‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 128 sur 289 · L'HON. JOSEPH HOWE · texte numérisé non relu

L'HON. JOSEPH HOWE

Lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Ecosse, 1873

L'EFON., LEMUEL ALLEN WILMOT Lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick, 1868-73

LE GEN.SIR WILLIAM FENWICK WILLIAMS L'= MAJOR-GENERAL SIR HOWARD DOUGLAS BARONNET G.C.B,

Lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Ecosse, 1865-67 Lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick, 1821-29 8 , ll

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chambre d'Assemblée dans laquelle les Français auront une majorité ou même quelque chose d’approchant."

Cependant, le bien sortit de l'erreur, et la force même de la croyance de Durham en la déloyauté des opinions de la race française du Bas-Canada le conduisit à chercher la solution du problème dans le fusionnement des Français de cette province avec les Anglais des autres provinces. Ne pouvant pas immédiatement atteindre son objet par l'établissement d’une union fédérale, il insista sur la proposition d'unir le Haut et le Bas-Canada. Il croyait que ce programme amènerait les partis divisés entre eux par la race et les croyances à se reconstituer sur des questions d'améliorations générales et d'intérêts locaux. Une race devait faire équilibre à l’autre, l'influence d’une église devait être contrebalancée par celle d’une autre ; de nouvelles combinaisons ou conditions devaient ainsi apparaître et changer pour le mieux toute la surface de la société. Cela n'arriverait peut-être pas à bref délai ou durant la génération existante ; il ne s'attendait pas à beaucoup de différence ou de changements d'opinion dans le Bas-Canada, mais en fin de compte, le résultat lui paraissait raisonnablement certain.

Son analyse de la question constitutionnelle était magistrale. Il recueillait toutes les idées éparses sur cette question qui avaient flottées dans les discussions depuis des années; il débarrassait le champ de toutes les matières étrangères qui en avaient obstrué l’aspect ; il effaçait un grand nombre de malentendus, d'un côté, et d'étroits préjugés de l’autre. Il fournit aux libéraux le moyen de faire ressortir avec quelque degré de clarté les principes qu'ils avaient si aveuglement cherché en tâtonnant, et aux tories, l'occasion de comprendre ce programme après s'être dépouillés de leurs soupçons naturels, mais non de leurs aversions également naturelles. 11 fournit au Bureau Colonial le moyen de percevoir qu'il pourrait y avoir

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quelque méthode loyale et practicable d'étendre l'effet et la nature des institutions coloniales sans encourager le républicanisme et la sécession.

La présentation de ce programme portait sa propre recommandation. Ce système entrainait une reconstruction à travers des phases constantes de développement qui devait donner aux colonies le gouvernement autonome complet—y compris une législature avec les mêmes pouvoirs dans les affaires financières provinciales que le parlement britannique avait dans les affaires du Royaume-Uni, et un ministère responsable à la législature de la conduite des affaires publiques de la même manière que le gouvernement impérial l'est en Angleterre. Il ne semble pas que lord Durham s'attendiît à ce que tout cela se produisit en un jour, ni au cours d’une session, dans aucune des provinces, pour ne rien dire de la possibilité d'accomplir ces changements durant la saison orageuse qui devait suivre l'union des Canadas. Mais quant à sa nécessité, il en était fermement convaincu: “Je ne sache pas qu’il soit possible d'assurer l'harmonie d'une manière autre qu'en administrant le gouvernement d’après ces principes dont on a constaté la parfaite efficacité dans la Grande-Bretagne. Je ne voudrais pas diminuer une seule prérogative de la Couronne; ari contraire, je crois que les intérêts du peuple de ces provinces exigent la protection de prérogatives qui n’ont jamais été exercées jusqu'ici. Mais d'un autre côté; il faut que la Couronne se soumette aux conséquences nécessaires des institutions représentatives, si elle doit se mettre à l'unisson avec un corps représentatif pour gouverner. Il faut qu’elle consente à gouverner au moyen de ceux en qui ce corps représentatif a confiance.” *

La lutte incessante entre l'exécutif et les corps législatifs devait être changée en une action combinée et harmonieuse. “Tant que l’on permettra à l’état de choses actuel de durer, les habitants réels de ces

provinces n'auront pas de sécurité ni pour leur personne ni pour leurs

* Rapport de lord Durha m, p« 106.

propriétés, pas de jouissance de ce qu'ils possèdent, pas d'émulation pour l'industrie.” Le rapport faisait un tableau vraiment sombre des ccnditions existantes, surtout dans sa comparaison des progrès accom-

plis du côté américain de la frontière avec la stagnation qui régnait

sur le territoire canadien. Pour résumer le rapport dans son ensemble, on peut dire qu'il blâmait l'agitation politique continue et nuisible, dénonçait le caractère et les motifs des chefs franco-canadiens et d’un grand nombre de leurs gens, proposait l'union des Canadas comme un remède partiel aux maux de la province inférieure, insistait sur la création de ministères dans touts les provinces comme une panacée pour les üifñcultés constitutionnelles, proposait la construction du chemin de fer intercolonial actuel, depuis Halifax jusqu’à Québec, comme moyen d'attirer les provinces ensemble, et préconisait l'établissement d'institutions municipales comme moyen de protéger les intérêts locaux et de favoriser les connaissances et l'expérience politiques.

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