‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 155 sur 289 · A RE · texte numérisé non relu

A RE

MÉDIA

à accepter ce qui paraissait être pour le bien-être général. A mesure que les événements orageux de 1846 r’éloignèrent de l'esprit public, s'agrandit la réputation de Lafontaine comme homme de bon sens, honorable, intègre, possédant un profond respect pour les droits acquis. {l était en faveur de préserver les privilèges se:gneuriaux dans le Bas-Canada, pour des raisons qu'il n’est pas difficile de comprendre et dent la principale était son désir du maintien de l'influence des seigneurs canadiens-français sur la classe plus ou moins ignorante des paysans. Il était tout à fait antipathique aux démagogues ; plusieurs fois il manifesta la confiance qu'il avait dans le peuple, et son esprit de ‘libéralisme modéré se fit remarquer dans les principes généraux de son gouvernement. Il pensa, enfin, que le temps était arrivé pour lui de prendre du repos.

M. Baldwin était sympathique aux idées de ceux qui n'étaient pas en faveur des Réserves, mais il n’alla pas aussi loin que les agitateurs, car ceux-ci n’envisageaient que cette unique question, et ils croyaient qu’il n’y avait rien à faire en Canada avant qu’elle ne fut réglée à leur manière, Il était enclin à laisser l'affaire suivre son cours naturel, voulant s'occuper de choses plus pratiques. Durant ces années le gouvernement avait fait beaucoup pour le pays, soit en travaux publics ou autres œuvres. Le système municipal qui était dans ur état chaotique, fut complètement remodelé ; des nouvelles lois furent passées, relativement aux élections, l'éducation, les impôts ; on établit à l'étranger le crédit provincial; on obtint du gouvernement impérial le contrôle de la poste et le port des lettres fut réduit et uniformisé; on réforma et réajusta les cours de justice dans les deux sections de la province ; la chirte exclusive et ecclésiastique du Kings College fut amendée et on le r«mplaça par l’Université de Toronto, une institution non-sectaire ; on abolit le principe de primogéniture dans le Haut-Canada, en usage dans les affaires de biensimmeubles ; on inaugura aussi une législation très sérieuse au sujet

EEE SR SSSR EL

nr ne de mm

des chemins de fer. C'était un splendide succès pour une administration de trois ans. En octobre 1851, M. Lafontaine se retira de la vie publique et fut suivi de près par M. Baldwin. Lafontaine devint juge-en-chef du Bas-Canada et fut créé barcnnet en 1854; Baldwin {| se retira dans la vie privée, refusant un siège de juge, mais acceptant | | plus tard le titre de Compagnon du Bain. }

Le ministère libéral se réorganisa sous M. A. N. Morin, du Bas- Canada, et M. Francis Hincks, du Hant-Canada. Ce dernier était un des plus adroits personnages qui ont pris part à la vie publique en Canada. Naturellement, il domina le nouveau gouvernement de sa

doué d’une grande habilité, et très populaire dans le Bas-Canada.

personne et par ses principes, quoique son collègue immédiat fut | Pendant trois an. les principales questions furent celles des chemins | |

de fer, mais de temps à autre celles de la tenure seigneuriale et des

Réserves du clergé attiraient l'attention. Il appartenait à M. John

EEE TTL

A. Macdonald, par son influence personnelle et sa politique, de régler |: ces deux derniers problèmes embarrassants. Sa réputation s'était

élevée lentement mais surement au cours des années les plus récentes.

11 ne s'était identifié avec aucune question délicate à manier, non plus 118 que les querelles de race ou de religion. Graduellement, la confiance li des chefs de son parti l'avait accompagné et ils était assimilé les moyens pratiques de gouverner ce groupe. Le tact et la conciliation furent 4 les principales qualitiés qui l’aidèrent dans sa marche. Il parait avoir |

compris clairement que le toryisme de Robinson, Draper et McNab |

ne convenait plus aux besoins du temps, et qu’un système politique

reposant sur des questions de races, telle que le bill des indemnités

de 1837-38, ne pouvait se maintenir. It vit très bien aussi que sir

Allan McNab, quoique brave combattant politique et d'un caractère | chevaleresque, ne pouvait pas s'adapter à la nouvelle ère d'un gou- À vernement responsable et populaire ; que le parti tory, s’il était destiné à vivre, devait cesser d’être une organisation négative, et qu’il

sara

À £ Ë É à nl E | |!

Page 1