ALEXANDER MACKENZIE ET AUTRES EXPLORATEURS
Mais le nom le plus célèbre parmi ceux qui souffrirent des misères inouïes et affrontèrent le péril sous toutes ses formes afin de nous fournir la carte moderne d'une vaste région à civiliser, est celui
d’Alexander Mackenzie. Entre 1789 et 1793, ce voyageur intrépide découvrit le grand fleuve qui porte son nom et le suivit jusqu'aux mers arctiques. Il explora la rivière de la Paix jusqu’à sa source, pénétra dans les Rocheuses et les Selkirks et traversa ces puissantes barrières jusqu'à l'océan Pacifique. Sur la côte du Pacifique, à Dean Inlet, on peut encore voir inscrits sur un rocher les mots: ‘“ Alexander Mackenzie, venu par terre du Canada, le 22 juillet 1793.” Il vécut assez pour être créé chevalier par son souverain, et pour apprécier en quelque mesure la grandeur de son œuvre. Durant cette période, Mackenzie fut membre de la compagnie du Nord-Ouest, mais d’autres qui contribuèrent au travail général d'exploration étaient tellement mêlés entre les deux grandes compagnies qu'il n'est guère nécessaire d'établir ici la distinction. David Thompson explora les rivières Nelson, Churchill et Sasketchewan et fut le premier à suivre la rivière Colombie à travers les défilés escarpés des Montagnes Rocheuses jusqu'à la côte.
Alexander Henry, Gabriel Franchère, Ross Cox, Alexander Ross, D. W. Harman et John McLeod rendirent des services signalés. Robert Campbell découvrit la rivière Pelly, et la suivit jusqu'au lointain Yukon. Il fit plus tard un fameux voyage à travers les solitudes de l'Ouest et parcourut plus de 9,500 milles de territoire sur un traîneau à chien ou sur des raquettes. En 1806, Simon Fraser découvrit et explora la grand rivière des Montagnes de la Colombie- Britannique qui porte son nom. En 1828, sir George Simpson, gouverheur de la Baie d’'Hüdson, descendit en canot, la même rivière impétueuse, à partir d'un point près de sa source jusqu’à l'océan dans lequel elle se jette—portant sa frêle embarcation lorsque les remous et les eaux bouillonnantes étaitent trop forts, même pour son adresse. Il fit d’autres voyages longs et importants à travers les grandes régions qu'il gouvernait.
Antérieurement, des explorations et des découvertes avaient également été faites par des hommes aventureux n'appartenant pas à ces compagnies. En 1731, Pierre Gauthier de la Vérandrye avait conduit une expédition française dans les prairies alors inconnues de l’ouest, et avait découvert les lacs Manitoba et Winnipegosis. Entre 1769 et 1772, Samuel Hearne avait parcouru au delà de mille milles en canot et à pied jusqu'à l’ouest de la Baie d'Hudson ; il avait découvert le grand lac de l’Esclave, et suivit la rivière Copper Mine jusqu'à son embouchure dans l'océan arctique. Peu de temps après, le capitaine Cook avait fait escale au détroit de Nootka sur la côte de l’île de Vancouver, puis il avait fait voile pour le détroit de Behring. Au moment même où Mackenzie écrivait son inscription sur les rives du Pacifique, le capitaine Vancouver explorait la même région par mer, et faisait le tour de l’île qui porte son nom. Dans des années plus récentes, sir John Franklin, sir George Back, le docteur Rae, sir John Richardson, P. W. Deane et Thomas Simpson, conduisaient les recherches par terre pour trouver le passage du nord-ouest, et leurs découvertes, études et rapports offrent non seulement un tableau frappant de dangers et de privations, mais un fonds très précieux de renseignements concernant les solitudes alors inconnues du nord lointain.
À mesure que ce travail, propre à augmenter les connaissances générales et à favoriser le commerce s’exécutait, à travers les phases variées des aventures personnelles, il était naturel que des essais rivaux fussent faits pour établir des colonies commerciales. Le plus grand pas dans ce sens, fut celui de lord Selkirk, durant les dix années qui suivirent 1811.