L'HON. SIR GEORGE-ETIENNE CARTIER, BARONNET, M,P
Premier ministre du Canada avant la confédération
de ses associés. Lors des élections qui avaient suivi la Confédération, le docteur Tupper avait été le seul Unioniste élu à la Chambre des Communes, et deux Unionistes seulement avaient été élus à l'Assemblée provinciale. Howe était le chef suprême et les gens étaient extrêmement surexcités. Ils croyaient qu'on les avait amenés dans l'union par ruse ; ils savaient qu’on ne leur avait pas donné l’occasion de voter à ce sujet. La Législature adopta des résolutions demardant le droit de se séparer de l'Union et Howe fut envoyé avec une délégation et d'immenses pétitions pour être déposées au pied du trône. Ils devaient employer toutes les influences possibles, la persuasion et les menaces afin d'engager le Parlement impérial à accorder le droit de sécession. Le docteur Tupper alla aussi à Londres, à la demande de sir John Macdonald, et la longue lutte des deux chefs provinciaux fut ainsi transférée de la petite arène de la Nouvelle-Ecosse aux salles de Westminster.
Naturellement et inévitablement, Howe fut vaincu, bien qu’il eut l'appui empressé de partisans de la “ Petite Angleterre” tels que John Bright, et il revint n'ayant devant lui que la perspective d’une rebellion sans espoir qui aurait pu être facilement provoquée, ou celle de l’acceptation d'un compromis déjà suggéré par le Dr. Tupper, et en vertu duquel la province pourrait obtenir des conditions plus avantageuses. Ce qui contribua également à amener ce résultat, ce furent les soufirances des pécheurs durant une saison rigoureuse alors que l'argent et les vivres fuient répandus dans les districts affectés par les généreux habitants des autres provinces. Enfin les affaires furent réglées d’une façon paisible, et le gouvernement fédéral s'engagea à se rendre responsable de la majeure partie de la dette provinciale, à payer une subvention annuelle de #82,698 pendant dix ans, et à indemniser les ayants-droit pour certains pertes résultant de la Confédération.
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Howe contribua pour sa part à mener à bonne fin ces négociations, en reconciliant virtuellement les gens avec ces conditions nouvelles et inévitables, et en amenant la province à se prononcer en faveur du règlement. Ils accepta même un portefeuille dans le gouvernement fédéral, et quatre ans après fut nommé lieutenant-gouverneur de sa province natale, durant le mois où la flamme vacillante de sa vie allait s'éteindre. Mais l'existence avait cessé de lui sourire lorsqu'il avait perdu la sympathie du public et les affections personnelles, résultat de son acceptation de la Confédération. La nécessité, cette raison majeure, avait pu amener le peuple de la Nouvelle- Ecosse à accepter le changement et à lui donner son appui politique, mais l'instinct affectueux, l'influence, la cordialité qui l'avaient fait son idole semblaient être disparus pour toujours. Aux yeux des gens, il était tombé de son piédestal, et ni la croyance à l’honnêteté dans le devoir, ni la conscience sincère qu'il était dans le vrai, ne semblent avoir réussi à conserver à Howe sa noble vivueur et l’ancienne activité de sa vie. Le 1er. juin 1873, cet homme extraordinaire s’éteignit laissant un souvenir de grandeur dans une sphère restreinte qui porte l'historien à regretter qu’un champ pius vaste ne lui ait pas été ouvert, et à se demander quelle haute position il aurait atteinte dans le Dominion ou l’Empire s’il n'eut pas commis l'erreur fatale de s'opposer à la Confédération.
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CHAPITRE XIX Traité de Washington h l’abrogation du traité de réciprocité en 1866 on fut un
certain nombre d'années sans arrangements définis avec les Etats-Unis en ce qui concernait les pêcheries ou le trafic; cet état de choses ouvrait la porte aux complications internationales et aux troubles. Le sentiment, dans les deux pays, était clairement hostile, comme on pouvait s'y attendre en voyant les Etats-Unis refuser délibéremment de continuer ou même de discuter la réciprocité ; fermer les yeux sur les incursions des Féniens ; exprimer l'espoir que la république achèterait nos provinces; répandre ie bruit que l'Amérique Britanique avait sympathisée avec le Sud dans la guerre civile, et que l’on devrait la rendre responsable, d’une manière ou d'une autre, pour ceci, aussi bien que pour la prétendue politique peu amicale de l'Angleterre en ce moment là.
TENTATIVES POUR RENOUVELLER LE TRAITE DE RECIPROCITE On essaya en 1866 et 1869—deux ans après la confédération— de renouer avec les Etats-Unis et reprendre le traité de réciprocité, mais en vain. Finalement, lorsque la dispute des réclamations de l'Alabama eut précipité la solution d'un réglement entre la Grande- Bretagne et la république, on espéra et l'on crut parmi nous que la haute commission conjointe nommée au commencement de 1871 pour préparer un traité de paix et tous les arrangements, embrasserait dans le résultat désiré la considération du commerce, de l'indemnité des incursions féniennes aussi bien que les difficultés survenues récemment au sujet des pêcheries sur les côtes de l'Atlantique. Les commissaires étaient sir Stafford Northcote, le comte de Gray et Ripon,
sir John Macdonald et M. Hamilton Fish, secrétaire d'Etat de la république.
Ceux-ci eurent la part principale dans 1a marche suivie et dans le détail des négociations. Sir S. Northcote, qui mourut vingt ans plus tard sous le nom du comte d’Iddesleigh, chef conservateur très respecté, était dès lors une figure des plus connues en politique, mais il avait été choisi pour cette commission par le gouvernement Gladstone qui, avec un sens de- diplomatie, désirait tenir en échec les critiques futures de l'opposition. Le comte de Gray, plus tard viceroi des Indes et marquis de Ripon, était un homme de grand caractère et de ressources, mais sans avoir un fort sentiment impérialiste ; il était réellement entraîné vers l’école de Manchester qui prétendait que, quelque fut la valeur des colonies, elles ne méritaient pas que l’on engageât une guerre pour elles.