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préféra souffrir de la faim et de fait en souffrit plutôt que de demander à leur gouvernement d'intervenir dans la lutte; l'administration anglaise finalement rejeta la proposition de Napoléon IT{. d'intervenir, malgré les relations étroites qui existaient à cette époque avec la France et malgré l'amitié personnelle de la reine pour l'empereur et limpératrice. Le Canada, de son côté, fournit des milliers de volontaires aux armées du Nord, et ne manifesta jamais officiellement de sympathie pour le Sud, quels qu’aient été les sentiments des particuliers.
Mais tout cela n’était rien en regard de la fuite accidentelle de L Alabama et de la colère qui éclata à la suite de la capture de Mason et Slidell sur un navire anglais et de l'obligation où l’on se trouva de les remettre entre les mains de la puissance qui avait été insultée. Le premier résultat de l'animosité ainsi éveillée fut la révocation du traité: le second fut l'encouragement tacite donné au mouvement des Feniens contre le Canada; le troisème fut la rigueur avec laquelle on poussa les réclamations au sujet de 7’ Alabama presque au point de précipiter une guerre; la quatrième fut le traité de Washington en
‘UNION des provinces britanniques de l'Amérique du Nord ne L s'est pas faite en un jour; elle ne s’est pas produite, comme le disent des observateurs superficiels, à cause des complications politiques survenues parmi nous. En dépit de l'idée et de l'assertion de M. Goldwin Smith que l'auteur de la confédération canadienne fut une crise constitutionnelle sans issue possible, il parait évident, si ln y regarde de près, que cet événement n'est pas le seul en cause et qu’il a agi de la même façon que d’autres courants sousmarins allant tous dans une même direction et se combinant pour rendre la fédération aussi inévitable aue désirable. L'idée qui fut considérée d'une manière pratique en 1864 et mise en œuvre en 1867, n'était ni neuve ni la propriété d'un se1l individu : elle flottait dans l'air depuis longtemps. | PREMIERS AVOCATS DE L'IDEE À part ce qui avait été proposé par Francis Nicholson, le gouverneur Hutchinson, Benjamin Franklin et William Smith pour appliquer ce projet à toutes les colonies américaines avant la révolution, la première suggestion soumise dans ies formes devant l'Amérique anglaise actuelle le fut par Richard J. Uniacke dans l'assemblée législative de la Nouvelle-Ecosse, en 1800. Ce projet fut suivi en 1814 par l'honorable Jonathan Sewell dans sa correspondance avec S. A. R. le duc de Kent, où il paraît avoir traité la question d'une manière originale et très indépendante, M. Sewell, qui devint juge en chef de Québec et fut, durant nombre d'années, l'un des principales figures politiques de la province, invoquait une union fédérative
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de toutes les provinces et ayant une assemblée de trente membres. Le père de la reine prenait depuis longtemps un grand intérêt aux affaires de l'Amérique du Nord, outre qu’il avait eu occasion de commander les troupes à Québec et Halifax ; il étudia soigneusement le sujet proposé et conseilla, comme démarche préliminaire, l'union des
aradas en une seule division et celle des provinces maritimes en une autre, avec un gouvernement fédéral à Québec pour le tout. Dix ans plus tard le juge en chef Sewell, du Bas-Canada, le juge en chef sir John Beverley Robinson, du Haut-Canada, et l’évêque Strachan, adressèrent aux autorités impériales une brochure renfermant le projet d’une union générale.