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L'HONORABLE GEORGE BROWN

Sénateur du Carada

besoin, augmentait la sphère de ses opérations et parvenait, en de certaines années, à retirer un tel profit que celui-ci faisait plus que contre-balancer ses pertes incidentes. Partout à travers la solitude, ces traitants voyageaient de fort en fort, rencontrant les Indiens dans leurs tabagies, échangeant des articles d'une valeur médiocre mais d'une jolie apparence pour des fourrures d'un prix presque inestimable ou pour les fourrures plus communes, qui étaient alors si abondantes sans que cela diminuât leur valeur. Partout ils trouvaient les éléments d'aventures, l'étranges fascinations de la vie sauvage, les plaisirs de la liberté farouche, les joies de la chasse à travers des régions illimitées où le gibier pullulait sous toutes ses formes.

Tant que la suprématie sur le continent fut l’objet d’une lutte entre l'Angleterre et la France, la compagnie ne fut pas sujette à beaucoup d'attaques provenant de l’extéri-ur, en dehors de quelques incursions sur son territoire dont il a déjà été parlé. En conséquence, en 1720, elle avait pu tripler son capital-actions pour la deuxième fois, et continuer à payer de forts jolis dividendes à ses actionnaires. Mais après que la suprématie anglaise fut devenue un fait incontesté l'attention se dirigea naturellement vers le monopole de la compagnie, vers les richesses naturelles des régions qu'elle contrôlait, et la possibilité de partager avec elle ce commerce profitable. Des traitants individuels se rendirent d’abord dans la contrée puis vint l’organisation de la compagnie du Nord-Ouest, à Montréal, en 1774, ayant à sa tête des hommes énergiques et infatigables tels que Stuart, McGillivray et MecTavish. En 17098, la compagnie ‘*X. Y.” fut formée, elle se fusionna sept ans après avec sa rivale montréalaise. En même temps les Américains étaient venu augmenter la concurrence en fondant la compagnie Mackinaw, et en 1809, la fameuse compagnie du Sud-Ouest fut organisée par John Jacob Astor. Un peu plus tard, il fonda la compagnie des fourrures du Pacifique et jusqu'en 1813, soutint une terrible lutte

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contre ses divers rivaux. En cette année cependant, il baissa pavillon devant les hommes du Nord-Ouest, et leur céda toute l’entreprise moyennant environ $80,000.

Durant les quelques années suivantes, la concurrence, la jalousie des deux grandes compagnies qui restaient debout fut intense. La compagnie de la Baie d'Hudson se trouva dépassée temporairement par son adversaire, sous le rapport de l'énergie, de la connaissance du pays et de l'établissement des postes de traite. Grâce au système d'association donnant aux fonctionnaires l’occasion de devenir personnellement intéressés dans son commerce, la compagnie du Nord-Ouest se procura de meilleurs hommes que l’autre, et, de plus, bénéficia largement de l'emploi des voyageurs, des trappeurs, des traitants franco-canadiens—des hommes habitués à la vie sauvage de l'Ouest, pouvant et voulant obéir à leurs supérieurs, bien qu’il leur arrivât parfois de faire preuve d’une certaine légéreté, mais qui connaissaient très bien les caprices et les habitudes des Sauvages sur l’aide desquels il fallait beaucoup compter. D'un autre côté, l’ancienne compagnie préférait employer les robustes et vigoureux Ecossais du Nord, lesquels bien qu'ils fussent honnêtes et dignes de confiance, étaient trop rigides dans leurs relations avec les indigènes et conséquemment impopulaires. Cette lutte du commerce fit incidemment beaucoup de bien en ouvrant le pays. Les marchands de fourrures des deux compagnies poussèrent leur explorations et leur trafic dans toutes les directions — jusqu’à la rivière de la Paix, à l’Athabaska et au grand lac de l'Esclave, au-delà des Montagnes Rocheuses, dans la nouvelle Calédonie ou Colombie-Britannique—et entre tous, nul ne fut plus actif ou ne réussit mieux que John Stuart de la compagnie du Nord-Ouest.

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