme les Français dans le Bas-Canada. Mackenzie était le chef du groupe violent, et les invectives et les accusations des journaux qu'il inspirait devinrent si violentes qu'elles justifièrent dans une certaine mesure l'arrestation et l’imprisonnement des rédacteurs qui fut ordonnée plus tard. De fait, les injures remplaçaient les arguments dans une grande mesure, et le désir de s'emparer du pouvoir ou de le conserver était plutôt le but que l’on se proposait que le développement d’un nouveau système d'administration d'une application possible. Chez les oppositionnistes, les idées #t le programme étaient confus, tandis que le parti du gouvernement était au moins logique et uni dans son opposition à tout changement et à toute réforme. Il était fort parceque ses principes et son but étaient définis; les réformistes—comme on commençait alors à appeler les radicaux, les libéraux et les républicains-—étaient faibles parcequ'ils n'avaient ni plan ni idée pouvant servir à édifier quelque chose.

En 1830, les Réformistes modérés tels que Marshall Spring, Bidwell, Robert Baldwin, et l'éminent prédicateur méthodiste, écrivain, éducateur, controversiste et politicien —le docteur Egerton Ryerson — commencèrent à répudier l'autorité de Mackenzie. La nouvelle Assemblée fut en conséquence en grande partie tory. L'absence de tact et l'influence de l’insuccès rendirent alors Mackenzie non-seulement agressif, mais insultant, et les fonctionnaires si maltraités profitèrent de leur majorité et d'une erreur technique, pour expulser le chef radical. Il fut réélu quatre fois par ses commettants d'York et expulsé quatre fois. Enfin il en appela en Angleterre, et le secrétaire colonial déclara son expulsion illégale. Cependant la majorité exaspérée et obstinée ne voulut pas modifier son attitude.

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