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LES PRINCIPES DU PROGRAMME LIBERAL

Cependant, il y avait maintenant un programme libéral des plus

nettement accusés. Son principe primordial était qu’un gouvernement

provincial devait, dans la mesure la plus large, être un gouvernement parlementaire, et que nul ministère ne pouvait et ne devait rester au pouvoir après avoir perdu l'appui de l’Assemblée. S'il était battu dans la Chambre, et si un appel était fait au peuple, sa résignation pouvait être retardée jusqu’à ce que le résultat des élections fut connu. Si ce résultat lui était adverse, il devait résigner immédiatement. Ceci indiquait le changement du Conseil exécutif en un gouvernement ministériel comme celui de la Grande-Bretagne, et une modification complète de la position du gouverneur-général. Au lieu d’être tout simplement le gardien des intérêts britanniques, ou des intérêts britanniques supposés dans la province, il devait, comme représentant de la reine, prendre la place de la reine dans la constitution. ‘“Ce que 1a reine ne peut faire en Angleterre,” disait-il, ‘on ne devrait pas permettre au gouverneur de le faire en Canada.” En faisant les* nominations impériales, la Couronne est tenue de consulter ses aviseurs; en faisant les nominations provinciales, le gouverneur devrait être tenu de faire la même chose. Nul gouverneur ne devrait s’inféoder à un parti politique—et on eut pu ajouter avec raison, nul parti politique ne devrait se mettre en antagonisme ouvert avec le gonverneur.

La majorité dans l’Assemblée était alors considérée par eux comme représentant l'opinion existante dans le pays et pourvu qu’elle ne fut pas en conflit avec les intérêts de l'Empire, le gouverneur ne devait pas contrecarrer cette opinion. Les affaires locales ne devaient pas être soumises au Bureau Colonial pour être réglées par lui. “C'est des Canadiens seulement que le gouverneur doit attendre la ratifcation et l’approbation de sa conduite dans l'administration de leurs affaires domestiques ; c’est au gouvc:nement impérial seul qu'il doit rendre compte de son mandat pour la sauvegarde des intérêts impériaux.” Ce programme était apparemment complet dans ses parties,

logique dans son application* et loyal dans sa déclaration finale en tant que les libéraux du Canada désiraient le maintien de la Couronne par son représentant dans la province, ‘“ comme élément harmonieux de sa constitution locale.”

C'était le résultat pratique de trente ou quarante ans de tâtonnements dans les ténèbres pour trouver la solution de difficultés qui étaient inévitables, et non désatreuses en elles-mêmes, ei: qui se seraient naturellement atténuées sous l'influence du temps et des progrès britanniques sans tout le fracas et le tumulte qui avait réellement signalé son développement. C'était un programme que le gouverneurgénéral pouvait alors accepter dans sa forme complète, et c'était la première fois qu’il en était ainsi. La théorie sous des formes multiples avait jusqu'alors beaucoup influencé le parti libéral ; il venait d'unir la logique à la théorie et lord Elgin put mettre son progamme à exécution. En abordant ce problème il n’était.pas profondément convaincu qu'un système ancien est nécessairement bon ou qu'un système nouveau est nécessairement meilleur. Dans un discours politique prononcé à Southampton en 1841, il s'était déclaré conservateur ‘‘ non en vertu de principes d’exclusivisme, ni à cause d'opinions anti-libérales, mais parce que je crois que notre admirable,constitution proclame entre les hommes de toutes les classes et de toutes les conditions dans le corps politique un lien sacré de confraternité et la reconnaissance d’une lutte commune en ce monde et d’un espoir commun pour l'autre. Je suis conservateur, non parce que je suis opposé aux améliorations, non par-

ce que je refuse de réparer ce qui est usé, mais parce que je suis con-

vaincu que pour améliorer plus efficacement ii faut être résolu à con-

er

TRE it à ai ces

server plus religieusement.”

* La seule faiblesse de ce programme, qui se dévelloppa sous lord Elgin et fut suivi jusqu’à la Confédération, était l'absence virtuelle d'un premier ministre, et la tendance chez le peuple à ne voir que chez le gouverneur la personnification du governement tandis qu’il n'aurait du la voir que chez le premier ministre. Durant cette période, les agitateurs insistèrent trop sur l'attitude du gouverneur envers le peuple ; on ne fit pas assez attention à l’attitude du peuple envers le gouverneur. Les rouages nécessaires À une constitution susceptible de fonctionner avec aisance ne furent en œuvre que lors de la création du Dominion.

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