‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 127 sur 289 · LE RAPPORT DURHAM · texte numérisé non relu

LE RAPPORT DURHAM

l'avenir il est encore plus étonnant. | Il va de soi que toutes les conclusions et les assertions de lord | Durham n'étaient pas exactes ; et l’on trouve dans son écrit des | erreurs et des pêchés d'omission et de commissions qui peuvent

être facilement constatés. Sir Francis Bond Head, l’évêque Strachan À |

et sir John Beverley Robinson, au point de vue loyaliste et tory y

trouvèrent beaucoup à critiquer et l'épluchèrent sans miséricorde. LS

Les Canadiens-Français y trouvèrent motifs à de nombreuses dénonciations et même aujourd'hui le nom de Durham n'est guère en odeur de sainteté dans Québec. Ilétait tout à fait impossible de plaire à la fois aux tories et aux libéraux dans le Canada, et son plaidoyer en faveur du gouvernement responsable devait nécessairement déplaire aux premiers. Il était également impossible de plaire aux Français en cette occasion, surtout en recommandant l'union des Canadas. Cependant la force de ses déclarations concernant la population du Bas-Canada fut la grande erreur de son rapport. Cela ne diminua pas la valeur de ses recommandations et n'affecta pas beaucoup ses conclusions, mais cela eut pour effet d’affaiblir l'influence de son programme dans le Canada français par la suite.

Il semble avoir réprouvé d’un façon intense l’indignité de l’attitude prise par l’Assemblée française, et il déclare qu’au point de vue de cette Assemblée, les Anglais étaient une race étrangère et hostile ; la colonisation et l'immigration devaient être tenues en échec comme tendant à l'agrandissement possible de ses étrangers ; on ne devait pas imposer de taxes dans un but d'amélioration ou pour des objets tels que l'amélioration du port de Montréal, parce que cette dépense pouvait tourner à l'avantage des intérêts anglais; les requêtes en faveur des banques, des chemins de fer et des canaux devaient être mises de côté pour des raisons identiques, la tenure féodale devait être maintenue et continuée parce que c'était une institution française; une taxe sur les immigrantes devait être préconisée et fortement appuyée, tandis que toute mesure entravant les projets anglais ou nuisant aux capitaux angiais étaient certaines d’être approuvées. Tout cela était assez vrai, mais ne justifiait guère la conclusion suivante : ‘“ Et je n’exagère pas la constance inévitable non plus que l'intensité de cette animosité. Jamais la génération actuelle francocanadienne ne sera loyalement soumise à un gouvernement britannique; jamais plus la population anglaise ne tolèrera l'autorité d’une

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